Bouchard. Soc. mid. des hôpit., 15 juin
2. Barié. Accidents cardio-pulmonaires consécutifs aux troubles gastro-hépatiques. Ile eue de médecine, janvier 1S58.
MALADIES DE L’ESTOMAC
une importance considérable. Et en pareil cas, il ne s’agit pas seulement d’individus ayant un estomac très dilaté, le plus souvent même la dilatation est assez peu accusée. Les fermentations dans ces estomacs dilatés, se produisent en général par diminution de l’acide chlorhydrique qui, normalement, a un rôle antiseptique. Chez ces malades, l’embarras gastrique, et même l’embarras gastrique fébrile, n’est pas rare. C’est dire que la description et le traitement des dyspepsies en général et des gastrites en particulier, se confondent en partie avec la dilatation de l’estomac. Dans ces différents cas, il y a insuffisance stomacale (Elwald).
Comme traitement, on obtient d’excellents résultats du lavage île l'estomac. Les médications conseillées pour les dyspepsies sont applicables à la dilatation stomacale : qu’on veuille donc se reporter au chapitre qui concerne la dyspepsie. On prescrit, suivant le cas, ou la diète lactée ou la diète sèche.
§11. GASTRORRHAQIE. — HÉMATÉMÈSE.
Définition. — Il ne faut pas confondre les mots liérnatêmèse et gastrorrhagie. La gastrorrhagie est l’hémorrhagie de l’estomac, c’est l’hémorrhagie qui se fait à la surface de sa muqueuse ou dans ses parois et qui s’épanche ensuite dans sa cavité, tandis que Vhématémèse n’est qu’un symptôme qui s’applique au vomissement de sang, que ce sang provienne d’une hémorrhagie stomacale, ou qu’il soit déversé dans l’estomac après avoir pris naissance dans une région voisine. On voit donc que l’hématémèse et la gastrorrhagie ne sont pas fatalement associées ; il peut y avoir hémalcmèse sans gastrorrhame et gastrorrhagie sans hématcmèse ; en voici des exemples : un individu rend, par vomissement, une certaine
quantité de sang qui a reflué dans l’estomac, à la suite une épistaxis ou à la suite d’une abondante hémoptysie c est la une hematémèse sans gastrorrhagie ; unVutre individu atteint de cancer ou d’ulcère stomacal a une hémorrhagie de 1 estomac, mais cette hémorrhagie n’est pas
f’intestfn î? 'f e™ent’et san& Passe de l’estomac dans m testin, d ou il est rendu plus tard sous forme de méUena.
\ oilà un exemple de gastrorrhagie sans hématémèse.
Euoiogie. - La gastrorrhagie tient à des causes multiples. Signalons au premier rang, les lésions de estomac, le traumatisme, les contusions, la dilatation
nvanf MgH^’i 3 gas.tnl<r chron>que, les ulcérations et avant tout 1 ulcéré simple et le cancer stomacal. J’ai
insiste sur le mécanisme de l’hémorrhagie dans l’ulcère et dans le cancer ; je n’y reviens pas. Les lésions qui sont un obstacle a la circulation dans le système de la veine porte (alteration des ganglions du hile') déterminent une stase sanguine, avec ou sans érosions stomacales, qui sont parfois suivies d’hémorrhagie ; c’est une des causes de 1 hematemese dans la cirrhose atrophique du foie auxquelles il faut ajouter la rupture de ïarices œsophagiennes. y
Dans trois observations citées par Gallard», des hématemèses toudroyantes ont été causées par la rupture d a»tery*mf» miliaires d’artérioles stomacales, et maintenant que l’attention est appelée sur ce point, il est probable que cette cause se substituera à bien des hémorrhagies stomacales dites essentielles.
La congestion active de l’estomac (fluxion) rend compte des gaslrorrhagies, dites nerveuses (hystérie) et supplémentaires (suppression des règles, des hémorrhoi- ( es). Les gaslrorrhagies qui surviennent dans le cours des; lièvres graves (variole noire, typhus, ictère grave, îevre jaune), sont dues à des altérations du sang et des capillaires.
I. Josins cl 0 rienac. Bnllct. Soc. anal. 18S3, p.U5. *. Un h U. Soc. mid. des hd/iit., 22 février 1884.
MALADIES DE L'ESTOMAC
Symptômes. — La gastrorrhagie est rarement précédée de prodromes; les frissons, la pâleur, la défaillance, la syncope, qui accompagnent les hémorrhagies abondantes de l’estomac, ne sont pas des prodromes, ce sont des symptômes associés à la gastrorrhagie; ils en sont la conséquence, et parfois même l’hématémèse faisant défaut, ils sont le seul indice révélateur d’une hémorrhagie de l’estomac. Les faits de gastrorrhagie sans hématèmèsc méritent d’être bien connus, ils passent souvent inaperçus, ils sont plus fréquents qu’on ne pense. Parfois ils sont les signes avant-coureurs d’un ulcère ou d’un cancer de l’estomac. « Des individus bien portants, dit Trousseau, sont pris tout à coup d’un malaise vague, on les voit pâlir et tomber en syncope. Quelques heures après, ou le lendemain en allant à la garde-robe, ils rendent des matières noires comme de la poix (mélæna); ils conservent pendant quelque temps de la faiblesse, de l’inappétence, de la décoloration des téguments, puis la santé revient. Ces accidents peuvent se répéter à des intervalles plus ou moins éloignés, et restent souvent méconnus, non seulement du malade, mais encore du médecin*. »
Voilà une première catégorie de faits où la gastrorrhagie, accompagnée ou non de pâleur, de défaillance, de syncope, n’est pas suivie d’hématémèse. Ces cas-là sont assez fréquents; bien des gens, atteints de cancer de 1 estomac, n’ont pas un seul vomissement de san" dans le cours de la maladie, et si on examinait avec soin leurs garde-robes, on trouverait fréquemment des selles poisseuses, noires (mélæna), indice de l’hémorrhagie stomacale passée inaperçue.
Habituellement, la gastrorrhagie est suivie d’hématémese. Le vomissement de sang se présente sous des aspects différents. Quelquefois le sang vomi est rouge et fluide, preuve qu’il n’a pas séjourné longtemps dans l’estomac, et qu’il n’a subi aucune altération; plus souvent
t. Trousseau. Clin, mc'd., tome III.
le sang vomi est moitié liquide, moitié coagulé et ressemble à du marc de café, à de la suie délayée dans de l'eau, preuve qu’il a été altéré par son contact avec les aliments et avec les acides de l’estomac. Dans quelques cas les caillots rendus sont énormes. On a dit que le vomissement rouge appartient à l’ulcère plus qu’au cancer; celte distinction rarement vraie est très insuffisante comme élément de diagnostic. La quantité de sang rendu est fort variable; certaines bématémèses sont insignifiantes, et le sang nage sous forme d’une poussière noirâtre (Jaccoud), au milieu de mucosités fluides ou visqueuses , d’autres fois l’hématémèsc est abondante, foudroyante (ulcération d’un gros vaisseau) et peut entraîner rapidement la mort.
Diagnostic. — Comme le diagnostic de la gastrorrhagie repose en grande partie sur l’existence de l’hématémcse et du mélæna, il faut avoir soin, au préalable, d’écarter toute cause d’erreur et d’arriver à cette première conviction, que l’hématémèse ou le mélæna en question sont bien d 'origine stomacale. En effet, il ne faudrait pas regarder comme tels un mélæna issu d’un cancer intestinal, ou une hématémèse due à une épistaxis dont le sang aurait reflué dans l’estomac. L’origine stomacale de l'hémorrhagie étant reconnue, il faut s’enquérir du diagnostic de la cause; la gastrorrhagie est-elle due à une lésion de l’estomac, ulcère ou cancer et alors même que le sujet serait en bonne santé, n’est-elle pas un avertissement éloigné du cancer? Est-elle le résultat d’une lésion du foie (cirrhose atrophique); est-elle provoquée par une fluxion stomacale (hystérie , hémorrhagie supplémentaire)? On ne pourra répondre à ces différentes questions qu’en étudiant avec soin les antécédents du malade et les symptômes qui ont précédé la gastrorrhagie. Cette valeur diagnostique de l’hémalémèse a été longuement discutée à l’un des chapitres précédents, au sujet du cancer de l'estomac.
Traitement. — La glace, les boissons glacées, les
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boissons acidulées et alcoolisées, les astringents, les potions au perchlorure de fer et à l’eau de Rabel,les opiacés à petite dose, l’application de vessies de glace sur l’estomac, les ventouses sèches appliquées en quantité aux membres intérieurs, forment l’ensemble des moyens le plus habituellement employés pour combattre la gastrorrhagie et l’hématémèse.