Mu rie, Soc. inéd. des hôpitaux, juillet 1S
peuvent précéder les manifestations couenneuses de la diphthérie (diphthérie fruste) et même exister, en temps d’épidémie, en dehors de toute manifestation membraneuse apparente.
Le pronostic, bénin, quand la paralysie est limitée, grave et même terrible quand la paralysie atteint les muscles de la respiration et le cœur, est toujours livré à l’incertitude, car on ne sait jamais au début quelle sera la marche de la paralysie.
Le traitement est difficile à formuler. On doit avoir recours à la sonde œsophagienne aussitôt que la déglutition devient difficile. A la médication tonique et reconstituante, quinquina, ferrugineux, on ajoutera les préparations de noix vomique, les frictions aromatiques, l’hydrothérapie, l’électrisation. Le sulfate de strychnine à la dose de 2 à 6 milligrammes par jour (sirop de sulfate de strychnine) donne de bons résultats.
Les injections de sérum antitoxique faites pendant l’évolution delà diphthérie, rendent beaucoup moins fréquentes les paralysies diphthériques, mais ces injections semblent avoir peu d’action sur les paralysies une fois déclarées. Ceci prouve une fois de plus qu’en face d’une diphthérie, il faut pratiquer l'injection de sérum le plus tôt possible, sans tarder. Ce sont les injections précoces qui mettent à l’abri des complications ; les injections tardives n’ont plus le même effet.
§ 0. ANGINE HERPÉTIQUE.
L’angine herpétique peut être érythémateuse, lacunaire ou pultacée, mais c’est lorsqu’elle est membraneuse qu’on lui réserve, avec Trousseau, la dénomination d’angine couenneusc commune, celte épithète de commune enlevant toute idée de diphthérie. Ainsi comprise elle fait partie du groupe des angines pseudo-diphthériques décrites à l’un des chapitres précédents.
Toutefois l’angine herpétique, ou angine couenneuse commune, ne représente pas, il s’en faut, une entité morbide. L’angine diphthérique, telle que l’entendaient nos devanciers, doit, à mon sens, être démembrée. Il y a surtout des angines avec herpès, qui peuvent être dues à tous les agents, microcoques, streptocoques, staphylocoques, pneumocoques, que nous venons d’étudier dans les précédents chapitres. Toute angine herpétique est associée, au développement de vésicules d’herpès discrètes ou confluentes. Ces vésicules, analogues à celles de la peau, ont une. évolution un peu différente, car le travail morbide qui sur la peau produit des croûtes, sur une muqueuse peut provoquer des fausses membranes (Gubler1).
Description. — Bien que l’angine herpétique soit une maladie de tout âge, elle est plus fréquente chez l'enfant à partir de la troisième année. Elle a une période d’incubation silencieuse, qui dure de quelques heures à deux jours, puis elle éclate au milieu de symptômes habituellement tumultueux : le frisson est violent, la fièvre ardente, la céphalalgie intense, parfois aussi intense que dans la méningite (Lasègue). Cet état fébrile est souvent accompagné de troubles dyspeptiques, de nausées, de vomissements ; le malade éprouve une sensation d’àcreté,de cuisson à la gorge, la douleur est généralement limitée àl’un des côtés du pharynx, les ganglions sous-maxillaires sont peu tuméfiés.
Si l’on examine la gorge au début, on peut surprendre l’éruption herpétique dès sa formation. La muqueuse est rouge et les amygdales sont, bosselées et tuméfiées; quelques heures après, le lendemain, le surlendemain, des vésicules se développent sur les amygdales, sur les piliers, sur la luette, sur le voile du palais; discrètes, elles ressemblent à des sudamina, elles acquièrent la forme et la dimension d’une tête d’épingle ; confluentes, elles se reunissent en groupes plus ou moins étendus et irréguliers.