Joltroy. Mém. Soc. biolog., 1869. p
rupture d’un kyste hématique développé à l’intérieur d’une nodosité cancéreuse1.
Le cancer primitif du foie dans sa forme massive offre un tableau un peu différent. Ici, comme dans le cancer secondaire, les troubles dyspeptiques, anorexie, nausées, météorisme, ouvrent la scène, les douleurs à l’hypochondre droit ne sont pas rares, mais l’ascite, la dilatation des veines abdominales sous-cutanées et l’ictère font presque toujours défaut. Le signe dominant, c’est l’ hypertrophie du foie, qui est habituellement considérable, mais cette hypertrophie se traduit par un foie qui est dur, lisse, à bord tranchant, qui ne présente ni les bosselures ni les déformations qu’on retrouve dans le cancer secondaire. Un autre symptôme, fort important lui aussi, c’est 1 ’acholie ou 1 ’hypocholie : le foie fabrique peu de bile, parce que ses cellules sont en grande partie transformées en néoplasme; aussi les matières fécales sont-elles grises, presque décolorées, putréfiées et fétides. Les anses intestinales sont distendues par des gaz. Lamême cause, la transformation de la glande, qui crée l’acholie, s’oppose à la production de l’ictère. « L’ictère, dans ces conditions, est presque irréalisable alors même que les conduits excréteurs de la bile seraient comprimés et obturés » (Gilbert). Quoique cette acholie (acholie par sécrétion) ne soit pas absolument spéciale au cancer massif du foie, elle n’en a pas moins une grande valeur. Elle réalisele type de l’acholiepar trouble de sécrétion 4, dans laquelle la décoloration des matières fécales coïncide avec l’absence d’ictère; elle est bien différente de la fausse acholie ou acholie par trouble d’excrétion, par obstruction du canal cholédoque, dans laquelle la décoloration des matières fécales est accompagnée d’une teinte ictérique de la peau et des urines.
Les urines sont rares, elles ne contiennent jamais d’albumine, mais elles sont pauvres en urée, ce qui tient
1. Rendu. Dict. sc. mèd., art. Foie. Série 4,t. III, p. lRi>-
2. Hanot. Contribution à l'élude de l'acholie (Arch. dcméd.,,\ anvier 188a).
d’une part aux lésions du foie, d’autre part à l’inanition (Robin) '.
Les œdèmes cachectiques, la phlébite oblitérante, la diarrhée, s’observent dans toutes les formes du cancer.
Dans le cours du cancer hépatique, on constate parfois un symptôme d’une grande importance, c’est la fièvre. La fièvre revêt le type rémittent (Monneret) ou intermittent avec accès vespéral1 2 ; elle est due tantôt à la périhépatite, tantôt à des poussées de vraie hépatite. Ce cancer fébrile se termine très rapidement par la mort ; je viens d’en observer deux cas.
Diagnostic. —Le diagnostic du cancer du foie est surtout difficile quand il est primitif, massif, car il a plusieurs signes communs avec le foie amyloïde, avec certaines formes de cirrhose hypertrophique, avec les kystes hydatiques.
La dégénérescence amyloïde du foie détermine une hypertrophie considérable et lisse du foie, avec absence d’ictère et d’ascite, tout comme le cancer massif, mais elle en diffère par l’hypertrophie de la rate, par la présence de l’albumine dans l’urine, et par les conditions pathogéniques (scrofule, suppurations prolongées) au milieu desquelles la maladie s’est développée.
La cirrhose hypertrophique biliaire présente, comme le cancer massif, une hypertrophie énorme et lisse du foie, sans ascite et sans dilatation des veines abdominales, mais elle en diffère par sa marche très lente, par la polycholie et par l’ictère persistant qui accompagne la maladie dès son début.
Les kystes hydatiques du foie présentent, comme le cancer massif, une tumeur volumineuse et lisse, avec absence d’ascite et d’ictère, mais ils dilfèrent du cancer par les considérations suivantes : dans le kyste hydatique le foie n’est pas uniformément développé, il est tuméfié