Jaccoud et Labadie-Lagrave, art. Méningite du Dict. prat
2. Vivant. Méningite apoplectiforine de l'adulte. Thèse de Paris, 188G.
MALADIES DE L'ENCÉPHALE
g 13. MÉNINGITES NON TUBERCULEUSES.
Pathogénie. — U y a quelques années, la pathogéme des méningites non tuberculeuses était à peu prés inconnue. Un individu succombait à une méningite, on en faisait l’autopsie, on constatait des lésions plus ou moins étendues, un exsudât plus ou moins purulent, on recherchait la tuberculose qu’on ne trouvait pas, et la méningite était classée dans le groupe des méningites dites primitives ou idiopathiques. L’étude des méningites non tuberculeuses est une de celles qui ont été créées par la bactériologie. Nous savons maintenant que la plupart des microbes qui engendrent les péricardites, les pleurésies suppurées, sont également susceptibles d’engendrer les méningites suppurées. Il y a des méningites à pneumocoques, à streptocoques, à staphylocoques ; il y a des méningites dues au bacille d’Eberth, au bacillus seplicus putridus (Roger), au coli-bacille ; il y a des méningites dues aux associations de ces différents agents.
Dans quelques circonstances la porte d’entrée de ces agents reste inconnue, on dit alors qu’il y a auto-infection. Dans le plus grand nombre de cas, ces agents pénètrent dans l’économie ou arrivent aux méninges à la faveur de causes traumatiques ou de maladies infectieuses. Le traumatisme, l’insolation, les lésions osseuses, les otites, la grippe, la pneumonie, l’érysipèle, la pyohémie, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, le rhumatisme, la syphilis, sont les causes les plus habituelles des méningites non tuberculeuses.
Passons en revue les variétés les plus fréquentes et les mieux connues :
Méningites suite d'otites. — La méningite suppurée apparaît assez fréquemment dans le cours d’otites de l’oreille moyenne, otites suppurées aiguës ou chroni-
r>'26 MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
ques; elle peut résulter également de lésions de l’oreille interne et de lésions de .l’oreille externe, polypes, furoncles, abcès (Duplay).
M. Netter a constaté que les jeunes enfants ont l’oreille moyenne presque toujours altérée*; les autopsies ont été pratiquées entre l’âge de 9 mois et de 2 ans, et dans un grand nombre de cas, l’oreille moyenne était en état d’infection, tapissée du muco-pus avec streptocoques, staphylocoques, pneumocoques; il est probable que la pénétration de ces agents se fait par la trompe d’Eustache. La propagation des lésions de l’oreille aux méninges est facile, que cette propagation se fasse par contiguïté ou par les vaisseaux. En effet, les veines de la caisse se jettent dans la veine méningée moyenne, et des anastomoses existent entre les veines de la caisse et le sinus pitreux supérieur (Troeltsch).
Les maladies infectieuses qui sont accompagnées d’otite, la syphilis, la pneumonie, la rougeole, et surtout la grippe, peuvent déterminer des méningites, précédées d’otite, ou des méningites sans otite préalable.
La diversité des agents pathogènes qui provoquent les méningites consécutives aux otites explique l’égale diversité des symptômes. Ces méningites peuvent être foudroyantes, rapides, aiguës, subaiguës ou chroniques (Jaccoud)®. La forme foudroyante tue en 24 heures, avec convulsions, céphalée atroce, coma. Il y a une forme qui simule la fièvre typhoïde, moins la période du début, qui s’annonce brusquement avec vomissements et céphalée. On a également décrit une forme qui présente les symptômes de la pyohémie, accès fébriles, frissons, sueurs. Enfin, il y a la forme presque banale de la méningite classique.
Meninç/ite pneumonique. — La méningite à pneumocoques est la plus fréquente des méningites non tuber-