Straus, Académie de médecine, 5 juillet
vent un terrain favorable à leur développement et dans leur migration, c’est l’amygdale pharyngée cpii s’offre à eux la première. La végétation adénoïde tuberculeuse est constituée.
Je pense, pour ma part, que la contamination des régions suspectes par l’acte de la respiration, surtout par respiration nasale, est notablement plus fréquente que leur contamination par l’acte de la déglutition alimentaire. La preuve est faite par mes expériences, dont la statistique nous démontre que l’amygdale pharyngée, celle qui est directement en rapport avec la respiration nasale, estpresque deux fois plus souvent envahie que les amygdales palatines, celles qui sont directement en rapport avec la déglutition. Autrement dit, on respire le bacille tuberculeux beaucoup plus souvent qu'on ne l’avale, ce qui ne nous surprend nullement, car on vit fréquemment dans un milieu, dans une famille où règne la tubei culose, tandis qu on a plus rarement l’occasion d avaler des produits tuberculeux vivants et virulents.
Quand un entant issu de souche tuberculeuse est prédisposé par cela même au lymphatisme; quand cet enfant vit au contact de sa mère tuberculeuse, quand il couche dans la chambre de ses parents, de ses frères ou sœurs tuberculeux, quand il a autour de lui des domestiques, une gouvernante, une institutrice tuberculeux, cet enfant aura malheureusement bien des chances pour que sa respiration nasale offre au bacille une porte d’entrée qui lui permette de se fixer plus tard sur les régions suspectes, et notamment sur l’amas lymphoïde de l’amygdale pharyngée. °
L’alimentation, avons-nous dit, peut, dans une certaine mesure, être une cause de contamination des amygdales par le bacille tuberculeux. Au point de vue experimental la question est jugée : Chauveau, en faisant déglutir à des vaches des produits tuberculeux, a pu déterminer chez elles la tuberculose du tissu lymphoïde pharyngé. Orth gave des lapins avec des aliments tube *
culeux, et plusieurs fois il détermine des lésions tuberculeuses de la bouche et des amygdales. En 1884, Baurnearlen reprend ses expériences de gavage et détermine une infection tuberculeuse des amygdales et une mfec- t lion tuberculeuse consécutive des ganglions cervicaux, fadéac par une alimentation riche en produits tuberculeux, détermine chez des cobayes la tuberculose des amygdales et la tuberculose consécutive des ganglions ^ sous-maxillaires. . .
Dans les expériences en question, il est vrai, les a 1ments dont se servaient les expérimentateurs étaient en grande partie formés de matières tuberculeuses. Ces conditions, utiles pour l’expérimentation, ne se reahse" pas dans l'usage habituel de l’alimentation. Il faut duc néanmoins que certains aliments, et certaines boissons, notamment le lait, le petit-lait, certains fromages, les viandes crues, les viandes salées, sont autant d agentsusceptibles de contenir, de conserver, de transporter les bacilles virulents et d’infecter consécutivement Je terrain avec lequel ils se trouvent en contact, surl°ut s .l s’agit d’un terrain prédisposé. Il suffit dune atteinte de mammite tuberculeuse pour infecter une grande quantité de lait recueillie dans une vacherie et collecté dans le même réservoir1. M. Galtier (de Lyon) a obtenu des tuberculoses généralisées, chez le cobaye, avec des fromages salés ou non salés datant de dix joui , de quinze jours, et même de deux mois et dix jouis. Le petit-lait séparé du fromage depuis dix et quinze jours et feoculé aux cobayes a donné une belle tuberculose». M Galtier a constaté que des viandes salées sont viru- I en tes • la salaison peut ne pas détruire la virulence ( bacille, surtout dans les parties centrales des grosses
1,UNousdesa!onf donc maintenant comment le bacille