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Le Serrec de Kervily. Th. de Paris

174 MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

bronchite; dès la période spasmodique, ces râles diminuent et disparaissent.

Dans la troisième période, tous les symptômes s'amendent : les quintes sont moins fréquentes, le sifflement inspiratoire est moins accusé, et les mucosités rendues après la quinte sont remplacées, chez l’adulte surlout, par les crachats épais d’une sécrétion bronchique franchement catarrhale.

HerfF, atteint lui-même de coqueluche, a examiné son larynx et il a fait le même examen sur d’autres coquelucheux après avoir anesthésié le voile du palais et la gorge par des badigeons au chlorhydrate de cocaïne. 11 a constaté que pendant toute la maladie, la muqueuse trachéo-laryngée est enflammée, surtout la muqueuse laryngée à la région inter-aryténoïdienne et aryténoïdienne.

Pendant l’accès, c’est à cette région que s’accumulent des mucosités; si l’on enlève ces mucosités au moyen d’une sonde, on peut faire cesser l’accès, mais si dans l’intervalle des accès on chatouille la même région, on peut faire reparaître les quintes. L'attouchement des autres parties du larynx ne produit pas le même effet. C’est donc à la région inter-aryténoïdienne que siégerait l’origine du réflexe qui provoque la quinte.

Marche. — Durée. — Diagnostic. — La marche habituelle de la coqueluche est celle que je viens de décrire en trois périodes : il est fort rare que la toux convulsive s’établisse d’emblée, elle est précédée par la période catarrhale.

Chez certains malades, les quintes sont remplacées par des accès d’éternuement (Roger), et j’en ai observé deux exemples chez des enfants issus de parents asthmatiques; la quinte, dit Trousseau, se termine quelquefois par des éternuements. La coqueluche a une durée moyenne qui ne dépasse pas six à huit semaines; néanmoins on voit des malades conserver, pendant des mois et au delà, des quintes de toux spasmodique, comme

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si le principe spécifique de la maladie élait passé chez eux à l’état chronique.

Le diagnostic de la coqueluche est indiqué, dès la période catarrhale, par l’opiniâtreté de la toux et par la ténacité de la fièvre : dans la période d’état, la quinte et le sifflement inspiratoire terminal sont si caractéristiques, qu'il n’est pas possible de se méprendre sur leur signification.

Toutefois certaines tumeurs du médiastin provoquent une toux dite coqueluchoïde (Guéneau de Mussy) qui n'est pas sans analogie avec la vraie quinte de la coqueluche.

Il est importent pour le diagnostic de connaître les différentes formes de coqueluche fruste. J’ai dit précédemment que la quinte peut être remplacée par des accès d’éternuements.

La quinte peut également se réduire à une sorte de hoquet avec spasmes de la glotte et sifflement laryngotrachéal, survenant par accès, rappelant absolument le sifflement inspiratoire spasmodique qui se produit à la reprise de la quinte.

J’ai vu à Chantilly une dame d’un certain âge (dont la petite fille était atteinte de coqueluche) et qui fut prise de cette forme fruste de coqueluche, avec spasmes glottiques et sifflement inspiratoires, spasmes qui duraient quelques secondes, et qui se reproduisaient coup sur coup sous forme d’accès, plusieurs fois le jour et la nuit. Dans cette forme fruste, la quinte de coqueluche était réduite au spasme inspiratoire de la glotte, et tout le reste faisait absolument défaut. Des cas analogues ont été publiés, deux par Trousseau, un par M. Blache.

Pronostic. — Complications. — Le coqueluche, par elle-même, n’est pas une maladie sérieuse, la gravité vient de ses complications-, ainsi le catarrhe de la période initiale, qui n’est en somme qu’un élément anodin de la maladie, et qui s’amende dès la période spasmodique, ce catarrhe peut envahir les petites bronches ; alors la fièvre

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s’allume, la dyspnée devient intense, et on entend dans la poitrine des râles fins de la bronchite capillaire et même le souffle de la broncho-pneumonie, terrible complication qui peut éclater <à toutes les périodes de la coqueluche, et surtout à la période d’état. Souvent, l’explosion de l’élément inflammatoire fait disparaître l’élément nerveux; spasmos febris accédais solvit. « Aussi quand, chez un enfant atteint de coqueluche et qui avait cinquante à soixante quintes dans le courant des vingtquatre heures, vous verrez ces quintes cesser tout à coup, bien que la maladie soit encore en pleine période d’état, méfiez-vous, car vous allez vous trouver en face d’une complication inflammatoire. » (Trousseau.) Chez l’adulte, ces accidents inflammatoires peuvent aussi se traduire par une pleurésie ou par une pneumonie lobaire.

La coqueluche prédispose à la tuberculisation des ganglions bronchiques et à la tuberculose. Tantôt la tuberculose éclate d’une façon aiguë, sous forme de méningite ou de granulie, tantôt elle évolue à la façon de la tuberculose pulmonaire chronique.

A l’élément nerveux se rattachent des complications d’un autre genre : le spasme de la glotte est fréquent et très grave chez les enfants au-dessous de quatre ans : les convulsions surviennent pendant les quintes ou dans l’intervalle des quintes, et sont, chez les enfants du premier âge, une terrible complication. Sous l’influence des quintes naît un emphysème vésiculaire qui, dans certains cas, heureusement exceptionnels, est devenu interlobulaire par rupture des vésicules du poumon. Les congestions violentes et répétées suscitées par les quintes entraînent des épistaxis des hémoptysies, des hémorrhagies de l 'oreille (rupture de la membrane du tympan), des ecchymoses sous-conjonctivales, des larmes de sang (Blache), du purpura, des ecchymoses souscutanées et des congestions cérébrales avec attaques d'éclampsie.

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C'est encore aux quintes de toux que sont dus les vomissements alimentaires qui, souvent répétés, deviennent une cause de dénutrition. Les contractions exagérées des muscles expirateurs produisent des évacuations involontaires, des hernies, et le frottement de la langue sur les dents incisives détermine des ulcérations du frein (Bouchut).

Étiologie. — La coqueluche est une maladie épidémique et contagieuse qui frappe surtout les enfants de deux à sept ans ; la puissance de contagiosité est telle qu’un enfant peut être contagionné pour avoir passé quelques minutes avec un coquelucheux. A l’état sporadique, elle suit la marche habituelle que nous avons décrite, mais à l’état épidémique, elle revêt différents caractères. Ainsi, dans l’épidémie de Dillingen, en 1811, les malades étaient emportés par des accidents éclamptiques; dans celle de Genève, en 1850, la bronchite capillaire était la complication dominante (Rilliet) ; dans d’autres épidémies, la période catarrhale a été fort courte et la période spasmodique est survenue presque d’emblée (Trousseau). Les épidémies de coqueluche et de rougeole se suivent parfois d’assez près pour qu’on ait cru devoir établir entre elles une relation de causalité.

Bactériologie. — Après les travaux de Poulet en 1867, de Letzerich en 1870, de Rossbach en 1880, Afanassief a cru découvrir le bacille de la coqueluche. Voici d’après cet auteur quels en seraient les caractères. Ce bacille, hacillus tussis convulsivæ, serait petit, mince, toujours disposé en groupes ou en colonies. Dans les crachats, il n’entre jamais en connexion avec les éléments figurés. Sur des plaques de gélatine, la culture ne liquéfie pas la gélatine et forme des colonies, rondes ou ovales, de couleur brun-jaunâtre. Un ou deux centimètres cubes de culture inoculés dans la trachée de certains animaux donnent la fièvre et des lésions de broncho-pneumonie ; on observe parfois des accès de toux coqueluchoïde. A l’autopsie de ces animaux, comme à l’autopsie des enfants, on trouve dieulafoy, patiioi.. t. i. 12

le bacille dans les foyers de broncho-pneumonie et à la surface de la muqueuse inspiratoire jusqu’aux fosses nasales.

Toutefois la broncho-pneumonie qui survient à titre de complication dans le courant de la coqueluche est surtout due ici, comme dans toutes les broncho-pneumonies, au streptocoque, au staphylocoque, au pneumocoque, au pneumo-bacille.

Ritter a trouvé dans les crachats des coquelucheux un diplocoque non encore décrit1.

Traitement. — Les indications doivent s’adresser à l’élément inflammatoire et à l’élément spasmodique ; le premier est heureusement amendé par les vomitifs ; on oppose au second l’opium, l’aconit, la belladone, le bromure de potassium. On a conseillé l’usage des alcalins, le carbonate de potasse à la dose de un gramme par jour (Labadie-Lagrave). Les révulsifs, les vésicatoires doivent être réservés pour les complications inflammatoires. L’anesthésie de la région inter-aryténoïdienne pratiquée au moyen de la cocaïne a donné quelques bons résultats. Les fumigations soufrées ont été préconisées ; le coquelucheux rentre dans la chambre où ont été pratiquées les fumigations, les croisées ayant été ouvertes après la fumigation.

L’hygiène joue un grand rôle dans le traitement du coquelucheux ; la chambre doit être aussi grande que possible et il est bon de ne pas vivre jour et nuit dans la même chambre. Dès la période de déclin, le changement d’air est un des moyens les plus efficaces pour abréger la durée de la maladie.

Le traitement prophylactique est essentiel. Le coquelucheux doit être isolé des autres enfants et les objets qui lui ont servi, la chambre où il a séjourné, doivent être soumis à une sévère désinfection.

t. Société de médecine berlinoise, 2 novembre

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