‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 186 sur 492 · PARALYSIE DU NERF PATHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU NERF PATHÉTIQUE

Anatomie et physiologie. — Le nerf pathétique, naît d’un noyau très voisin de celui du moteur oculaire commun avec lequel il échange vraisemblablement quelques fibres, si même il n’est pas avec lui en plus intime connexion. Il vient finalement animer le muscle grand oblique qui dirige l’œil en bas et en dehors en même temps qu’il est rotateur en dedans du méridien vertical ; il est un faible auxiliaire du droit externe dans les mouvements de divergence, il aide plus efficacement le droit inférieur dans les mouvements d’abaissement.

Description. — Les symptômes objectifs sont moins prononcés que dans les autres paralysies, la motilité de l’œil est à peine diminuée, le strabisme supérieur et interne est à peine marqué, pourtant la tête est inclinée en bas et du côté du muscle paralysé.

La diplopie s’accuse dès que le sujet regarde en bas ; elle est fort gênante, puisqu’elle entrave la marche, et entraîne souvent des chutes dangereuses. Les images sont homonymes; l’une est plus haute que l’autre; la différence de hauteur augmente dans l’adduction à mesure que l’objet s’abaisse; elle diminue dans l’abduction; la fausse image est inclinée de façon à se rapprocher de la vraie par son extrémité supérieure et à s’en écarter par la base. Cette fausse image paraît plus rapprochée que l’image correcte.

DE L’oPnTH ALMOPLÉGIE * .

L’aspect du malade atteint d’ophlhalmoplégie est des plus caractéristiques. Ses paupières sont tombantes, son

1. Pathogénie et diagnostic des ophthalmoplégies. Sauvineau. Th. de Paris, 1892.

Iront plissé, ses sourcils arqués (pour remédier à la blépliaroplose par la contraction du muscle frontal), ses yeux sont immobiles et apparaissent, quand on relève les paupières avec les doigts, comme figés dans de la cire (Bénédikh). Enfin le malheureux est obligé de suppléer aux mouvements des yeux par les mouvements des muscles du cou.

L’ophlhalmoplégie extérieure est un type clinique, dû à la paralysie de tous les muscles extrinsèques oculaires, ou au moins à la paralysie de muscles innervés dans le même œil, par deux nerfs différents, l’un des deux étant constamment le moteur oculaire commun.

L’ophthalmoplégie intérieure est la paralysie de toute la .musculature intrinsèque de l’œil (sphincter de l’iris et muscle ciliaire).

Ces deux formes réunies constituent Yophthalmoplégie totale.

D’après le siège de la lésion qui leur a donné naissance on peut diviser les ophlhalmoplégies en : 0. corticales, susnucléaires, nucléaires, radiculaires, suivant que sont intéressés l’écorce, les centres coordinateurs des muscles des yeux, les noyaux, les racines nerveuses.

Les troncs peuvent être lésés à la base du crâne ou dans l’orbite, d’où des 0. basilaires ou orbitaires.

Il existe encore des 0. par névrites périphériques. Diagnostic. — En dehors d’une cause périphérique, une 0. extérieure est le plus souvent nucléaire; il en est de même d’une 0. intérieure. Pour l’O. totale, on ne peut distinguer la cause basilaire de la cause nucléaire qu’à l’aide des symptômes concomitants.

Marche. — Les formes chroniques sont sérieuses, elles se cantonnent ou même s’étendent à des régions voisines, tandis que les formes subaiguës guérissent le plus souvent. Ce sont celles que l'on voit survenir à la suite des maladies inlectieuses ou dans certaines intoxications. La forme aiguë est moins grave. C’est une 0. sus-nucléaire. Étiologie. — A. Forme chronique. Celte forme survient

PARALYSIES

dans les polyencéphalites, l'ataxie, la sclérose en plaque, la paralysie générale, la syphilis, le diabète.

B. Forme subaiguë. Elle a été observée dans les maladies infectieuses, telles que la diphthérie, la fièvre typhoïde, la pneumonie, la scarlatine, et dans les intoxications par l’alcool, le plomb, lanicotine, les aliments avariés, l’oxyde de carbone.

C. Les causes de la forme aiguë sont peu connues; on a pu la rattacher à l’alcoolisme.

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