‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 249 sur 295 · Arch. gén. de méd · texte numérisé non relu

Arch. gén. de méd

NÉVRALGIES

maxillaire supérieur, après avoir traversé le canal sousorbitaire, émerge par le trou sous-orbitaire {point sousorbitaire). Au nombre de ses nombreux rameaux se trouvent : le nerf orbitaire, dont un filet, le teraporomalaire, traverse l’os de la pommette et s’épanouit à la joue {point malaire); les nerfs dentaires, chaque racine dentaire pouvant devenir un foyer douloureux {points dentaires).

Le ganglion sphéno-palatin qui est annexé à cette branche explique peut-être la sécrétion de la muqueuse nasale (Vulpian) au moment des accès.

G. Névralgie du nerf maxillaire inférieur. — Du nerf maxillaire inférieur naissent les branches qui sont fréquemment névralgiées ; ce sont : le nerf auriculo-temporal qui, après avoir traversé la glande parotide, contourne le col du condyle et se distribue à la tempe et au pavillon de l’oreille {point auricido-temporal) ; le nerf lingual, qui s’épanouit sur les bords de la langue {point lingual); le nerf dentaire inférieur, qui fournit aux dents inférieures {points dentaires) et qui émerge par le trou mentonnier {point mentonnier).

Au moment des accès, les mouvements de la langue, la parole, la mastication, la déglutition, sont excessivement douloureux, et la salive sécrétée, en abondance (action réflexe du lingual sur la corde du tympan), s’écoule hors de la bouche.

Troubles trophiques. — A la suite des névralgies faciales violentes ou invétérées, et probablement quand le nerf est atteint de névrite, on voit survenir des troubles trophiques variés.

h'herpès est fréquent à la peau et aux muqueuses, il apparaît ici avec tous les caractères du zona, il se localise, suivant le cas, aux lèvres, à la langue*, au front, à la face. L’herpès de l’œil, ou zona ophthalmique, a été le

t. Gellé. Trib. méd., 1886, p. 219.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

sujet de descriptions spéciales’; il peut envahir les paupières, la conjonctive et ta cornée.

On a signalé l’atrophie de la peau, son induration {sclérodermie), son hypertrophie. Les cheveux et la barbe sont quelquefois atteints; les poils tombent, ils perdent leur coloration, deviennent blancs dans toute leur longueur ou ne sont privés de pigment que par segments, cette alternance coïncidant avec les paroxysmes de la névralgie.

On avait d’abord supposé que les troubles trophiques n’existent que lorsque le ganglion de Casser participe à la lésion; cette interprétation, qui est vraie dans bien des cas, n’est pourtant pas absolue, car ces mêmes troubles peuvent se produire alors que la lésion porte au delà du ganglion, sur la racine bulbaire du trijumeau (Duval)-.

Tic douloureux de la face. Névralgie épileptiforme. — Chez certains individus, la névralgie faciale revêt des caractères particuliers : le sujet est pris tout à coup d’une horrible douleur; il gémit et pousse des cris de souffrance, il presse son visage dans ses mains, il le frictionne violemment, espérant ainsi atténuer la douleur, et après quelques secondes, une minute au plus, l’accès est terminé. Dans quelques cas, au moment de l’accès, les muscles du visage, principalement du côté de la névralgie, sont agités de mouvements convulsifs rapides, qui donnent à la physionomie les attitudes grimaçantes les plus diverses, ce qui a fait donner à la maladie le nom de tic douloureux de la face. Ces deux formes de névralgie faciale, l’une non convulsive, l’autre convulsive, avaient été nommées par Trousseau épileptiformes *, parce qu’elles ont les allures du vertige et de l'aura épileptiques; elles en ont la soudaineté et la durée. Néan-

1. Uybord. Du zona ophthalm. Thèse de Paris. — Coppez. Rev. se. méd., t. XI, p. 961. — Dardignac. Rev. de méd., oct. 1888.

2. Journ. de Vanat. et de iajs/ij/s., novembre 1877 ; janvier 1878-

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