Robert. Cane, de l'S iliaque. Th. de Paris
MALADIES DE L’INTESTIN
que l’intestin est oblitéré en un point très élevé, au voisinage du duodénum ; le ballonnement du ventre plus accusé au centre de l’abdomen que dans les lianes indiquerait que l’obstacle réside dans l’intestin grêle; le météorisme rapidement généralisé à tout l’abdomen plaide en faveur d'une obstruction du gros intestin, la précocité et l’intensité des symptômes généraux (dépression des forces, péritonisme) s’explique mieux avec une lésion de l’intestin grêle, si riche en plexus nerveux.
Le pronostic de l’occlusion intestinale est toujours redoutable, alors même que les symptômes sont peu intenses et l’obstruction incomplète. L’occlusion par matières stercorales est la seule variété dont le pronostic soit bénin, parce que d’habitude elle cède assez facilement aux moyens employés ; les autres variétés, l’invagination, le volvulus et surtout l’étranglement, doivent être considérées comme fort graves.
Traitement. — Les moyens en usage pour combattre l’occlusion intestinale sont médicaux ou chirurgicaux. Les purgatifs de toute nature, les sels neutres, les purgatifs drastiques (25 grammes d’eau-de-vie allemande), 1 huile de croton tiglium (1 à 2 gouttes en pilules), donnent de bons résultats quand l’occlusion est consécutive à un amas de matières fécales, à une parésie intestinale, à un coude de l’intestin, mais dans d’autres circonstances ils me paraissent plus nuisibles qu’utiles ; il ne faut donc pas les appliquer au hasard à toute occlusion, et surtout il n’en faut pas prolonger trop longtemps l’usage.
Les lavements purgatifs avec le sulfate de soude, le sirop de nerprun, l’infusion de séné, les lavements gazogènes 1 contenant chacun 20 grammes de bicarbonate de soude et 10 grammes d’acide tartrique, et répétés deux ou trois fois dans la même journée, ont donné quelques bons résultats. J’en dirai autant des injections forcées (Can-
1, Gaz. hcbilomad., 1875, n* 53.
tani), injections que l’on pratique au moyen d’une sonde profondément introduite dans le rectum, et reliée par un tube de caoutchouc à un réservoir d’eau placé plus ou moins haut. 1
h électricité, et l’on emploie aujourd’hui les courants continus, est un moyen qui a plusieurs fois réussi, à la condition qu’il soit appliqué dès le début, sans perte de temps, et avant toute complication inflammatoire1 (lavements électriques) .
Le traitement chirurgical de l’occlusion intestinale comprend deux temps : le premier temps consiste à ouvrir 1 abdomen, opération nommée laparotomie (de )ux*âpa, flanc), qui permet de vérifier le siège et la cause de l’occlusion. Le second temps consiste à faire disparaître les causes de 1 occlusion, ce qui nécessite, suivant le cas, des manœuvres chirurgicales diverses, telles que le redressement de l’intestin (volvulus), le déplissement de 1 invagination, la section d’une bride ou d’un anneau (étranglement), l’incision de l’intestin (corps étranger),
1 excision de l’intestin avec section des deux bouts°(réti écissement), et, le plus souvent, la création d’un anus artificiel.