Leloir. Leçons sur la syphilis
10 MALADIES DE L’ArPARElL RESPIRATOIRE.
Après une durée de six semaines à deux mois, le chancre guérit sans cicatrice; néanmoins l’induration chancreuse et l’adénopathie sont longtemps persistantes.
Tel est le chancre du nez; il faut éviter de le confondre avec un furoncle : dès le début, la partie sur laquelle le furoncle va se développer est tuméfiée, douloureuse, rouge, luisante, plus tard franchement purulente, caractères tout différents de ceux que présente le chancre. On ne confondra pas le chancre du nez avec un épithéliome, car l’épithéliome est une tumeur douloureuse, à évolution infiniment plus lente, l’ulcération en est tardive, la base n’est pas indurée, et l’adénopathie qui l’accompagne n’apparait que beaucoup plus tard. L’épithéliome ne tend pas comme le chancre à la cicatrisation spontanée.
B. — Occupons-nous maintenant du chancre des fosses nasales (chancre des muqueuses). Ce chancre ne siège jamais à la partie moyenne des cavités nasales, il siège à leur partie postérieure ou à leur partie antérieure.
Je ne signale que pour mémoire le chancre de l’orifice postérieur des fosses nasales, accidentellement provoqué par le cathétérisme de la trompe d’Eustache, avec des instruments contaminés. Aujourd’hui, fort heureusement, grâce aux précautions antiseptiques, on ne voit plus ces accidents-là.
Le chancre du vestibule des fosses nasales prend naissance de préférence sur la cloison cartilagineuse. 11 s’y développe sous forme d’une masse grisâtre ou rougeâtre, indurée ou ramollie, ayant les apparences grossières d’un champignon. Ce chancre, à forme hypertrophique, remplit en partie la narine et provoque un suintement ichoreux ou sanguinolent. Le nez est rouge et volumineux; il se déforme extérieurement, mais on ne constate à l’intérieur aucune déviation de la cloison. Les irradiations douloureuses ne sont pas rares au nez et au visage. L’adénopathie de l’angle de la mâchoire ne fait jamais défaut Après une durée de six semaines à deux nuis, le chancre guérit sans cicatrice.
MALADIES DES FOSSES NASALES
Le diagnostic entre ce chancre et une tumeur maligne des fosses nasales, sarcome ou épithélio-sarcome, doit être basé sur les considérations suivantes : dans le sarcome l’évolution est beaucoup plus lente, l’hémorrhagie nasale est plus fréquente et plus abondante, l’ulcération n’apparaît que tardivement, l’adénopathie sous-maxillaire est lente à se montrer, enfin le sarcome déforme les fosses nasales, et dévie la cloison.