‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 126 sur 492 · David. Aphasie hystérique. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

David. Aphasie hystérique. Thèse de Paris

hystérique a tous les caractères de l’apoplexie de cause organique (Debove); apoplexie avec ou sans aphasie, avec hémiplégie et presque toujours avec hémianesthésie. L hemianesthesie est même un symptôme saillant, tandis que 1 hemiplegie est peu prononcée. Toutes les conséquences de l’attaque, hémianesthésie, hémiplégie, hémichorée, contracture, sont facilement curables par les ^sthesiogènes1. v

Troubles psychiques. — La femme hystérique est exageree en toute chose, volontiers elle se donne en spectacle; et pour se rendre intéressante elle imagine toute sorte de simulations, elle est capable des actes les plus répugnants. Les hystériques sont souvent malicieuses, perverses, dissimulées, menteuses; certaines mentent avec une ténacité et une effronterie inouïes; elles sèment partout la brouille et la discorde; elles ne savent qu’inventer pour qu’on s'occupe d'elles-, elles simulent un suicide, elles jettent le désespoir dans leur famille en annonçant qu’elles veulent se tuer, alors qu’elles n’en ont aucune envie; elles s’accusent d’actes qu’elles n’ont pas commis, elles portent contre autrui de fausses accusations de vol et de meurtre, elles se disent victimes d’attentats et de viol, et elles font traîner des innocents devant les tribunaux, quand elles ne les ont pas fait monter sur un bûcher, comme ce malheureux Urbain Grandier que les religieuses ursulines de Loudun accusaient de crimes imaginaires. La plupart des hystériques ont des hallucinations pendant l’attaque convulsive; chez certaines, les hallucinations persistent en dehors des attaques; ainsi, telle femme, calme et tranquille, occupée à lire ou à travailler, se lève brusquement, pousse des cris, croyant voir des bêtes fantastiques sur le mur ou sur le parquet. Le délire érotique et religieux leur est familier et les conduit parfois à la démence.

L hystérie rend les sujets qui en sont atteints particu-

1. Apoplexie hystérique. — Achard (Arch, de méd.. janvier et février 1887).

lièrement aptes à la neurasthénie, aux suggestions et à l’ hypnotisme, questions qui seront étudiées dans les chapitres suivants.

A l’état mental des hystériques est liée une grave question de médecine légale, et l’hystérie a été associée plus d’une fois aux causes célèbres qui ont passionné le public. Il faut lire au sujet de cette étude la très intéressante observation de M. Grasset publiée sous le titre de « Roman d’une hystérique »*.

Troubles trophiques. — A l’hystérie sont associés des troubles trophiques nombreux et variés*. Aux troubles trophiques cutanés se rattachent le zona, la chute des cheveux, la chute des ongles, les ecchymoses spontanées, les sueurs de sang. Aux troubles trophiques du tissu cellulaire se rattachent l’œdème, qui est parfois un œdème bleu. L’œdème hystérique est une tuméfaction dure des téguments qui ne se laisse pas déprimer par le doigt comme l'oedème vulgaire; à ce niveau la peau est cyanosée, violacée, d’où le nom d’œdème bleu. Cet œdème se localise à une main, à un membre, au bras, à la jambe ; il est presque toujours associé à la contracture ou à la paralysie du membre envahi. Il peut s’établir en permanence et subir, comme la paralysie et comme la contracture, des alternatives diverses.

Quelques observations de sein hystérique s’ignalent le gonflement douloureux du sein avec sécrétion lactée.

Aux troubles trophiques hystériques appartiennent les atrophies musculaires. L 'atrophie musculaire hystérique se superpose presque toujours aux parties atteintes de paralysie, de contracture, d’anesthésie, il est bien rare qu’elles en soient indépendantes. Elles atteignent la main, le bras, la jambe. Dans quelques cas elles ont eu une marche ascendante débutant par la main et remontant au bras. Ces atrophies musculaires hystériques5

1. Grasset. Leçon (le clinique médicale. Montpellier, 1891, p. 401.

2. Athanassio. Troubles troph. clans l’hyst. Th. de Paris, 1890.

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