‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 458 sur 492 · Laboulbène. Anatomie pathologique, p · texte numérisé non relu

Laboulbène. Anatomie pathologique, p

longement qui fixe l’animal à la membrane germinative. Quand ce prolongement se rompt, l’animal tombe dans le liquide du kyste.

Le liquide du kyste hydatique est transparent comme de l’eau de roche, d’où le nom de ces kystes (ùSiviç, de iiôtùp, eau). La quantité du liquide varie de quelques grammes à plusieurs litres. On y découvre au microscope des crochets d’échinocoques: il contient du chlorure de sodium, mais pas d’albumine. La présence de l’albumine dans ce liquide indique, d’après Guider, la mort des hydatides, et si l’albumine l'ait défaut pendant la vie des hydatides, c’est quelle sert à leur nourriture, et qu’elle est absorbée à mesure qu’elle se produit (Gubler).

Anatomie pathologique. — L’anatomie pathologique des kystes du foie se confond en partie avec l’évolution du kysle et avec ses divers modes de terminaison, telles que : perforation, ruptures, fistules, transformations diverses : l’anatomie pathologique sera donc faite au cours de la description.

Symptômes. — Pendant la première période de son évolution, quelquefois pendant bien des mois, tant que le kyste hydatique n’a pas atteint un certain développement, il ne révèle sa présence par aucun symptôme bruyant, et môme, quand il est devenu volumineux, certains sujets vous disent qu’ils ne s’étaient aperçus de rien, sinon que leur ventre grossissait. Et cependant, avant que le kyste arrive à provoquer des troubles sérieux, il y a parfois des symptômes qui passent souvent inaperçus, et que je regarde comme très importants, parce qu’ils permettent d’arriver au diagnostic à une époque où la tumeur hydatique est encore peu apparente. Ces symptômes sont : la douleur de 1 épaule droite, 1 apparition d’une urticaire, le dégoût des matières grasses et le développement d’une pleurésie droite.

La douleur de /’ épaule droite et de la région de l’omoplate, si fréquente dans quelques atlections du foie, m a paru presque conslanle dans le cas de kyste hydatique,

surtout quand le kyste se rapproche de la face supérieure du foie.

L’apparition d’une urticaire est un symptôme tort curieux; je ne parle pas de l’urticaire qui survient souvent après la ponction aspiratrice du kyste, et qui m occupera dans un instant, mais je fais allusion à ces éruptions ortiées qui apparaissent pendant l’évolution du kyste hydatique, et dont j’ai pu recueillir cinq observations1.

j’ai plusieurs fois constaté un autre symptôme qui parait accompagner le kyste hydatique à une période encore peu avancée de son évolution, cest le dégoût des matières grasses. Chez un malade, ce dégoût durait depuis deux ans, et à un tel point, que plusieurs lois il avait ordonné chez lui de surveiller un peu mieux la graisse et le beurre employés dans la cuisine. J’ai cité ailleurs2 d’autres observations analogues : ainsi une femme, atteinte de kyste hydatique, éprouvait dès le début de sa maladie le dégoût des aliments gras; après ses repas, elle était prise de régurgitation, et sans nausées, sans efforts, sa bouche se remplissait des parties grasses de l’alimentation qu’elle rejetait avec sa salive. Chez une autre malade, celte régurgitation des matières grasses était si marquée au début de sa maladie, qu’elle les rendait aussitôt après ses repas; ses crachats prenaient sur le papier l’apparence d’une tache d’huile, et elle comparait sa salive à ce qu’on nomme vulgairement les yeux du bouillon. Ce symptôme exista seul, pendant plusieurs semaines, à l’exclusion de tout autre trouble digestif, puis il disparut avec les progrès de la maladie.

Les pleurésies secondaires, sèches ou avec épanchement, qui accompagnent parfois les tumeurs des organes abdominaux (rein, rate, foie), sont également applicables aux kystes hydatiques du foie ; elles sont signalées par

1. Dieulafoy. Les kystes hydatiques et leur traitement (Gaz. hebdom. 1877, n" 30).

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