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P'ilres. Leçons sur les zones hypnogènes. Bordeaux

i. Bernheim. Paris, 1884.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

tance; ainsi l’application d’un courant électrique sur un des côtés du crâne détermine parfois des secousses musculaires dans le côté opposé du corps, ce qui n’a pas lieu à l’état de veille. La lumière vient-elle à frapper l’un des globes oculaires, on peut voir tout le côté correspondant entrer en catalepsie ; de telle sorte que le sujet est à la fois hémiléthargique et hémicataleptique. Si c’est l’œil droit qui a été ouvert, on peut constater de l’aphasie. Aussitôt la paupière baissée, la flaccidité des membres réparait.

Catalepsie. — Si, au lieu d’ouvrir un œil, on ouvre les deux yeux en présence d’une lumière vive, la léthargie est remplacée par la catalepsie. Le même résultat est parfois obtenu directement à l’aide d’un des procédés indiqués plus haut, surtout à l’aide de ceux qui agissent brusquement, tels qu’un bruit inattendu.

Le sujet a alors les yeux ouverts, les membres ne sont pas contracturés, mais ils conservent la position qu’on leur donne. Vient-on à soulever le bras, il reste étendu, sinon indéfiniment, au moins pendant longtemps. Grâce à cet état particulier des muscles, on peut donner au patient les positions les plus bizarres. L’anesthésie générale est complète, les réflexes tendineux sont diminués ou abolis, le pouls est accéléré, mais la respiration n’est pas modifiée, tandis que chez le simulateur, sous l’influence de l’effort nécessité pour maintenir le bras dans la position qu’on lui donne, la respiration s’accélère, et les muscles en jeu deviennent le siège d’un tremblement qui dénote la fatigue.

En plaçant les membres dans une position qui répond à une attitude passionnelle, on suscite, on suggère une expression de la physionomie qui correspond au même sentiment ou à la même passion. Le système musculaire est dans un état qui est la contre-partie de ce qu’il est dans la léthargie : en frottant, en frappant légèrement un muscle, on développe une paralysie qui peut persister alors que l’expérience a pris fin.

NÉVROSES

Somnambulisme. — Le somnambulisme est 1 état le plus fréquemment développé au cours des séances d bypnotisme; c’est à lui qu’on arrive avec le plus de facilite chez certains sujets. 11 consiste en une sorte de torpeur intellectuelle avec conservation de l’actmte musculaire. Le patient en état de somnambulisme provoqué (Barth) peut donc marcher et parler comme à l’état de veille, souvent il ne répond qu’aux questions de la personne qui

l’a endormi. .

Le sensibilité générale peut être abolie, mais souvent

aussi il y a hyperesthésie cutanée, à tel point que le contact de certains métaux sur la peau peut déterminer une brûlure ; les diverses sensibilités spéciales sont bien plus souvent encore exaltées : un malade d Azam entendait à neuf mètres le tic-tac d’une montre.

11 existe souvent chez les somnambules un état cataleptoïde des muscles et l’hyperexcitabilité musculaire est aussi prononcée que chez le léthargique. On dit qu’il y a prise du regard, lorsqu’un somnambule ou un cataleptique à qui l’on dit de fixer un objet, ne peut en détourner ses yeux, et, s’il s’agit d’une personne, la suit et imite

tous ses mouvements.

Au point de vue intellectuel, le somnambule est un automate. On peut lui susciter, lui suggérer tel acte qu’on désire lui voir accomplir. Souvent il résiste, puis, si 1 on insiste, il finit par céder. On provoque ainsi à volonté des illusions, des hallucinations, des troubles de la mémoire ; on peut même déterminer par suggestion des paralysies et des contractures. La suggestion, au lieu de porter sur un fait qui doit être exécuté immédiatement, peut se faire à longue échéance '. on fait naître ainsi, soit des hallucinations, soit des impulsions irrésistibles, qui apparaissent longtemps après le récit et à l’insu du sujet. Cette question des suggestions est aujourd’hui à l’étude, elle n’est entrée dans le domaine scientifique que depuis quelques années (Bernheim, Pitres, Charcot, Dumont-

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