‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 123 sur 295 · MÉNINGITES RACHIDIENNES · texte numérisé non relu

MÉNINGITES RACHIDIENNES

La méningite rachidienne est aiguë ou chronique. Au nombre de ses causes je citerai les lésions de voisinage : carie vertébrale, tumeur, abcès, eschares du sacrum. La méningite spinale tuberculeuse est liée h la méningite cérébrale de môme nature; j’en dirai autant de la méningite pneumonique.

Anatomie pathologique. — La phlegmasie frappe toutes les méninges et principalement la pie-mère. Cette séreuse est épaissie, infiltrée de dépôts fibrino-purulents, et l'espace sous-arachnoïdien est envahi par un liquide séro-fibrineux, floconneux ou purulent. Quand la méningite est chronique, il y a de plus des adhérences entre les méninges, ou entre les méninges et la moelle, et il existe parfois une véritable sclérose méningo-médullaire, la moelle est sclérosée à sa périphérie, principalement au niveau de ses cordons postérieurs (Yulpian).

Description. — a. Méningite aiguë. Les phénomènes de douleur et de contracture, qui résument en partie le tableau de la méningite, peuvent être attribués à l’excitation des racines nerveuses émergeant de la moelle (Jaccoud)* et à l’excitation des nerfs des méninges, la pie-

1 Valhol. int., l. 1, p. 573.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

mère étant très richement innervée (Vnlpian)*. Au milieu de symptômes fébriles peu intenses, les phénomènes douloureux apparaissent, douleur rachidienne, douleur en ceinture, douleurs dans les membres et hyperesthésie cutanée. Le malade accuse des contractures et des crampes douloureuses dont le siège est en rapport avec la localisation de la méningite; la méningite de la région cervicale est parfois accompagnée d'opisthotonos, et la méningite de la région dorso-lombaire peut déterminer à sa première période une rétention d’urine et de matières fécales due à la contracture des sphincters de la vessie et du rectum. Les mouvements réflexes et la contractilité musculaire sont normaux.

Aux phénomènes d’excitation du début, qui ne durent guère plus de trente-six ou quarante-huit heures, succèdent des phénomènes de pression, diminution des douleurs, symptômes parétiques, paralysie incomplète des membres et incontinence d’urine.

Le pronostic est fort grave, la méningite peut guérir ou passer à l’état chronique; si elle atteint la région cervicale de la moelle, le malade succombe à l’asphyxie.

Périméningite spinale aiguë. — On a rapporté quelques observations où, à la suite d’un traumatisme, il s’est développé, non pas une méningite, mais une périmcningite spinale^. L’inflammation se localise primitivement au tissu cellulaire périméningé, sans que la dure-mère y participe, et un phlegmon se déclare. Les symptômes ne sont pas ceux de la méningite; on observe plutôt des symptômes de myélite dus à la compression et au ramollissement de la moelle.

b. La méîiingite c/irom'(/Me est habituellement primitive; elle présente, elle aussi, une phase d’excitation et une phase de paralysie. Les phénomènes d'excitation sont de l’hyperesthésie, des crampe^ douloureuses, des douleurs

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