Lubmu. Thèse de Paris, 1873, n
MALADIES DE L’ENCÉPHALE. 217
ment de l’hémiplégie due à l’hémorrhagie cérébrale, la paralysie faciale est rare, l’hémiplégie est habituellement incomplète ou dissociée.
Le diagnostic de l’hématome avec certaines lésions cérébrales (ramollissement, tumeur) est quelquefois impossible à établir.
§ 14. HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES.
Anatomie pathologique. — Je viens d’étudier l’hémorrhagie de la dure-mère (pachy méningite hémorrhagique) : la question des hémorrhagies méningées reste donc limitée aux hémorrhagies sus-arachnoïdiennes et sousarachnoïdiennes. Chez le nouveau-né, l’hémorrhagie est presque toujours sus-arachnoïdienne, tandis qu’elle est sous-arachnoïdienne chez l’adulte.
Dans l’épanchement sus-arachnoïdien, le sang plus ou moins coagulé s’accumule à la base du crâne ; et nous avons vu au chapitre précédent qu’il peut s’enkyster par la formation d’une membrane d’enveloppe; quand l’épan- * chement est sous-arachnoïdien, la pie-mère est infiltrée, les plexus choroïdes sont injectés, les ventricules peuvent être inondés, on trouve fréquemment des caillots, mais nulle part le sang n’est enkysté. Au-dessous du coagulum, les circonvolutions cérébrales sont aplaties, et, si l’hémorrhagie a été considérable, le cerveau est exsangue.
Étiologie. Description. — La diversité des symptômes que présente l’hémorrhagie méningée, suivant qu’elle se déclare chez l’adulte ou chez l’enfant, m’engage à scinder l’étude de ces symptômes.
1° Chez l'adulte, l’hémorrhagie est presque toujours sous-arachnoïdienne. Elle a pour causes la rupture d’un vaisseau, la dégénérescence des artérioles, la périartérile avec ou sans anévrysmes miliaires (hérédité, alcoolisme),
la néphrite interstitielle 1 et l’artério-fibrose (Sutton) qui l’accompagne ; elle est provoquée par les maladies du foie, par la dyscrasie hémorrhagique.
Je réserve une mention spéciale à la syphilis. Je renvoie pour cette question au chapitre de la syphilis cérébrale, où cette étude est faite en détail.
L 'hémorrhagie méningée est tantôt annoncée par des prodromes tels que céphalalgie, vomissements, douleurs fixes dans la sphère du nerf trijumeau; tantôt le début est soudain, et les phénomènes comateux apparaissent les premiers.
Les prodromes sont presque constants, dans le cas de lésions syphilitiques : les malades sont atteints, pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, de céphalée plus ou moins violente avec ou sans exacerbation nocturne, d’éblouissements, d’étourdissements, de vertiges, d’obnubilation intellectuelle, de nausées, de vomissements, de troubles dans la parole, d'hésitation dans la marche, de tendance à la torpeur, de contractures ou de mouvements convulsifs.
Au moment où éclate l’hémorrhagie méningée, l’apoplexie peut être soudaine, foudroyante, mortelle en quelques minutes. Parfois l’apoplexie est plus lente à s’établir; le malade est pris d’un état de somnolence et de torpeur d’où on le tire difficilement; il comprend à peine ce qu’on lui dit, ses mouvements sont lents et difficiles, et il arrive graduellement, à mesure que l'hémorrhagie fait des progrès, au coma complet et à l'apoplexie. La compression du cerveau par l’épanchement sanguin est la cause de ces accidents; l’apoplexie et le coma sont plus lents à se produire que dans l’hémorrhagie cérébrale; et, à part de bien rares exceptions (Lépine), il n'y a pas de paralysie limitée.
La marche de la température, prise au thermomètre, est celle qu'on observe dans l’hémorrhagie cérébrale; l’es-