Hanoi et Gumbault Arch. de phi/sioL. Avril 18S
MALADIES DE L’ESTOMAC
processus de l’épilhéliome, on est bien tenté d’admettre qu’il n’y a pas de limite nettement tranchée entre la gastrite chronique, l’adénome et le cancer. Les transformations adénomateuses des glandes se présentent à l’estomac sous des aspects différents; adénome plat (Andral), adénome pédiculé (Cruveilhier), adénome bosselé quelque peu comparables aux circonvolutions cérébrales.
Le tissu cellulaire interstitiel et intermusculaire est hyperplasié. Quand la sclérose prédomine au pylore, elle produit un rétrécissement de cette région, et consécutivement une dilatation de l’estomac.
Sous l’influence de l’empiétement du tissu interstitiel, les glandes diminuent de nombre et cette diminution explique la diminution et la presque disparition de l’acide chlorhydrique libre et des ferments digestifs pepsine et présine. Mais, dans d’autres cas, c’est la dégénérescence adénomateuse qui l’emporte sur le tissu de sclérose et sous l’influence de cette prolifération adénomateuse la gastrite chronique prend le type adénomateux.
On retrouve parfois des ulcérations superficielles qui ne vont pas au delà de la muqueuse, on a également signalé la présence de petits abcès dans les parois stomacales.
Symptômes. — Dans bien des cas, les symptômes de la gastrite chronique, au début, ressemblent si bien à de simples troubles dyspeptiques que la symptomatologie de ces deux états se confond en une même description. La gastrite faisant des progrès, le malade se plaint d’une douleur épigastrique, qui est plus vive après les repas. L’inappétence, les éructations, le ballonnement du ventre, sont des symptômes pour ainsi dire constants ; les vomissements sont fréquents, et, outre les vomissements alimentaires constitués par des aliments qui ont séjourné plus ou moins longtemps dans l’estomac, le malade rend aussi, surtout le matin, des mucosités glaireuses et niantes ( pituite , gastrorrhée). Ces mucosités sont formées par des sécrétions gaslriciues et par la salive, abondam-
ment sécrétée, que le malade a avalée pendant la nuit La gastrite chronique est souvent accompagnée de catarrhe buccal, de constipation opiniâtre, de congestion du foie; on a également observé la duodênite avec ou sans ulcération de la muqueuse du duodénum1.
L’exploration de la région épigastrique fait quelquefois percevoir une induration stomacale qui simule une lésion cancéreuse, et qui n’est autre chose que l’induration due à la sclérose des tissus sous-muqueux. A ces symptômes s’ajoutent parfois des hématémèses, ainsi qu’on le voit dans la célèbre observation qui fait le sujet de la leçon de Trousseau sur la gastrite chronique 2. Quand l’estomac est dilaté, la dilatation est révélée par la percussion, qui donne un son tympanique très étendu, et, si l’estomac dilaté contient en outre du liquide, il est facile, en secouant légèrement le malade, de déterminer un bruit de clapotement.
L’amaigrissement, la perte des forces, le dépérissement du malade, sont le résultat de la gastrite chronique. Sous l’influence du traitement, on constate de fréquentes améliorations, des rémissions de longue durée et parfois des guérisons; mais dans les cas rebelles et graves, surtout quand la gastrite est associée à la cirrhose hépatique, à la maladie de Bright (gastrite urémique), la marche est presque fatalement progressive, et la maladie est habituellement incurable.
Diagnostic. — Traitement. — Le diagnostic de la gastrite chronique avec l’ulcère et le cancer de l’estomac sera fait aux chapitres suivants. Le traitement est en partie celui qui sera exposé au sujet des dyspepsies.
Je recommande tout spécialement le diagnostic avec les manifestations stomacales de l’urémie. Les vomissements urémiques et la gastrite urémique sont facilement reconnaissables quand ils surviennent chez un brightique avéré; mais, dans quelques circonstances, les vomisse-