Uoger. Soc. de biologie
les lombricaux des deux premiers espaces reçoivent une double innervation des nerfs cubital et médian.
On ne confondra pas l’atrophie musculaire progressive avec le rhumatisme atrophique du deltoïde ‘ et avec les atrophies musculaires qui surviennent au voisinage des articulations frappées de rhumatisme®. En pareil cas, la phase douloureuse qui marque le début de la maladie en indique suffisamment la nature. Les déformations de la main, consécutives au rhumatisme noueux ou à la rétraction de l’aponévrose palmaire», ne simulent que très imparfaitement la main en griffe de l’atrophie musculaire.
Les paralysies du plexus I brachial s’accompagnent d’une atrophie des muscles deltoïde, biceps, brachial antérieur et long supinateur, sus- et sous-épineux, grand et petit ronds, rhomboïde, s’il s’agit du type supérieur; et d’une atrophie des autres muscles du membre supérieur si l’on a affaire au type inférieur. Dans ce dernier cas la sensibilité est abolie au niveau de la main, de l’avantbras et de la partie externe du bras, conservée au contraire au niveau de la face interne du bras et un peu de sa face postérieure, parties qui sont innervées par les branches des premiers nerfs intercostaux. L’existence de troubles oculo-pupillaires (type inférieur), de troubles trophiques, de réaction de dégénérescence, sont autant de signes qui appartiennent aux lésions du plexus brachial et qu’on ne retrouve pas dans la maladie d’Aran- Duchenne.
La syrinxjomyélie, décrite dans le chapitre précédent, offre avec l’atrophie musculaire progressive (type Araii-
1. Du rhumal. scapul. atroph. (Sabourin. Archives de méd., aoiU
2. Valtat. Des alroph. musc, consécutives aux mal. des arlic.
p3ris 1877. .
3. Rétraction de l'aponévr. palmaire, Largilliûre. Tb. de Pans.
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
Duclienne) de nombreux points de contact. Dans les deux maladies, en effet, l’atrophie musculaire débute par les membres supérieurs, frappant de préférence les muscles des éminences thénar et hypothénar, les interosseux, puis les muscles des avant-bras et enfin ceux du bras ; dans les deux cas, les déformations et les attitudes vicieuses des mains et des avant-bras sont les mêmes; dans les deux cas enfin, il existe au niveau des muscles malades des contractions fibrillaires. Mais dans la syringomyélie on constate des troubles de la sensibilité qui font toujours défaut dans l’atrophie musculaire progressive. On constate également certains troubles trophiques, état lisse de la peau, bulles, fragilité des os, gonflement des épiphyses, lésions articulaires, panaris avec perte des phalanges, augmentation de la sécrétion sudorale dans les régions anesthésiées. Au point de vue anatomo-pathologique, les recherches récentes de Kahler, de Debove et de Déjérine ont montré que dans la syringomyélie il s’agit non pas d’une lésion localisée aux cellules des cornes antérieures, mais d’un gliome développé au pourtour du canal central et comprimant les cornes de la moelle de dedans en dehors, ou bien d’une myélite centrale cavitaire (JolTroy et Achard). Si les symptômes sont plus prononcés au niveau des membres supérieurs, c’est que la lésion se localise surtout dans la région cervicale de l’axe médullaire.
L’étiologie de l’atrophie musculaire progressive est fort obscure : l’hérédité et les fatigues musculaires excessives ont été invoquées : les affections médullaires antérieures, la paralysie infantile surtout, sont regardées comme favorisant le développement ultérieur de l’atrophie musculaire progressive. D’après certains auteurs, toutefois, l’apparition de la maladie d’Aran-Duchenne ne serait nullement influencée par une affection médullaire antérieure ; les deux maladies se développeraient successivement par suite d’une faiblesse congénitale de l’axe
MAUDIES DU SYSTÈME NERVEUX
médullaire {locus minoris resistanliæ). Rendu* a fait remarquer en outre que dans ces cas, l’atrophie musculaire n’est pas essentiellement progressive, mais qu’elle frappe rapidement certains muscles ou certains groupes de muscles, à l’inverse de l’atrophie progressive qui, elle, est surtout parcellaire.
Quant au saturnisme, les atrophies qu’il détermine diffèrent sensiblement de la maladie classique que je viens de décrire.
Bien que fort rare, le pronostic n’est pas absolument fatal ; la maladie subit parfois des temps d’arrêt de longue durée et peut même s’arrêter dans son évolution.
La faradisation est le traitement le plus efficace de l’atrophie musculaire progressive.
§ 5. SCLÉROSE LATÉRALE SECONDAIRE ET PRIMITIVE. TABES DORSAL SPASMODIQUE.
La sclérose des cordons latéraux de la moelle est unilatérale ou symétrique, primitive ou secondaire, isolée ou associée à d’autres altérations médullaires. Généralement la sclérose des cordons latérau.v n’est qu’un épiphénomène, un épisode survenant dans le cours d’une maladie encéphalique ou médullaire; d’autres fois, sur celte sclérose latérale se concentre tout l’intérêt de la question. Ces différentes espèces se résument dans les formes suivantes :
a. Sclérose latérale secondaire descendante, h. Sclérose latérale symétrique, — tabes dorsal spasmodique.