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Leçons sur les nuto-inloxicalions. l’aris

MALADIES DES REINS

pendant vingt-quatre heures les urines d’un adulte bien portant, et si l’on injecte une partie de ces urines préalablement filtrées et neutralisées dans la veine d’un lapin, il faut en moyenne 50 grammes de ces urines pour tuer

1 kilogramme de lapin, c’est-à-dire qu’un lapin pesant

2 kilogrammes succombe quand on injecte dans son sang 100 grammes d’urine normale. Évidemment ce n’est là qu’une moyenne, les urines normales peuvent être un peu plus ou un peu moins toxiques; un lapin du poids de 2 kilogrammes peut succomber après l'injection de 20 à 80 grammes d’urine; de même aussi, il peut ne succomber qu’après l’injection de 110 à 120 grammes, car il y a bien des conditions qui, même à l’état normal, font varier la toxicité des urines; mais en se plaçant dans de bonnes conditions expérimentales et en s’entourant des précautions voulues, on peut dire qu’un kilogramme de lapin est tué en moyenne par oO grammes d’urine normale.

J’ai répété les expériences de M. llouchard, et j’ai constaté, ainsi qu’il l’a observé et publié, qu’à mesure que la quantité des urines injectées augmente, l’animal est atteint de myosis, d’accélération des mouvements respiratoires, d’alïaiblissement ou de disparition des réflexes, oculaires, d’abaissement de la température, de raideur tétanique, de salivation, de quelques mouvements convulsifs, d’exophthalmie.

Moins les urines sont toxiques, et naturellement plus |a quantité a injecter doit être grande pour arriver à tuer I animal. On pouvait supposer, a priori, que les urines des brighliques sont peu toxiques, puisque chez eux la dépuration urinaire est insuffisante, et qu’il en faudrait injecter une grande quantité pour anâver à tuer l’animal. C’est en effet ce qu’a constaté M. Bouchard ; les urines de brightiques doivent être mises (à des degrés divers, et suivant certaines conditions) au nombre des urines peu toxiques ou très peu toxiques.

Eh bien, des expériences, répétées avec l’urine de brightiques non albuminuriques, m’ont permis d’affirmer

MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

la maladie de Bright* dans les cas où le diagnostic présentait de grandes difficultés.

Albuminurie non brightique. — Nous venons de dire que l’albuminurie peut faire défaut pendant un temps plus ou moins long dans le cours de la maladie de Bright; mais la proposition inverse est également vraie, et de même qu’il y a- des briglitiques non albuminuriques, de même il y a des albuminuriques qui ne sont pas brightiques et qui ne le seront jamais. Les cas d’albuminurie non brightique sont devenus de plus en plus nombreux depuis qu’on les a recherchés. Celte question a été longuement étudiée par Senator, par Lépine^, par Noorden et par d’autres auteurs.

On a même admis une alhuminurie physiologique, c’està-dire une albuminurie survenant en dehors de toute lésion des reins et en dehors de toute affection générale. Il est probable qu’il n’existe pas d’albuminurie absolument physiologique, et qu’en dernière analyse ces albuminuries dites physiologiques sont associées à un processus vicieux des substances albuminoïdes ou de l’appareil uropoiétique. Mais, si ces albuminuries ne sont pas physiologiques au vrai sens du mot, elles sont du moins compatihles avec un état de santé parfois excellent, et, cliniquement parlant, les gens qui sont affectés de ces albuminuries sont des gens très bien portants. Noorden ^ a essayé de classer ces albuminuries en plusieurs groupes, suivant que l’albumine constatée dans furme est absolument pure ou associée à de la globuline ou à de la mucine, suivant aussi que l’albumine se rencontre le matin ou à toute heure du jour, suivant que l'albuminurie parait indépendante de toute cause extérieure, ou suivant qu’elle oscille avec les repas, avec les exercices musculaires, avec un malaise, avec une fatigue, etc.

1. Dieulafoy. Étude clinique et expérimentale de la maladie de Hriglit. Société médicalé des hôpitaux, 1886. Séances du 11 juin et du 22 octobre.

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