Sabatié. Tum. de $ méning. encéph, Th. de Paris
forme quelquefois des tumeurs volumineuses qui sont dues à une agglomération de granulations; le centre de la tumeur passe à l’état caséeux, souvent il y a crétitication .
La syphilis engendre des tumeurs diverses, tumeurs osseuses et périostiques, syphilome infiltré, gommes, qui seront étudiées au chapitre suivant avec la syphilis cérébrale.
Les parasites sont rares dans le cerveau, on y rencontre surtout l’échinocoque et le cysticerque1. Les anévrysmes occupent les artères de la base, et notamment le tronc basilaire3.
Les tumeurs du cerveau, en comprimant les veines et les artères du voisinage, déterminent des lésions secondaires, telles que thromboses des sinus, œdème, hydrocéphalie, ramollissement cérébral, etc. ; il en résulte des variétés nombreuses dans l’exposé des symptômes.
Description. — Disons d’abord qu’il y a des tumeurs cérébrales qui restent longtemps silencieuses, à la condition qu’elles se développent lentement dans des régions dites tolérantes (Jaccoud), telles que la masse blanche hémisphérique des lobes postérieurs et les corps opto1 striés. Mais cette tolérance est loin d’être constante, cl, du reste, telle région qui est tolérante quand elle est lentement envahie par une tumeur, ne l’est plus quand la lésion hémorrhagie ou ramollissement survient brusquement.
Il est d'usage, dans les traités de pathologie, de consacrer un chapitre à la description des tumeurs cérébrales ; j’avoue que cette description livrée à une vue d'ensemble me paraît impossible : le siège de la tumeur modifie à tel point la description des symptômes, et d’autre part la physiologie de certaines opérations cérébrales est encore si mal connue, qu’une étude méthodique de cette question ne peut, être tentée pour le moment; ce qu’on peut
1. Viry. Cysiicerquet du cerveau. Th. de Strasbourg, 1867. — Guéneau. Kystes hydatiques du cerveau. Th. de Paris, 1S93.
2. Gouguenheim. Anivr. de ta base du cerv. Th. de Paris, 1866.
MALADIES DE L'ENCÉPHALE
l'aire, c’est grouper les symptômes et les diviser en deux classes : les uns, sous le nom de symptômes diffus, qui ne sont pas exclusivement subordonnés au siège de la lésion, et qui résultent d’une excitation directe ou réflexe; les autres, symptômes de foyer, qui sont en rapport avec la localisation de la lésion» et qui aident au diagnostic topographique de cette lésion.
A. Symptôme diffus. — Les symptômes diffus apparaissent généralement les premiers, et ils peuvent n’avoir aucun rapport constant avec le siège de la tumeur ; les plus importants sont la céphalalgie, le vertige, les vomissements, les fourmillements des extrémités, les troubles intellectuels. La céphalalgie s’observe dans la moitié des cas (Bail et Krishaber), elle est générale ou partielle, parfois intermittente et paroxystique ; elle peut durer des semaines et acquérir une extrême intensité; la violence de ses exacerbations nocturnes est souvent un indice de syphilis. Les vomissements d’origine cérébrale ont pour caractère de se faire sans effort, sans nausées, sans douleurs gastriques; ils sont alimentaires ou simplement liquides*.
Les vertiges et les étourdissements se présentent sous diverses formes : le sujet se plaint de vague cérébral, d’un état vertigineux continu, ou de vertiges qui surviennent par accès plusieurs fois par jour.
Ces différents symptômes, céphalalgie occipitale, vomissements, vertiges, sont très fréquents dans les tumeurs cérébelleuses.
B. Symptômes de foyer. — Les paralysies sont des symptômes de foyer; leur apparition est tantôt lente et graduelle, tantôt rapide; leurs caractères sont subordonnés au siège et à l’étendue de la tumeur,' et les aspects multiples qu’elles présentent peuvent se grouper dans les catégories suivantes :
1- Cette division a été proposée par M. Jaccoud, dans son remarquable article sur les Tumeurs de l’encéphale. Pathologie, 1. 1, p. 321.
2. Du vomiss. dans les malad. du cerv. H. Mollière. Lyon, 1874.
1» Hémiplégie, a. L’hémiplégie totale des membres et de la face, analogue à l’hémiplégie de l’hémorrhagie cérébrale, est ici une variété fort rare ; l’hémiplégie des tumeurs cérébrales est moins complété, (( moins pure, moins méthodiquement circonscrite, moins systématique que les hémiplégies vulgaires » (Fournier).
b. L’hémiplégie partielle (étudiée à l’article syphilis cérébrale), localisée à un bras (monoplégie) ou à un bras et à la face, est assez fréquente; elle résulte presque toujours d’une lésion qui siège en un point déterminé de
la zone corticale motrice1.
c. L’hémiplégie croisée ou alterne, celle qui porte d un côté sur les membres, et du côté opposé sur un ou sur plusieurs nerfs crâniens, résulte d’une tumeur du mésocéphale, ou de plusieurs tumeurs, diversement situées, ou d’une tumeur qui serait assez volumineuse pour comprimer à la fois l’hémisphère cérébral et l’un des nerfs crânions.
d L’hémiplégie accompagnée d'hémianesthésie ou d'hémichorée indique que la tumeur atteint la partie la plus reculée du segment postérieur de la capsule interne. La contracture permanente faisant suite à la paralysie prouve nue la tumeur alésé le faisceau pyramidal en un point de son trajet ou à son passage dans les deux tiers antérieurs
du segment postérieur de la capsule interne.
Les différentes variétés d’hémiplégie que je viens d énumérer* ont rarement le début soudain des hémiplégies de l’hémorrhagie et de l’embolie cérébrales ; elles sont habituellement précédées de céphalalgie, d ébauches de paralysie, de fourmillements du pied ou de la main, d engourdissement, de faiblesse. Au nombre des tumeurs qui leur donnent naissance il faut placer en première ligne les gommes syphilitiques méningées ou cerebrales; lhe-
1 Bravais. Thèse de Paris, 1827. -Charcot. Êpileps. part, syphilil.
h de Paris,
phû, cérébr., p. 412. -Bernheim. Syphxi. du cerv. Th. de Paris, 18 -.
mîplégie syphilitique est, on le sait, un accident frequent de Pla période tertiaire, mais elle n’est pas rare, il s en faut, dès la première et la seconde annee de 1 infection syphilitique1. Il est vrai que la syphilis peut determinei l’hémiplégie, avec ou sans apoplexie, avec ou sans aphasie, par différents processus; qu’il s’agisse de gomme, de méningite scléro-gommeuse, de compression vasculaire, d’artérite oblitérante et de ramollissement cérébral consécutif. ,... .
2° Paralysiedes nerfs crâniens. Il y a diverses modalites . la paralysie peut atteindre un seul nerf, plusieurs neris à la fois, ou se limiter à l’une des branches d un neit crânien (paralysie dissociée). Pour expliquer une paralysie limitée à une partie du nerf, il y a deux hypothèses . dans l’une la lésion atteint l’une des branches nees du tronc commun, c’est une paralysie périphérique ; dans l’autre la lésion atteint la branche nerveuse à son origine, avant qu’elle soit réunie au faisceau commun, ccst une paralysie centrale ; ainsi 1 hémiplégie faciale incomplète peut être due à une tumeur corticale2 des circonvolutions motrices : la paralysie du nerf moteur oculau e commun, qui ne se traduit parfois que par un de ses symptômes, la chute de la paupière supérieure, peut êti e 1 indice d'une tumeur siégeant à la partie postérieure du lobe pariétal du côté opposé3 4, la ptose d origine cérébrale
étant croisée.
La syphilis cérébrale est une cause fréquente de paralysie des nerfs crâniens ; les nerfs le plus souvent envahis sont, par ordre de fréquence : le moteur oculaire commun \ le moteur oculaire externe, le pathétique, le facial, etc. Ces paralysies syphilitiques ont généralement