Duplay. Arch. de mcd., novembre
CGO
l’intestin, au développement d’une tumeur dans ses parois, etc. ; ces assertions ne sont pas toujours vraies, et il n’est pas rare de voir les accidents apparaître avec toute la brusquerie d’un étranglement, alors qu'il s’agit d’une occlusion consécutive à un cancer de l’intestin1; c’est un fait dont j’ai plusieurs fois été témoin.
Néanmoins, il faut dire que le diagnostic de la cause est possible dans certains cas. Si l’occlusion survient chez un malade atteint depuis quelque temps d’alternatives de diarrhée et de constipation, de mélæna, d’amaigrissement, on pensera à un cancer intestinal, alors même que la tumeur ne serait pas appréciable par le toucher rectal ou par le palper abdominal. Si l’occlusion survient brusquement, dans le cours d’une bonne santé, avec douleurs très vives, vomissements rapidement fécaloïdes, constipation absolue, on supposera un étranglement interne de l’intestin ou un volvulus. Si le début est moins brusque, les douleurs moins vives, les vomissements fécaloïdes moins précoces, si la suppression des selles est plus lente à s’établir, si l'on constate un empâtement limité en un point de l’abdomen, il est probable qu’on a affaire à une invagination. Si les symptômes de l’occlusion ont été précédés par une constipation opiniâtre, si la palpation de l’abdomen permet de constater dans les régions du cæcum ou de l’S iliaque une masse molle et pâteuse, non douloureuse, on affirmera la présence de tumeur stercorale.
Reconnaître le siège de la lésion est encore un diagnostic difficile. Il faut toujours pratiquer le toucher vaginal et le loucher rectal, et remonter aussi haut que possible dans le rectum, ce qui permet souvent de constater un rétrécissement cicatriciel, un cancer, une tumeur stercorale, une invagination de cette région. Le siège initial de la douleur est un signe précieux, mais incertain; l’absence de vomissements fécaloïdes prouverait