Thirolnix. Société anatomique, 13 mars
3. Signes très bien nommés cavitaires par M. Jaccoud ( Leçons dt
olinique, page 73).
MALADIES DES BRONCHES
les vraies indications du diagnostic. En effet, l’individu affecté de bronchectasie et non tuberculeux, a traversé une période de trois, cinq, huit, dix ans, sans fièvre, sans amaigrissement notable, et n’éprouvant d’autre malaise qu’une expectoration très abondante, et quelquefois fétide, avec ou sans dyspnée; ce n’est pas ainsi que procède la tuberculose; la fièvre, l’amaigrissemeni, les troubles dyspeptiques, la perte des forces, les sueurs, le dévoiement, sont des symptômes qui, la plupart, sont contemporains de la période de formation des cavernes tuberculeuses, et qui graduellement s’aggravent avec les progrès de la lésion. Enfin, tous les doutes peuvent être levés par l’examen de l’expectoration, car la présence des bac, Lies dans les crachats est le signe certain de la tuberculose.
Dans la bronchite fétide, caractérisée par le sphacèle de la muqueuse des ramifications bronchiques (Lasègue) on retrouve, comme dans la bronchectasie, la fétidité de haleine et des crachats, l’abondance de l’expectoration mais les sujnes cavitaires font défaut.
Entre la dilatation des bronches et la vomique pleurale le diagnostic est difficile; je ne parle pas de la vomique de la grande cavité pleurale survenant dans le cours d une pleuresie purulente dont on a suivi l’évolution; il
bVmiHpd iqUenpare'lle circonstance> l’abondance du liquide, sa brusque apparition à travers les bronches et
es signes d une grande cavité pouvant remplacer ceux de épanchement, ne laissent aucun doute sur le diagnosticmais je fais allusion à ces pleurésies interlobaires (sorte
otcuyrfetPnTrPUhrnTSj qUi> par leurs symPtômes
obscurs et par leur liquide moins abondant, diffèrent les pleurésies de la grande cavité pleurale. Tel malade J oppose, rend depuis quelque temps et tous les jours’ la smte de quintes de toux, 200 oÜ 500 grammes dé ■qu.de muco-purulent d’odeur fétide; à l’inspechon on rouve son thorax aplati dans la région sou Xu a"re
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1G2 MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
on constate des signes cavitaires : n’est-ce pas là le tableau de la dilatation bronchique, et sur quels signes se fonder alors pour établir le diagnostic avec une vomique ? C’est la marche des accidents qu’on doit interroger; et c’est ainsi que nous avons procédé, Peter et moi, pour un cas de ce genre, analogue en tous points à l’observation de la malade qui fait le sujet de la merveilleuse leçon de Trousseau *; les signes de la bronchectasie s’établissent graduellement et lentement, tandis que dans la pleurésie interlobaire suivie de vomique l’évolution des accidents est plus brusque; à la phase de pleurésie dont on reconstitue les symptômes, succède tout d’un coup la phase de vomique, et le liquide rendu est d’emblée abondant, pour diminuer ensuite les jours suivants.
Traitement. — La médication employée pour tarir la sécrétion des dilatations bronchiques est à peu près celle de la bronchite chronique. On conseillera la terpine; on donnera tous les jours six à douze pilules contenant chacune 10 centigrammes de terpine, ce qui fait 00 centigrammes à 1 gramme de terpine en vingt-quatre heures. On obtiendra de bons résultats de l’eucalyptol donné à la dose de 4 à 10 capsules par jour. La térébenthine, l’iodoforme, la créosote, trouveront également leurs indications. Les inhalations et pulvérisations d’eaux sulfureuses et arsenicales donnent parfois de bons résultats. J1 ne faudra pas négliger les révulsifs, vésicatoires et cautères. Contre la fétidité des crachats et de l’haleine, le thermo-cautère de Paquelin doit être employé; j’ai fait disparaître la fétidité pendant plusieurs jours, et à plusieurs reprises, par l’application de nombreuses pointes de feu au niveau de la région malade.
Le traitement médical étant trop souvent insuffisant, on comprend qu’on ait mis en usage un traitement chirurgical. Je ne parle pas seulement des injections anti-
1. Dilatation des bronches, lapons de clinique medicale, 1. 1, p. 5SS
MALADIES DES BRONCHES
septiques pratiquées dans les dilatations bronchiques, je fais allusion à la pneumotomie. Je sais bien que les résultats publiés jusqu’ici ne sont pas très encourageants, et les hémorrhagies pulmonaires qui surviennent au cours de l’opération créent un réel danger. Roswell Parle, dans sa statistique, a eu 9 morts sur 25 cas. Tout cela n’est pas encore très favorable aux entreprises chirurgicales, et cependant, quand on pense au pronostic presque fatal qui accompagne la bronchectasie, on se dit que c’est encore dans la chirurgie qu’est l’avenir du traitement rationnel des dilatations bronchiques1.