Société de biologie
î. Clinique médicale. 1886, p. 253
MALADIES DE L'ENCEPHALE.
culeuses. Elle survient au déclin ou dans le cours de la pneumonie, elle peut en être indépendante. Souvent la méningite pneumonique est associée à l’endocardite pneumonique, et dans bien des cas elle se généralise aux méninges spinales, de sorte qu’il y a méningite cérébrospinale pneumococcique. Le fœtus n’est pas à l’abri de cette méningite. M. Netter a constaté que la femme enceinte, atteinte de pneumonie, peut transmettre au fœtus la pneumonie et la méningite pneumonique.
Dans la méningite pneumonique*, les lésions prédominent à la convexité du cerveau. L’exsudât est incorporé à la pie-mère, et l’on peut le détacher sans entamer i’écorce cérébrale. L’exsudât atme consistance molle, il diffère « aussi bien de l’exsudât lardacé, grisâtre, de la méningite tuberculeuse, que du pus crémeux, se laissant aisément détachée, gu’on • observe dans la méningite, suite de carie du rocher » (Netter). Les méninges spinales sont fréquemment atteintes. Parfois les lésions sont moins étendues; elles sont localisées en différentes régions de l’axe cérébro-spinal, sous forme de tramées lactescentes qui accompagnent les vaisseaux, ou sous forme d’îlots de dimension variable. Aux méninges rachidiennes, le pus est plus abondant au niveau des renflements cervical et lombaire. Les caractères du pus pneumonique sont moins nets lorsqu’au pneumocoque s’associent d’autres microbes.
Les méningites à pneumocoques présentent quelques symptômes qui leur donnent parfois une allure un peu spéciale. Parfois, chez un pneumonique en pleine défervescence, une ascension brusque et considérable de la température est le seul symptôme qui puisse révéler la méningite (Jaccoud). Un symptôme saillant et presque constant, c’est la raideur de la nuque, raideur qui atteint souvent les muscles de la face et qui descend même, sous forme de contracture douloureuse, dans les muscles
1. Netter. De la méningite due au pneumocoque (Ai ch. de médecine, mars, avril, juillet 1887).
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
de la région dorsale et de la région sacro-lombaire ' . Ce que nous savons de la généralisation fréquente du pneumocoque aux méninges cérébro-spinales, nous explique ces raideurs et ces contractures douloureuses plus ou moins généralisées. Chez les jeunes enfants, l’abondance de l’épanchement purulent provoque parfois une pression intra-crânienne (Vaudremer) et un soulèvement de la fontanelle antérieure. Les méningites pneumococciques ont une marche très variable. Parfois la méningite est foudroyante et tue en vingt-quatre heures; dans quelques circonstances, le début est apoplectiforme (Netter).
Méningite par coli-hacille . — Le bacterium coli commune est-il capable de produire des méningites suppurées? C’est un fait qui paraît définitivement acquis (Netter, Chantemesse et Widal). « Le coli-bacille peut aussi bien produire des méningites suppurées que des fièvres pseudo-puerpérales, que des fausses dothiénentéries, suivant qu’il pénètre à travers l’organisme par altération des organes qui le contiennent normalement. La plupart des observations de méningite suppurée publiées ces dernières années, et dans lesquelles on a incriminé un bacille pseudo-typhique, sont des cas de méningite par coli-bacille- ». Tels sont les cas rapportés par MM. Adenot®, Vaillard et Vincent*. Dans d’autres observations, Sevestre, Touchard et Marie®, le streptocoque était associé au coli-bacille.
Conclusions. — Je viens de passer en revue les principales formes des méningites non tuberculeuses; cette question est encore à l’étude. Dans bien des cas ces méningites non tuberculeuses évoluent avec tous les sym-
1. Hutinel, Semaine médicale, 22 juin 1892. Thibierge, Mercredi médical, 25 mars 1892.
2. Chantemesse, Widal et Legris. Soc. méd. des hùpil., 11 décembre 1891.