Jaccoud. Truité de pathologie^ 1. 1, p
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
y a des hystériques privées de sensibilité et qui ne sont pas ataxiques, et que certains ataxiques ont déjà une incoordination motrice fort avancée alors que leur sensibilité est à peine émoussée (Duchenne). Toulefois les lésions périphériques des nerfs sensitifs et l’anesthésie qui en est le conséquence pourraient bien n’êlre pas étrangères aux troubles d’incoordination.
Pour Jaccoud*, la sclérose des cordons postérieurs produit l’ataxie, en provoquant la perturbation des actes réflexes et des irradiations spinales, c’est-à-dire en détruisant les fibres nerveuses qui, émanées de racines postérieures, vont se jeter dans les cornes antérieures de la substance grise (fibres réflexes motrices) ou dans le réseau nerveux de Gerlach, fibres qui paraissent avoir une action régulatrice sur la contraction synergique préétablie des groupes musculaires.
Pour Pierret, « la cause première de l’ataxie locomotrice serait une irritation des fibres sensitives des centres nerveux* ». L’irritation de ces fibres sensitives a pour effet de paralyser par action réflexe certains muscles ou certains groupes musculaires ; et « dès qu’il est fait une tentative de mouvement dans lequel le muscle parétique est l’antagoniste d’un muscle sain, celui-ci l’emporte sur l’autre et le mouvement dépasse le but ». Ainsi s’expliquerait l’ataxie. « Je n’ai pas besoin, dit M. Grasset®, d’insister sur les objections dont est passible cette théorie, qui a besoin de nouvelles preuves. »
Onimus* a présenté une autre théorie. Pour lui, l’incoordination des mouvements est due à des phénomènes de contracture. Il ne faut pas prendre ici le mot de contracture dans son acception la plus ordinaire, qui suppose une complète rigidité de la fibre musculaire, il
1. Des parnpl. et de Vatax. du mouv. Paris, 1864. Voyez aussi Jaccoud, Pathol, int., l. 1, p. 410.