‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 39 sur 292 · PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX · texte numérisé non relu

PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX

D’après le siège de la lésion, on peut classer les paralysies laryngées, en paralysies d’origine périphérique, bulbaire et cérébrale.

Lésions périphériques. — Les nerfs laryngés peuvent être directement lésés par traumatisme (Neuman), par intervention chirurgicale et par compression. La compression, plus fréquente chez l’homme que chez la femme, atteint le récurrent gauche plus souvent que le droit (Avellis) ; elle est due à des tumeurs du corps thyroïde, aux tumeurs ganglionnaires, abcès, cancer ■ de l'œsophage, anévrysmes des gros vaisseaux du médiaslin et de la base du cou, péricardites, épanche-

MALADIES DU LARYNX

menls pleuraux. Les tumeurs de la base du crâne el les fractures peuvent comprimer ou léser le nerf vague et le nerf spinal. Le tabes, la diphthérie, s’accompagnent de lésions des troncs laryngés ; il en est de même de certaines intoxications et infections (alcoolisme, saturnisme, morphinisme, syphilis, diabète). Enfin, des paralysies plus ou moins durables des muscles du larynx, sont attribuables à l’action extra- ou intra-cervicale du froid.

Lésions bulbaires. — Les noyaux du spinal peuvent être atteints par les lésions suivantes : néoformations syphilitiques, tumeurs, carie, ramollissement, hémorrhagies, inflammation aiguë ou chronique du bulbe, pachyméningites, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, paralysie labio-glosso-laryngée, tabès.

Lésions cérébrales. — Le pied de la troisième circonvolution frontale (Garel), la substance blanche sousjacente (Déjerine), la partie externe de la capsule interne (Garel et Dor), le noyau coudé et l’avant-mur (Picot et llobbs) 1 2 ont été trouvés lésés chez des sujets atteints pendant la vie de troubles paralytiques laryngés. Ajoutons que ces mêmes troubles peuvent être dus à l’hystérie, ou provoqués par suggestion.

Les paralysies peuvent atteindre plusieurs groupes musculaires, un seul groupe ou un seul muscle*.

Paralysie des dilatateurs. — La paralysie isolée des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs (respirateurs el dilatateurs de la glotte) est fort rare (Ziemssen) 3 ; on l’a récemment signalée dans la phthisie laryngée (Gouguenheim). Quand les deux muscles sont paralysés, les cordes vocales ne s’écartent plus, elles s’accolent comme deux soupapes au moment de l’inspiration, sollicitées qu’elles

1. Picot et Hobbs. Sur un cas de paralysie labio-glosso-laryngée d origine cérébrale. Com. au Congrès de Nancy, 1896.

2. Pour compléter cette étude, voir la Physiologie des muscles du larynx.

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