A. Goinard. Trait, chirurgical du cancer de l’cs’omar
2. Ücülvc cl Terrier. Acad, de mrd., G août 1S93. — Doyen, loco cil.
MALADIES DE L'ESTOMAC. 610
parce que sa force est inférieure à l’obstacle qu’il doit surmonter; et, bien que la dyspepsie et la dilatation de l’estomac soient toujours associées, c’est la dilatation qui entraînerait la dyspepsie bien plus souvent que la dyspepsie n’entraînerait la dilatation *.
Anatomie pathologique. — L’estomac dilaté ne conserve pas toujours sa forme normale (estomac en bissac) ; sa capacité est telle qu’il peut contenir jusqu’à cinq, dix, quinze et vingt litres de liquide. L’ampliation se fait surtout aux dépens de la grande courbure qui est abaissée.
Les lésions de la couche musculaire sont très variables; on constate l’hypertrophie ou l’atrophie. La dégénérescence amyloïde a été signalée.
La muqueuse est rarement saine, habituellement elle présente des lésions d'inflammation chronique. Au nombre des éléments qui sont contenus dans l’estomac, on trouve fréquemment un cryptogame connu sous le nom de sarcine.
Symptômes. — Suivant les cas, l’appétit est diminué ou exagéré et la soif est ardente; la constipation est la réglé, les digestions sont lentes, pénibles, et fréquemment accompagnées de vomissements.
Les matières vomies sont parfois si abondantes que le malade en rend plusieurs litres dans une journée. Cette enorme déperdition de liquide a pour conséquence une faible quantité d’urine (Kussmaul). Les vomissements sont habituellement muqueux, teintés, d’une odeur intecte, d une saveur amère. Les aliments rejetés avec le vomissement sont souvent ceux qui ont été ingérés deux ou trois jours auparavant. Dans quelques cas exceptionnels on a constaté de véritables hémalémèses. A la constipation succèdent par moments de la diarrhée, des délia cl es. Le malade se plaint rarement de douleurs vives.
L estomac dilaté fait souvent une saillie à la réeion épigastrique. La percussion doit être pratiquée à jeunelle permet de constater une sonorité anormale très 1. Giraudeau. Dilatation de l'cstoraac. Arch. de mtd., mars ISS».
étendue, et en tapotant par quelques petits coups la région de l’estomac, on produit un bruit de clapotage, qu’on peut rendre encore plus évident en taisant avaler au malade un demi-verre d’eau. Le brui! de succussion qu’on provoque en priant le sujet de se secouer un peu vivement est un phénomène de même nature.
On constate souvent des nodosités aux secondes articulations des doigts; ces déformations tiennent à la diathèse rhumatismale, si fréquente chez les gens affectés de dilatation stomacale (Bouchard)1.
Quand la dilatation est de date récente et peu intense, elle ne se traduit que par les symptômes que j’ai énumérés; mais avec les progrès de la maladie, les troubles dyspeptiques, les vomissements, la dénutrition, provoquent un amaigrissement considérable, le malade dépérit, tombe dans le marasme, prend une teinte cachectique, si bien qu’il est souvent difficile, nous l’avons vu au chapitre précédent, de faire le diagnostic entre une dilatation simple et un cancer de l’estomac.
Chez certains individus, la dilatation de l’estomac entraîne une série d’accidents et de complications. Parmi ces complications, je citerai l’hypochondrie, les vertiges, les palpitations, les intermittences cardiaques s, les douleurs d’angine de poitrine, autant de phénomènes qui existent du reste dans bon nombre de dyspepsies. Je citerai encore les crampes, les contractures des muscles fléchisseurs des doigts, les accès épileptiformes, accidents comparables à ceux de l’urémie, et provenant, d'après M. Bouchard, de l’absorption des substances toxiques qui résultent des fermentations anormales élaborées dans l'estomac dilaté. On a signalé également des paralysies, soit isolées, soit associées aux convulsions.
Pour M. Bouchard, la dilatation primitive de l’estomac, avec stase des aliments et fermentations consécutives, a