‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 129 sur 295 · Lépine. Revue mensuelle, 1872, p. 4G · texte numérisé non relu

Lépine. Revue mensuelle, 1872, p. 4G

4. Des amyotroph. spinales. Leçons sur les mal. du syst. neru.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

phie des cellules nerveuses, avec ou sans dégénérescence pigmentaire; elle est analogue à la lésion des cornes antérieures de la moelle, dans l’atrophie musculaire progressive. Les noyaux bulbaires sont inégalement atteints par l’atrophie ; le noyau du nerf hypoglosse est le plus altéré (Joffroy) ; et sur une coupe du bulbe, à la place des grandes cellules de ce noyau, on ne trouve plus que quelques cellules déformées.

§ 2. OPHTHALMOPLÉGIE NUCLÉAIRE PROGRESSIVE. POLIOENCÉPHALITE SUPÉRIEURE CHRONIQUE.

L’ophthalmoplégie*, suivant qu’elle occupe les muscles moteurs des globes oculaires, ou la musculature intérieure de l’œil (iris, muscle accommodateur), est dite ophthalmoplégie externe ou ophtbalmoplégie interne. Mais il ne faut pas ranger sous cette rubrique toutes les paralysies oculaires, eussent-elles même une origine nucléaire. 11 convient de distinguer de l’ophtbalmoplégie, et de ranger à part : 1° les paralysies classiques de chacun des nerfs de l’œil (paralysie de la 3”, de la 4*, de la 6* paires) ; 2° les paralysies associées (Parinaud) qui frappent dans les deux yeux les muscles servant à un même mouvement (paralysie des élévateurs, paralysie de la convergence).

L’ophthalmoplégie extérieure, externe ou extrinsèque, est un type clinique spécial, dû à la paralysie de tous les muscles moteurs de l’œil, et caractérisé, dans les cas types, par l’immobilité absolue des yeux. « Toutefois, lorsqu’une paralysie de la 5* paire coexiste avec une paralysie de la 6* paire, et que le grand oblique seul (4* paire) est intact, le léger mouvement qui persiste, en bas et en dehors, ne change guère l'aspect clinique,

1. Sauvineau. Palhogéiiie et diagnostic des ophthalinoplégits. Thèse de Paris, 1892.

MALADIES DU BULBE RACHIDIEN

Lorsque, d’autre part, ce sont les 3° et 4* paires qui sont paralysées, il est bien rare que la 6“ paire soit absolument intacte. Pour ces raisons, on peut appliquer aussi le terme d’ophthalrnoplégie extérieure aux cas, où sont paralysés des muscles innervés, dans le même œil, par deux nerfs différents, l’un des deux étant constamment 1e moteur oculaire commun » (Sauvineau) *.

L’ophthalmoplégie intérieure ou intrinsèque est la paralysie de toute la musculature intérieure de l’œil.

Ces deux formes réunies sur le même œil, constituent l’ophthalmoplégie mixte ou totale. Chacune de ces trois formes peut être unilatérale ou bilatérale.

On peut diviser les ophthalmoplégies d’après le siège occupé par la lésion qui leur donne naissance, depuis l’écorce cérébrale jusqu’aux rameaux orbitaires des nerfs moteurs de i’œil. Ces diverses variétés seront étudiées plus loin dans le chapitre consacré aux paralysies des muscles moteurs de l’œil ; nous ne nous occuperons ici que des ophthalmoplégies d’orûjine nucléaire, c’est-àdire ayant pour origine l’altération progressive des noyaux des nerfs moteurs de l’œil. Un exposé sommaire de ces noyaux fera mieux comprendre ce qui va suivre.

Anatomie. — Le moteur oculaire commun prend naissance dans une colonne grise située sous le plancher de l’aqueduc de Sylvius. Cetle colonne forme, non pas un noyau unique, mais une série de noyaux distincts les uns des autres (Hensen et Vallcers, Kahler et Pick, Westphal). Chacun de ces petits noyaux constitue un centre moteur, correspondant à l’un des rameaux lcrminauxdu nerf oculo moteur commun, et correspondant par conséquent, à l’un des muscles de l’œil innervés par la 3° paire. Cette colonne grise située sous l’aqueduc de Sylvius forme la partie principale du noyau de l’oculo-moteur. Elle comprend cinq centres, cinq petits noyaux échelonnés, qui commandent aux quatre muscles oculaires extrinsèques, imiervés parla 3° paire, et au muscle releveur de la paupière.

1. Sauvineau. Recueil d'ophlhalmulogie, avril 1892, p. 103-209.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

En avant de celte portion principale du noyau de la 5“ paire, il en existe une autre, moins considérable, formée de cellules nerveuses plus petites. Elle n’est plus sous l’aqueduc de Sylvius, mais bien sous le plancher du 3° ventricule, et un peu plus écartée de la ligne médiane.

Elle comprend deux noyaux destinés aux deux muscles qui constituent la musculature intérieure de l’œil (sphincter de l’iris, muscle ciliaire ou accommodateur).

Quant à la disposition respective de ces noyaux, et à leur ordre d’échelonnement, on admet ordinairement le schéma proposé par Kahler et Pick, qui est le suivant :

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