‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 118 sur 295 · Lépine in thèse de Bonnet. Lyon 1893. Observation IX · texte numérisé non relu

Lépine in thèse de Bonnet. Lyon 1893. Observation IX

3. Mossé et Dastarac. Contribution à l’étude du Béribéri. Revue de médecine, 10 décembre 1895.

4. Mossé. Myélite et polynévrite grippale. Congr. de Bordeaux, 1895.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

§ 11. MYÉLITES DIFFUSES AIGUËS.

Les myélites que j’ai étudiées jusqu’ici, ont, sauf la sclérose en plaques, une tendance à se cantonner à un système de fibres ou de cellules (cordons postérieurs, cornes antérieures), et leurs symptômes respectifs (ataxie locomotrice, atrophie musculaire progressive, paralysie atrophique de l’enfance, paralysie spinale aiguë de l’adulte), se prêtent à des types cliniques à peu prés constants. Il n’en est pas ainsi des myélites diffuses : celles-ci frappent indistinctement les différentes parties d’un segment médullaire, substance grise ou cordons blancs, avec participation constante des méninges; elles envahissent la moelle dans ses diverses régions et offrent, par conséquent, une symptomatologie fort mobile.

Anatomie pathologique*. — La myélite aiguë, diffuse et interstitielle, forme des foyers de dimension variable (myélite en foyer) : elle s’étend parfois à toute une région ; de la moelle ; quand elle est superficielle, la participation ; des méninges est constante (méningo-encéphalite) ; dans quelques cas elle se localise à la substance grise de la j moelle (myélite centrale). Comme marche, la myélite est j fixe ou envahissante. j

A l’autopsie, on trouve des altérations variables sui- i vaut V ancienneté et Vacuité du processus morbide; habi- j tuellement la moelle est ramollie, dans quelques cas elle ; est fluctuante et réduite en une bouillie de consistance 1 et de couleur variables. Mais il arrive souvent que la i lésion est beaucoup moins avancée, et même si peu apparente, qu’elle ne peut être reconnue qu’à l’examen ' histologique.

1. Ilayem. Deux cas de myél. aig., centr. et diffuse (Arc/i. d( phys., 1874).

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

A sa première période, la myélile est caractérisée par la congestion, par le gonflement de la partie envahie, et par l’exsudation séro-fibrineuse de la trame interstitielle. Les vaisseaux sont dilatés et remplis de sang, les gaines lymphatiques sont encombrées d’hématies et de leucocytes sortis par diapédèse; le cylindre-axe du tube nerveux est très tuméfié, la cellule nerveuse est augmentée de volume*, et le tissu conjonctif est en voie de prolifération.

A une seconde période, on trouve d’abondants éléments embryonnaires formés par la névroglie, et dès le deuxième ou troisième jour, la partie enflammée se ramollit. C’est d’abord un ramollissement rouge qui, plus tard, deviendra jaune ou blanc par les transformations des matières colorantes du sang et par l’addition d’éléments nouveaux. Dans ce foyer de ramollissement se forment des corps granulo-graisseux. Ces corps granulograisseux, dont se chargent les leucocytes, proviennent en partie de la myéline des tubes nerveux. Les hémorrhagies {hématomyélite) ne sont pas rares dans ces foyers de ramollissement, ce sont des hémorrhagies secondaires, car les hémorrhagies primitives de la moelle sont tout à fait exceptionnelles *.

A une troisième période correspondent le ramollissement jaune, le ramollissement blanc et les différentes terminaisons du processus anatomique, le passage de la myélite à l’état chronique, la cicatrisation du foyer ou l’extension progressive de la lésion.

Symptômes. — La myélite aiguë est caractérisée par 5 des troubles de motilité, de sensibilité et de nutrition, ri diversement répartis. Choisissons, comme type de cette K description, le cas le plus fréquent, la myélile de la réû gion dorso-lombaire. Des frissons et la fièvre ouvrent la

.1 1. Charcot. Tuméfaction des cellules el des cylindres dans certain»

I I cas de myélite {Arcliiv. pliysiol., 1873).

il 2. Ilayem. Des hémorrhag. intra-rachid. Paris, 1872. Thèse d’a'^ré- Ij : galion. °

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

scène, le malade se plaint de douleurs, de fourmillements, de crampes dans les jambes; il accuse des douleurs en ceinture, et l’exploration du rachis, faite avec la main ou avec une éponge imbibée d’eau chaude, est souvent douloureuse à la région dorso-lombaire. La faiblesse des membres inférieurs, accompagnée ou non de contractures, apparaît aussitôt, et elle augmente au point que la marche devient difficile et bientôt impossible {paraplégie). Dans quelques cas, la perte des mouvements aux membres inférieurs est absolue. Lesvnowi'cmenls réflexes sont accrus dès la période iniliale, et disparaissent plus tard ; la contractilité électro-musculaire suit les mêmes alternatives que les mouvements réflexes.

La sensibilité est compromise ou perdue dans toutes les parties sous-jacentes à la lésion, et cette anesthésie est parfois douloureuse.

V incontinence d'urine (paralysie du sphincter de la vessie) est généralement précédée de rétention ‘ (paralysie du corps de la vessie); l’urine devient rapidement ammoniacale, sanguinolente, purulente. On observe aussi la rétention et l’incontinence des matières fécales.

Les troubles trophiques et vaso-moteurs sont nombreux et précoces ; des eschares apparaissent aux bourses, aux malléoles, à la région sacrée ; cette eschare de la région sacrée {decubitus acutus) gagne vite en profondeur et en étendue. A la même péiâode appartiennent Yœdème des membres inférieurs, l’accroissement passager de la température, et plus tard un abaissement parfois considérable de la température dans les mêmes régions*. On a ♦signalé des sueurs abondantes des parties supérieures du corps (Mannkoff),

1. L’indépendance et la succession des troubles de rétention et

d’incontinence ont été diversement interprétées. — Voy. Jaccoud . ] es pnrapU(jics et l’ataxie du mouvement. Paris, lh6i. ^

2. llutinei. Des températures basses centrales. Th. d’agrégation, i880, p. 111.

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

La myélite dorso-lombaire peut tuer en quelques jours (imjélite apoplectiforme) ‘ ; la mort survient assez souvent de la deuxième à la quatrième semaine. Quand l’issue doit être fatale, les troubles respiratoires apparaissent, et le malade, plongé dans le marasme et dans le coma, est généralement enlevé par l’asphyxie. La myélite aiguë guérit rarement ; j’ai cependant constaté dans mon service un cas de guérison complète chez un malade atteint d’une myélite aiguë non syphilitique. Elle passe quelquefois à l’état chronique.

Variétés. — La myélite aiguë de la région dorso-lombaire, celle que je viens de décrire, est la plus commune, mais la myélite peut siéger en d’autres points de la moelle. Quand elle occupe la région cilio-spinale, qui s’étend de la 5' vertèbre cervicale à la 6“ dorsale, on observe aux membres supérieurs des troubles de sensibilité et de motilité analogues à ceux des membres inférieurs, et le sujet éprouve souvent des douleurs gastriques et des vomissements qui rappellent les crises gastriques de 1 ataxie. Parfois les pupilles sont dilatées et les globes oculaires sont saillants, mais ces symptômes d’excitation sont passagers, et le rétrécissement de la pupille succède à sa dilatation,

La myélite de la région cervicale se traduit par des symptômes spéciaux : douleurs à la nuque, contractures dans les muscles du cou, trismus, paralysie des quatre membres ou des bras seulement douleurs et œdème des rnembres supérieurs, dysphagie, ralentissement et accélérations du pouls, accidents syncopaux et apoplecti-

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