CANCER DU PÉRITOINE. — PÉRITONITE CANCÉREUSE
Le cancer du péritoine est primitif ou secondaire. Le cancer secondaire est consécutif au cancer de tous les organes abdominaux, estomac, intestin, voies biliaires, utérus, etc. Le cancer primitif débute généralement par l’épiploon; il est constitué par les différentes variétés : encéphaloïde, squirrhe, colloïde, sarcome ‘. Le carcinome colloïde (xôUa, colle, e!8oç, forme), encore nommé gélatiniforme ou muqueux, mérite d’attirer spécialement notre attention. Il prend parfois des dimensions considérables, il envahit l’épiploon, le mésentère, le méso-côlon et le péritoine dans presque toute son étendue. Le ventre prend alors de telles proportions que le cancer colloïde simule un kyste de l’ovaire.
Les carcinomes secondaires du péritoine débutent au contact de l’organe cancéreux, sous forme de nodosités et d’infiltration ; ils se propagent par la voie des veines et des lymphatiques et se généralisent à une grande partie de la séreuse, où ils apparaissent sous forme de granulations et petites tumeurs du volume d’un grain de millet à un grain de raisin.
« Toutes ces néoformations reproduisent exactement la structure de la tumeur primitive » (Cornil elRanvier).
Les carcinomes du péritoine sont accompagnés d’inflammation plus ou moins intense du péritoine. Tantôt il ne s’agit que de quelques exsudais fibrineux avec production de liquide citrin, tantôt la péritonite cancéreuse est franchement accusée, il y a des adhérences nombreuses entre les feuillets du péritoine et entre les organes abdominaux ces néomembranes sont vasculari-
1. Kelscli et Vannebroucq. D,:ux cas de .sarcome du péritoine (Pr^ grès mid., 1881, n*38). y ‘oincypio.
sées, parfois hémorrhagiques, et souvent envahies par la production cancéreuse. Le liquide péritonéal peut être très abondant, il a généralement une teinte hémorrhagique.
Lorsqu’un clapier cancéreux s’ouvre dans le péritoine (cancer de l’utérus et de ses annexes), il n’est pas rare d’assister au développement d’une péritonite aiguë purulente.
§ 4. ASCITE.
Étiologie. — L 'ascite est l’hydropisie du péritoine; elle est primitive ou secondaire1. L’ascite primitive, celle qui survient sous l’influence du froid, ou sans cause apparente, a été alternativement admise et rejetée par les auteurs; et, bien qu’elle soitexceptionnelle.elle doit être définitivement acceptée. L’ascite secondaire est consécutive à des troubles mécaniques et à des troubles dyscrasiques. L’ascite s’observe à tous les âges, même chez le jeune enfant*. Les troubles mécaniques sont ceux qui opposent un obstacle à la circulation dans les vaisseaux portes, cirrhose atrophique du foie, pyléphlébite, tumeurs du péritoine, tumeurs du foie, de la rate, du pancréas, du mésentère3. Les troubles dyscrasiques sontceux qu’on observe dans la maladie de Bright et dans les cachexies.
Il y a une variété d’ascite qu’on a nommée ascite chyleuse et qui résulte d’une lésion ou d’un obstacle siégeant sur les vaisseaux chilifères, sur les ganglions ou sur le canal thoracique*.
Anatomie pathologique. — La quantité de liquide épanché dans le péritoine peut atteindre 15 et 20 litres; on a même cité des cas de 50 litres et au delà. Le liquide