Société de bioloyie, séance du 27 juillet
284 MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
y a des degrés moins prononcés, et l’on peut dire que la conlraclure existe dans un muscle dès que sa souplesse naturelle est amoindrie et dès qu’il éprouve une certaine difficulté à entrer en relâchement après la contraction volontaire. Chez les ataxiques, ces phénomènes de rigidité musculaire accompagnent la maladie dans toute son évolution, mais ils sont plus marqués à mesure que la maladie fait des progrès. Alors que se passe-t-il? Quand l’ataxique veut faire un mouvement, il éprouve une certaine résistance due à cet état de contracture, et pour vaincre cette résistance il déploie une force qui dépasse le but voulu, parce que les troubles des sensibilités musculaire et cutanée donnent de faux renseignements a la moelle.
Leyden*, plus récemment, a cherché le point de départ du tabes, dans la périphérie elle-même, dans l’irritation de toute nature qui développe un processus centripète de dégénération, qui atteint les cellules ganglionnaires et les paralyse.
Brissaud® attribue l’incoordination à l’ignorance où se trouve à chaque instant le malade, de l’étendue et de la résistance éprouvées ; aussi l’elTort musculaire est-il toujours dépassé. Il croit que la lésion primitive du tabes est une affection du « protoneurome centripète », cestà-dire de cette partie de l’appareil centripète qui est constituée par les filets nerveux périphériques, sensilifs ou sensoriels, par les fibres nerveuses afférentes, par la cellule ganglionnaire et ses fibres afférentes*.
P. Bonnier combat l’idée d’incoordination rnotrice au sens rigoureux du mot. Les mouvements élémentaires seraient bien coordonnés, mais mal appropriés. Un chef militaire, ignorant du terrain où il manœuvre, des forces qu’il doit combattre et de l’état de ses troupes, pourra
1. Leyden. Nouvelles recherches sur Vanaiomie pathologique et ta
physiologie des labes, 1894.