ANGINE CATARRHALE AIGUË. — ANGINE ÉRYTHÉMATEUSE AIGUË
Sous la dénomination d 'angine érythémateuse et d’aiiyine catarrhale aiguë, on décrit l’inflammation de la muqueuse de l’arrière-bouche et du pharynx, inflammation qui est superficielle, parfois limitée à une rougeur diffuse comme l’indique la désignation d’érythémateuse et parfois accompagnée d’enduits pultacés (puis, pultis, bouillie). La localisation de l’angine est quelque peu variable ; tantôt elle est dilTuse et occupe à la fois le pharynx et l'arrière-bouche, c’est-à-dire tout le territoire des angines, tantôt elle prédomine en certains points, à l’isthme du gosier ( angine gutturale), aux amygdales (, angine tonsillaire ou amygdalite), au pharynx (pharyngite). Ces variétés de siège, qui ne constituent, en somme, que des nuances, ne s’opposent nullement à une description générale de la maladie; je consacrerai toutefois un chapitre spécial à l’élude des amygdalites.
Description. — L 'angine catarrhale aiguë s’annonce par quelques symptômes généraux, frissons, fièvre, courbature, céphalalgie, inappétence, symptômes insignifiants chez certains sujets, mais qui, chez d’autres, chez les enfants surtout, acquièrent une telle intensité (fièvre violente, délire), qu’on serait tenté de croire à l’invasion d’une maladie autrement grave.
Ces troubles généraux, accompagnés ou non d'embarras gastrique , devancent plus ou moins, d’une journée, et plus longtemps encore, l’éclosion de l’angine; parfois ils éclatent simultanément. L’angine s’annonce par une sensation de sécheresse et de cuisson à la gorge, la déglutition est pénible et difficile, la muqueuse bucco-pharyngée est rouge, sèche, luisante, hérissée de saillies duos à la tuméfaction des glandes mucipares, et l’infiltration séreuse du tissu sous-muqueux produit un gonflement
qui est surtout accusé dans les parties riches en tissu cellulaire lâche, à la luette, à l’isthme du gosier.
L’angine peut rester simplement érythémateuse, mais parfois, dès le deuxième ou troisième jour, l’hypersécrétion de h muqueuse s’accuse sous forme de mucosités au pharynx, de concrétions caséeuses ou d’enduits pultacés aux amygdales. Ces produits, dont l’adhérence est nulle, ne ressemblent en rien aux productions couenneuses de la diphthérie et, cependant, elles peuvent être associées, la bactériologie nous l’a démontré, au bacille diphthérique.
Le plus souvent l’angine aiguë est accompagnée d’un état gastrique ou d’un état bilieux. La langue est pâteuse, blanchâtre, jaunâtre, l’anorexie est complète, les nausées sont fréquentes, la constipation est la règle. La fièvre tombe du deuxième au cinquième jour. Les ganglions sous-maxillaires sont peu engorgés. L’angine catarrhale aiguë ne dure pas au delà d’un septénaire, elle se termine généralement par résolution, mais les rechutes, les récidives et le passage à l’état chronique sont autant de mauvaises chances pour les sujets prédisposés par un état diathésique (herpétisme, lymphatisme). Dans quelques cas, qui ne sont plus admis aujourd’hui, on avait décrit, à la suite des angines simples, des paralysies du voile du palais, et même des paralysies musculaires généralisées (Gublcr1). Évidemment, il s’agit là de diphthérie.
L 'étiologie, le diagnostic et le traitement seront étudiés au chapitre suivant, avec l’amygdalite simple aiguë qui est la localisation la plus importante des angines catarrhales. Pour le moment, qu’il me suffise de dire que les micro-organismes jouent, ici comme ailleurs, un rôle d autant plus important, que le terrain est mieux préparé.
Les lavages de la gorge, les gargarismes antiseptiques