Raynaud. Arch. de méd., 1877, p
i. Charcot. Des anomalies de l’atax. locom
réflexe patellaire (Westphal). A l’état normal, quand on croise une jambe sur l’autre, la jambe de dessus étant abandonnée à elle-même, et les muscles étant en relâchement, il suffit de frapper un coup sec avec le bord cubital de la main, sur le tendon rotulien, pour qu’aussitôt, sous l’influence de la contraction du triceps sural, la jambe s’élève et s'abaisse sous forme d’oscillations. C’est là un type de réflexe tendineux ; l'absence de ce réflexe tendineux rotulien est un des signes les plus précoces du tabes dorsalis ; c’est la conséquence de la dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle, l’extension tendineuse périphérique, partie des terminaisons nerveuses tendineuses de Golgi, ne se transmettant plus aux cellules des cornes antérieures de la moelle.
A celte première période de la maladie, appartiennent aussi les troubles céphaliques ; ce sont des paralysies, ou mieux des parésies des nerfs crâniens de la 6“ ou de la 5“ paire avec dilatation de la pupille, chute de la paupière supérieure, strabisme et diplopie. Ces troubles sont le plus souvent passagers : la diplopie, par exemple, disparait et reparaît à plusieurs reprises; Yamblijopie, au contraire, qui débute parfois dès celle période, affecte rarement ce caractère passager, elle progresse lentement jusqu’à l’amaurose.
Les altérations de la papille sont caractéristiques dans le tabes dorsalis (Galezowski) : « La papille n’a pas éprouvé de changement, soit dans sa forme, soit dans ses dimensions; ses contours sont toujours très accentués. Par suite du changement de texture qu'a subi le nerf optique, et en conséquence surtout de la disparition du cylindre de myéline, la papille a cessé d’être transparente; elle réfléchit au contraire fortement la lumière et ne laisse plus voir dans sa profondeur les vaisseaux propres. 11 s’ensuit qu’elle ne présente plus la teinte rosée normale et qu’elle offre, au contraire, une coloration blanche crayeuse comme nacrée. » (Charcot.)
Les pupilles sont fréquemment contractées, et un fait
curieux, c est que dans les cas de myosis consécutif au tabes dorsalis, les pupilles contractées peuvent encore se mouvoir sous l’influence de l’acconnnodalion, elles se dilatent si le malade regarde un objet rapproché, tandis cju elles restent insensibles à 1 action de la lumière (Ar°*vl- Itobertson) *.
Les troubles auditifs sont parfois caractérisés par un affaiblissement du sens de 1 ouïe avec ou sans bourdonnements d oreilles, et il y a en pareil cas une lésion du ncrl auditif; mais, dans d autres cas, les bourdonnements et sifflements d’oreille sontaccompagnés de vertige, d’impulsion et même de chute, d’agoraphobie, sans que le sens de 1 ouïe soit altéré : il est probable alors que la lésion intéresse non pas les fibres du nerf auditif qui président à 17mditwn des sons, mais les fibres qui proviennent des canaux semi-circulaires et qui président au sens de l'espace 2.
Les troubles laryngo-bronchiques peuvent survenir dès la première période du tabes. Ils sont caractérisés par des accès de toux quinteuse, coqueluchoïde, avec spasmes de la glotte et sensation d’étouflement. Parfois ces accès sont violents, accompagnés de vertige, de vomissements, et meme, dans quelques cas, de convulsions épileptiformes •> et de perte de connaissance avec chute du maladecest 1 ictus laryngé. L’attaque est brusque ou précédée e quelques prodromes; elle dure quelques secondes quelques minutes, un quart d’heure et plus encore, et elle peut se reproduire un grand nombre de ibis dans les vinetquatre heures. Ces crises laryngées sont dues à l’hyperesthcsie laryngée et a des spasmes glottiques. Dans un cas elles ont disparu apres l’opération de la trachéotomie*’
* fluelclues malades, le laryngisme tabétique se traduit par des paralysies des muscles du larynx surtout des crico-arytenoïdiens postérieurs, musclas respirateurs
1. Le Beurmann. A rcli. cjënér. de médecine mars 1881 . Marie et Wallon. Revue mensuelle, janvier 1883 3. Cherchevsky. Revue de médecine , juillet 1881 l- Knsliaber. Gax. Iiebdomad., 1888, n” 41
Les troubles génitaux, spermatorrhée, impuissance, excitation vénérienne, etc., existent à toutes les phases de la maladie, ils peuvent même devancer les autres symptômes1 (Fournier).
On a signalé également des crises clitoridienncs, les malades étant prises, sans cause, de violentes sensations voluptueuses pouvant se répéter fréquemment, et devançant de plusieurs mois ou plusieurs années les autres symptômes de la maladie1. Nous verrons plus loin, en décrivant les formes frustes de l’ataxie locomotrice, que beaucoup d'autres symptômes peuvent devancer la phase douloureuse de la première période; il serait même plus vrai de dire qu’il n’y a pas un seul symptôme, rare ou habituel, qui ne puisse apparaître avant la phase d’ataxie.
Deuxième période. — Les troubles du sens musculaire, l’incoordination, peuvent exister dès le début de la maladie, néanmoins il est d’usage que l 'ataxie marque la seconde phase de la maladie; elle en est le symptôme dominant, mais non exclusif, car les douleurs et les autres symptômes précédemment décrits appartiennent également à cette période. L’ataxie est caractérisée par V abolition progressive de la coordination des mouvements; elle se montre à des époques indéterminées, quelquefois bien des années après l’apparition des douleurs fulgurantes et des troubles céphaliques. L’ataxie débute par les membres inférieurs; le malade est moins maître de ses mouvements, on constate chez lui des troubles de la station : si on lui demande de se tenir immobile, debout, les pieds rapprochés, les yeux fermés, il est pris d’oscilhtions et une chute pourrait en être la conséquence (signe de Romberg). Le tabétique se tient difficilement sur un pied, il tourne avec difficulté sur lui-même et il perd facilement l’équilibre. S’il est couché dans son lit et si on le prie de croiser une jambe sur l’autre, il lance
1. Fournier. Levons sur la période prxataxique du tabes d'origine si/phililique. Paris, 1884.