Gilbert, Cancer primitif du foie, 1886, p
■I. Lancereaux. Les cirrhoses secondaires (Union méd., 1S86, p. 817 2‘ volume).
5. Sabourin. Lésions du parenchyme hépatique dans la cirrhost Cssai sur l'adénome du fuie. Th. de Paris, 1881.
la cirrhose la première par ordre chronologique et considère l’adénome comme une complication de la cirrhose ou comme un accident au cours de la cirrhose. Nous ne pouvons accepter ni l’une ni l’autre de ces explications : celle de M. Lancereaux, qui serait soutenable s’il s’agissait toujours de la coexistence avec la cirrhose de nodosités néoplasiques disséminées dans la totalité du foie, ne saurait rendre compte des faits dans lesquels avec la cirrhose coexistent seulement quelques nodosités néoplasiques: celle de M. Sabourin tombe devant ce fait que l'adénome peut exister sans cirrhose. Avec MM. Kelch et Kiener1 nous admettons le développement simultané de la cirrhose et de l’adénome; nous croyons que ces deux processus résultent de l’action du même agent irritatif sur le tissu conjonctif et sur l’épithélium hépatique, et de même que la cirrhose peut évoluer seule, de même aussi, par exception sans doute, l’épithéliome trabéculaire peut se développer isolément2. » Ce processus simultané de la cirrhose et de l’adénome est nettement indique dans un cas qui a été observé dans mon service3.
L’envahissement des lymphatiques et des ganglions s’effectue rapidement dans l’épithéliome alvéolaire, tandis que l’épithéliomc trabéculaire envahit les veines et respecte les lymphatiques.
d. La compression des vaisseaux portes par la tumeur cancéreuse est une cause d’ascite; la compression des conduits extérieurs de la bile au niveau du hile du foie est une cause d'ictère.
Entre le foie cancéreux et les organes voisins s’établissent des adhérences fréquemment envahies par le cancer.
1. Kelch et Kiener. Contrib. A l'étxule de l'adénome du foie (Arch. de physiol., 1876, p. 637).
2. Ilanot et Gilbert. Élude sur les maladies du foie, t. I, p. 47.
3. Le processus delà cirrhose et de l'adénome, au lieu d’être successif, parait en efTet simultané dans cette observation. Girandeau et Legrand. Adénome du foie et du rein gauche (Gaz. hebdomad.. 14 janvier 1887).
Les causes du cancer hépatique sont aussi obscures que les causes du cancer en général ; la prédisposition héréditaire joue un grand rôle, et, bien que le cancer du foie soit une maladie de l’àge avancé, on l’observe néanmoins assez fréquemment chez l’adulte et même chez l’enfant.
Symptômes. — Tantôt le cancer secondaire du foie se présente comme un épiphénomène tardif, aux périodes avancées des cancers de l’estomac, de l’intestin, du rectum, et le malade succombe avant que la lésion hépatique se soit révélée par des symptômes spéciaux; tantôt, au contraire , le cancer de l’estomac, de la vésicule biliaire ou de l’intestin, ne s’annonce encore que par des symptômes indécis, quand un cancer hépatique se déclare et marche avec une telle rapidité, qu’il attire sur lui toute l’attention. Enfin, il est des cas, rares il est vrai, où le cancer hépatique est primitif. Dans ces différentes hypothèses, quels sont les symptômes, quels sont les signes qui permettent de reconnaître le cancer du foie ?
Occupons-nous d’abord du cancer secondaire. 11 débute souvent par une période latente, et certains malades ont déjà un cancer avancé (hypertrophie et bosselures du foie, état cachectique) sans en avoir éprouvé des symptômes manifestes. Parmi ces symptômes, les troubles digestifs ouvrent la scène ; c’est un état dyspeptique avec sécheresse de la bouche, perle d appétit, dégoût de la viande, ballonnement du ventre, garde-robes fétides. Jusque-là, rien de signiticatif. Le malade se plaint de pesanteur, de sensibilité, de douleurs sourdes à l’hypochondre droit. Les douleurs aiguës font défaut, à moins de complication de périhépatite. L ictère est fréquent; on l’a noté 39 fois sur 91 cas (Frerichs) ; cet ictère varie depuis la teinte légère subictérique jusqu à 1 ictère foncé et permanent; il est dû à des causes multiples . catarrhe des voies biliaires, compression des canaux biliaires dans le foie, compression des canaux excréteurs au niveau du hile. L’ascite est fréquente, mais moins abondante que
l’ascite de cirrhose; elle est due à des causes diverses : bouchons cancéreux qui obstruent les gros troncs de la veine porte, péritonite partielle qui se développe au niveau du foie, nodosités cancéreuses qui envahissent le péritoine et l’épiploon; dans ce dernier cas, le liquide ascitique est souvent coloré par des hémorrhagies partielles. Le mélæna est assez fréquent quand le cancer atteint les voies biliaires, vésicules et canaux (Hanot).
On observe assez souvent la dilatation des veines abdominales sous-cutanées.
Le foie est augmenté de volume dans les quatre cinquièmes des cas (Lebert) ; parfois même il prend de telles proportions qu’il arrive à peser 6 et 8 kilogrammes. 11 déborde les fausses côtes, il forme un énorme relief sous la paroi abdominale, il atteint ou dépasse la région ombilicale et empiète sur le flanc gauche. Quand il est formé de grosses nodosités, ce qui est l’usage, sa face supérieure est dure, inégale et bosselée; son bord tranchant, au lieu d’être lisse et mince, devient mousse et irrégulier. Dans certains cas le développement du cancer est si rapide que d’une semaine à l’autre on constate un accroissement considérable.
La rate conserve son volume normal, elle n’est jamais hypertrophiée : c’est là un signe négatif fort important.
A mesure que la maladie progresse, les symptômes généraux augmentent d’intensité : l’émaciation, la perte des forces, la teinte anémique des téguments, la diminution graduelle des globules rouges du sang, les œdèmes périphériques, constituent la cachexie cancéreuse, et le malade meurt en quelques semaines, en deux mois, si la marche du cancer est aiguë, en six ou huit mois, si sa marche est chronique. 11 meurt, soit du fait de la cachexie, soit du fait de complications telles que : péritonite subaiguë, troubles cérébraux1 et hémorrhagies multiples, symptômes d 'ictère grave; abaissement de température*.