Girode. Société méd. des hôpitaux, 25 janvier
2. Voyez à ce sujet les deux revues critiques suivantes : Lannois ftevue de méd., mai 1887. — Catrin. Arcli. de méd., avril et mai 1807*
3. Ch. Itichet. Suc gastrique chez l’homme et les animaux. Thèse de doct. ès sciences. Paris, 1878.
soumettre le malade à un repas d'épreuve, qui consiste a prendre, le matin à jeun, deux petits pains et une tasse de thé sans sucre ni lait. Une heure Ju une heure un quart apres ce repas, on retire le chyme stomacal au moyen du tube de Faucher ou de Debove *; on peut même
retiré et "T0 T v™ deaU’ et dans le chvme
re ire et filtre on recherche l’acide chlorhydrique L’acide
chlorhydrique peut être décelé par différents Jéactifs par e melhyle violet, par le rouge du Congo. M. Léphie donne la prelerence au vert brillant*. Très étendu d’eau e vert brillant perd sa teinte verdâtre pour devenir net' ement bleu Si l’on met deux ou trois gouttes d’une solution concentrée de vert brillant dans quelques centimètres cubes de chyme filtre contenant de l'acide chlorhydrique le mélangé, qui resterait bleu s’il ne contenait pas d’acide Chlorhydrique commence à devenir vert si la proportion d acide chlorhydrique est de 0,18 à 0,19 pour 1000. Le mélangé devient jaunâtre et même très jaune, si la pro-
ro ri oït.i1110"11^-^6 GSt de °’19 P°ur 1000 *
1 pour 1000 Celte reaction est d’autant plus importante brillaiff0^6 aCtlqUe 6St PrescIue sans action sur le vert
Ces expenences, répétées dans un grand nombre de maladies de l’estomac, ont permis de constater que, suiyuil les maladies, tantôt il y a exagération, tantôt il y a diminution ou disparition de l’acide chlorhydrique du suc gastrique. L 'hypersécrétion de l’acide chlorhydrique peut monter jusqu’à 4, 5 et 1 pour 1000, au lieu de 1,7, chiffre normal. 11 y a hypersécrétion dans l’ulcère simple de estomac, dans les crises gastriques des ataxiques, dans a gastrite chronique. La diminution ou la disparition de 1 acide chlorhydrique a été parfois constatée dans la dégénérescence amyloïde des vaisseaux de la muqueuse stomacale, et dans la gastrite alcoolique, mais c’est surtout dans le cancer de l’estomac que la disparition de
l'ebove. Suc. mid. des Mp., 28 janvior 1337. i. I. opine. Soc. m(d. des hop., 28 janvier 1S87.
MALADIES DE L'ESTOMAC
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l’acide chlorhydrique est presque la règle. Cette disparition vient probablement de ce que le suc gastrique est modifié par le suc cancéreux (expériences de Riegel), et pour certains auteurs (Rosenbach), l'absence de l’acide chlorhydrique ne s’observerait que dans les cas où le cancer est ulcéré.
De cet exposé il faut conclure que l’absence de l’acide chlorhydrique n’est pas une preuve absolue du carcinome stomacal ; il ne faut pas conclure davantage que la présence de l’acide chlorhydrique exclut absolument l’idée de cancer stomacal, car on a constaté l’acide, même au cas de cancer. Toutefois, en relevant les observations nombreuses où l’absence d’acide chlorhydrique a permis - de redresser des erreurs et d’affirmer un diagnostic incertain, il faut convenir que la recherche de l’acide chlorhydrique nous met en mains un signe précieux dont j’ai plusieurs fois apprécié l’incontestable utilité.
J’ai entrepris quelques recherches sur la toxicité des urines chez les malades atteints de cancer de l’estomac Les observations que je possède ne me permettent pas encore de me prononcer. Toutefois les urines m’ont paru plus toxiques qu’à l’état normal.
; Par cette longue étude critique, j’ai voulu démontrer l’extrême difficulté qu’on éprouve parfois à formuler le diagnostic du cancer stomacal, et je n’en ai pas encore fini avec cette question, car je dois dire quelques mots des dyspeptiques neurasthéniques. Nous avons tous vu ces neurasthéniques à troubles dyspeptiques, à troubles gastralgiques, avec ou sans hyperchlorhydrie, avec ou sans hypochlorhydrie, perdant leur appétit, vomissant, maigrissant, s'affaiblissant, et finissant par être convaincus qu’ils ont un cancer de l’estomac. C’est par l’étude attentive des troubles neurasthéniques qu’on arrive à éloigner chez eux l’hypothèse du cancer.
Après avoir analysé les signes qui permettent le plus souvent de formuler ou de rejeter le diagnostic du cancer stomacal, le diagnostic du siège du cancer doit actuel-
lement nous occuper. Le cancer du cardia se confond geriei alement avec le cancer de Yœsopliage, car le cancer limité au cardia est exceptionnel; les aliments, arrêtés au niveau du point rétréci, sont rejetés bientôt apres leur ingestion, et l’exploralion faite avec la sonde œsophagienne permet de constater le siège et le degré du î éti écissement cancéreux. Le cancer du cardia et la petite courbure est très difficilement accessible au toucher. Le cancer du pylore détermine souvent un rétrécissement de 1 orifice pylorique, et une dilatation consécutive de l’eslomac ; les vomissements alimentaires ne surviennent que longtemps après le repas; l’amaigrissement est rapide et la cachexie précoce; la tumeur pylorique est accessible au toucher et reste fixe dans la même région. Le cancer des courbures et des faces de l’estomac a une marche moins rapide que le cancer des orifices, parce qu il laisse libre le passage des aliments ; les vomissements sont plus rares, l’amaigrissement est tardif, et la cachexie est tente à apparaître. Le cancer de la grande courbure est remarquable par sa mobilité, il se déplace suivant l’état de vacuité ou de réplétion de l’estomac. Dans le cas de giande distension de I estomac, la tumeur cancéreuse peut pi end 1 e dans 1 abdomen les positions les plus variées.
Durée. Traitement. — Le cancer de1 l’estomac a une durée moyenne de un an à dix-huit mois; il peut même durer plusieurs années, s'il respecte les orifices et s’il permet le passage des aliments. Chez les jeunes sujets, audessous de trente ans, la marche est habituellement rapide ‘.La mort est la terminaison fatale du cancer, elle est due aux progrès de la cachexie, aux hémalémèses répétées, à la généralisation du cancer (foie, péritoine, pancréas)8, La perforation de l’estomac et la péritonite, relativement fréquente dans l’ulcère, sont des accidents exceptionnels dans le cancer.
Arrivons au traitement. Les troubles dyspeptiques du
1. Mathieu. Du cancer précoce de l'estomac. Thèse de Paris, 1S81.