Rendu. Leçons cliniques
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
(lue sont donc ces cordons latéraux, qui jouent un si grand rôle dans la pathologie de la moelle et sur lesquels se concentre le principal intérêt des descriptions qui vont suivre?
Cordons latéraux. — Les cordons latéraux de la moelle contiennent des fibres nerveuses longitudinales, les unes longues, les autres courtes, qui font communiquer dans toute sa hauteur la substance grise antérieure de la moelle avec l’encéphale, et qui relient aussi entre eux les différents segments de cette substance grise. Le faisceau pyramidal croisé, dont on trouvera la description détaillée au chapitre de l’hémorrhagie cérébrale, a dans la constitution de ces cordons latéraux un rôle prépondérant. C’est par les fibres du faisceau pyramidal, situées à la partie postérieure des cordons latéraux, que la substance grise antérieure de la moelle reçoit de l’encéphale l’ordre de contractilité qu’elle transmet ensuite aux muscles par l’intermédiaire des nerfs moteurs (mouvement volontaire). On comprend donc que la destruction de ces faisceaux soit suivie d’une diminution (parésie) ou d’une impuissance (paralysie) du mouvement volontaire. On comprend aussi que ces lésions irritatives chroniques de ces cordons (scléroses descendantes ou scléroses primitives), en communiquant à la substance grise antérieure une excitabilité anormale, deviennent la cause d’une excitation musculaire anormale, d’un tonus exagéré dont l'intensité ou la permanence constituent la contracture.
Etant donné une maladie de la moelle, les contractures musculaires passagères ou permanentes, les réflexes tendineux et les trémulations (trépidations épileptoïde, épilepsie spinale), qui si souvent accompagnent les contractures, sont des phénomènes liés aux lésions irritatives des cordons latéraux. Les troubles moteurs de paralysie et de contracture peuvent exister en même temps ou se succéder à des degrés divers, et si on les trouve souvent associés, bien qu’ils soient le résul-
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
paralysie d’une lésion destructive, et la contracture d’une lésion irritative, c’est que ces deux genres de lésions sont réalisés dans le processus de la sclérose.
Ces notions étant posées, étudions les différentes espèces de scléroses annoncées en tête de ce chapitre :