‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 423 sur 492 · Laborde. Bullet. de thérapeut., 1874, 2* série · texte numérisé non relu

Laborde. Bullet. de thérapeut., 1874, 2* série

brusque : tout à coup, le sujet se plaint de vives douleurs qui irradient en plusieurs points : au creux épigastrique (point épigastrique), autour de l’ombilic, à l’hypochondre droit, à l’épaule droite, et à l’extrémité inférieure de l'omoplate du même coté ( point scapulaire) . Ces douleurs acquièrent rapidement une vive intensité, certains malades souffrent tellement, qu’ils poussent des -cris aigus, se roulent dans leur lit et cherchent, par les positions les plus variées, à calmer leurs souffrances. Les douleurs ne sont pas continues, elles se suivent à intervalles plus ou moins rapprochés et constituent l'accès de colique hépatique. L’accès dure en moyenne de six à douze heures, bien qu’il puisse persister plusieurs jours; il est habituellement apyrétique, parfois cependant la fièvre apparait au cours de la colique hépatique normale.

La colique hépatique est accompagnée de vomissements qui sont d’abord alimentaires si la colique éclate peu de temps après le repas, et qui deviennent ensuite glaireux et bilieux. En général, l’accès cesse brusquement et le malade éprouve une délicieuse sensation de bien-être. C’est une preuve, ou bien que le calcul est retombé dans la vésicule après avoir inutilement essayé de franchir le canal cystique, ou bien qu’il est arrivé dans le duodénum après une pénible migration à travers les canaux. La fin de l’accès est souvent accompagnée de l’émission d’urines abondantes et claires comme de l’eau (urines nerveuses). Pendant l’accès, le foie est souvent augmenté de volume, et la région de la vésicule biliaire est extrêmement sensible à la pression.

Le tableau que je viens d’esquisser est celui des accès violents, mais il s’en faut que la colique hépatique ait toujours la même intensité ; il est même fréquent que les gens atteints de lithiase biliaire se plaignent simplement de crampes d’estomac, qu’on serait tenté de mettre sur le compte d’une gastralgie et qui sont en réalité des coliques hépatiques rudimentaires. La teinte subictérique qui suit souvent ces prétendues crampes d'estomac explique la nature et l’origine du mal.

L’ictère est un symptôme fréquent de la colique hépatique, mais pour que l’ictère se produise il faut que le calcul oblitère complètement et pour un temps suffisant le canal cholédoque. Il en résulte un ictère par rétention qui apparaît quelques heures ou le lendemain après la colique hépatique. Si l'oblitération du canal cholédoque dure assez longtemps, les matières fécales se décolorent et prennent un aspect blanchâtre, argileux, qui est dû en partie à l’absence de la bile, en partie à la présence des graisses non émulsionnées par la bile. Les urines sont fortement chargées de pigment biliaire et ont une teinte acajou caractéristique. Toutefois 1 ictère n est pas constant, il s’en faut, car sur quarante-cinq cas de coliques hépatiques, analysées par M. Wolff, et où les calculs biliaires avaient été constatés dans les garde-robes, 1 ictère a fait défaut vingt-cinq fois, ce qui prouve que le calcul peut cheminer péniblement à travers le cholédoque sans toutefois l’oblitérer. Il faut ajouter que la teinte ictérique est parfois très peu prononcée et pourrait facilement

passer inaperçue. . .

Telle est la description de la colique hépatiqued origine calculeuse; si l’on a soin d’examiner les garde-robes en les passant au tamis, on y retrouve le calcul ou les calculs qui ont provoqué les accidents, à moins toutefois que le calcul engagé dans le canal cystique ne soit repassé dans la vésicule du fiel ou n’ait été refoule du duodénum dans l’estomac et rejeté par vomissement, ce qui est extrêmement rare1. Les calculs n apparaissent quelquefois dans les matières fécales que trois à cinq jours après l’attaque. Le syndrome de la colique hépatique peut également être produit par des lombrics, par des hydatides engagés dans les canaux excréteurs, mais ce sont là de très rares exceptions.

Complications. — La colique hépatique est quelquefois accompagnée de complications. On a signale, au moment même de l’accès, la rupture des canaux rjs îqut

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