CHANCRE NASAL
Description. — L’étude du chancre nasal comprend le chancre du nez (chancre de la peau) et le chancre des fosses nasales (chancre de la muqueuse). D’une façon générale, tout chancre syphilitique est un amas
MALADIES DES FOSSES NASALES
de cellules embryonnaires qui se développe sous forme de tumeur (syphilome primitif) aux dépens du derme et de l’hypoderme. L’aspect du chancre est variable à la peau et aux muqueuses. A la peau, il se recouvre d’une croûte (chancre croùteux) qui est due en partie à la présence de la couche cornée; cette couche cornée n’existant pas aux muqueuses, les altérations de l’épithélium muqueux imbibé de liquide fibrino-purulent aboutissent, non pas à la formation d’une croûte, mais à la formation d’une fausse membrane flasque, grisâtre, diphthéroïde1.
^1. — Occupons-nous d’abord du chancre syphilitique du nez (chancre de la peau). Ce chancre n’est pas absolument rare, on en peut voir une belle collection au musée de l’hôpital Saint-Louis. 11 siège au dos du nez, aux narines, au bout du nez, sur le sillon naso-labial. Au dos du nez le chancre est plat; ailleurs il est volumineux, saillant, étalé, papulo-hypertrophique (Fournier). Ce chancre évolue comme tous les chancres de la peau ; au début c’est une crevasse ou une élevure rougeâtre, érosive, on dirait « un simple bouton » érosif et indolent. Puis il s’élargit, il devient saillant, il s’encroûte, et reste toujours indolore.
Ce chancre croùteux, ou pustulo-croûteux, a les apparences de l’ecthyma vulgaire, mais si l’on enlève la croûte après l’avoir préalablement ramollie, le chancre apparaît avec tous ses caractères : surface plate ou légèrement bombée, érosive mais non ulcérée, lisse, égale, rougeâtre, de coloration chair musculaire, souvent saignante et hérissée de papilles. On y constate parfois une sécrétion pyoïde insignifiante. Les bords du chancre sont plats, non taillés à pic; à vrai dire, il n’y a pas de bords, puisqu’il n’y a pas d’ulcération. La base du chancre est indurée, parcheminée. L’adénopathie est constante, unilatérale ou bilatérale, elle se localise aux ganglions de l’angle de la mâchoire.