‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 13 sur 492 · Jaccoud. Traité de pathologie, t. I, p · texte numérisé non relu

Jaccoud. Traité de pathologie, t. I, p

sibilité est à peine émoussée (Duchenne). Toutefois les lésions périphériques des nerfs sensitifs et l’anesthésie qui en est la conséquence pourraient bien n’être pas étrangères aux troubles d’incoordination. 1

Pour-M. Jaccoud1, la sclérose des cordons postérieurs produit l’ataxie, en provoquant la perturbation des actes réflexes et des irradiations spinales, c’est-à-dire en détruisant les fibres nerveuses qui, émanées de racines postérieures, vont se jeter dans les cornes antérieures de la substance grise (fibres réflexes motrices) ou dans le réseau nerveux de Gerlach, fibres qui paraissent avoir une action régulatrice sur la contraction synergique préétablie des groupes musculaires.

Pour M. Pierret, « la cause première de l’ataxie locomotrice serait une irritation des fibres sensitives des centres nerveux2 ». L’irritation de ces fibres sensitives a pour effet de paralyser par action réflexe certains muscles ou certains groupes musculaires; et « dès qu’il est fait une tentative de mouvement dans lequel le muscle parétique est l’antagoniste d’un muscle sain, celui-ci l’emporte sur l’autre et le mouvement dépasse le but ». Ainsi s’expliquerait l’ataxie. « Je n’ai pas besoin, dit M. Grasset3, d’insister sur les objections dont est passible cette théorie, qui a besoin de nouvelles preuves. »

M. Onimiis4 a présenté une autre théorie. Pour lui, l’incoordination des mouvements est due à des phénomènes de contracture. Il ne faut pas prendre ici le mot de contracture dans son acception la plus ordinaire, qui suppose une complète rigidité de la fibre musculaire, il y a des degrés moins prononcés, et l’on peut dire que la contracture existe dans un muscle dès que sa souplesse naturelle est amoindrie et dès qu’il éprouve une cer-

1. Ijes parapl. et de latax. du mouv. Paris, 1864. Voyez aussi Jaccoud, Pathol, int., 1. 1, p. 410.

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