Galtier. Congrès de la tuberculose, 1888, p
de la tuberculose peut aborder, par respiration ou par déglutition, le tissu lymphoïde des trois amygdales.
Pour pénétrer à l’intérieur de ce tissu, il n’est pas toujours nécessaire qu’il y ait une érosion ou une plaie préexistante. On sait que le bacille tuberculeux peut traverser les épithéliums sans lésions préalables de cet épithélium : amygdales, larynx, pharynx1, bronches, trachée, utérus2, intestin3, peuvent être pénétrés par le bacille qui chemine à travers les cellules épithéliales.
Le bacille installé dans le tissu lymphoïde des amygdales provoque une suractivité fonctionnelle, une multiplication de phagocytes qui donnent aux amygdales un volume parfois considérable ; parfois au contraire la réaction est presque nulle et les amygdales conservent un volume presque normal.
Les poussées amygdaliennes tuberculeuses sont souvent indolores, mais elles ne sont pas toujours latentes, il s’en faut. Un grand nombre d’enfants ou d’adolescents se plaignent de « maux de gorge » ; à l’occasion du moindre rhume ou du moindre refroidissement, leurs amygdales subissent une poussée aiguë, douloureuse, parfois fébrile, avec ou sans retentissement ganglionnaire; on prend cela pour une simple amygdalite aiguë, puis tout rentre dans l’ordre, ou du moins, tout semble rentrer dans l’ordre; mais les amygdales, ou les végétations adénoïdes n’en restent pas moins volumineuses et gênantes.
Telle est la première étape de cette tuberculose larvée amygdalienne. Dans bien des cas, fort heureusement, celte étape n’est pas franchie; après une durée variable de quelques mois ou de quelques années, la réaction phagocytaire prend le dessus, le tissu amygdalien devient (ibroïde (Grancher), s’indure, l’organe diminue de volume,