Abadie. Névrite optique symptomatique des tumeurs cèrébr
( Union méd., 24 nov. 1874). — Th. d’agrégation, 1880.
3. Bravais. Thèse de Paris, 1827. — Charcot. Épileps. part ■ syphilit.
ilal. du sysl. nerv. t. Il, p. 542.
MALADIES DE L’ENCÉPUALE. 159
mère et des régions corticales, sont les causes les plus habituelles des convulsions épileptiformes; cette épilepsie syphilitique sera étudiée plus loin.
Je viens d’énumérer les symptômes les plus communs des tumeurs cérébrales, il en est d’autres qui, pour être plus rares, n’en ont pas moins une grande importance : ce sont l’aphasie, le ralentissement exagéré du pouls, la syncope, les attaques apoplectiformes, le coma, la manie.
“ L’ aphasie est transitoire ou permanente, elle apparaît seule, ou est associée à des troubles hémiplégiques; elle peut même se montrer comme un phénomène isolé au début d’une syphilis cérébrale1 2 *. L’aphasie des tumeurs cérébrales est généralement due à la compression de l’artère nourricière de la troisième circonvolution frontale.
Le coma est une des manifestations les plus curieuses des tumeurs cérébrales, et je ne parle pas seulement du coma qui suit les attaques épileptiformes et apoplectiformes, ni du coma qui est associé aux troubles graduels et croissants de l’œdème cérébral et de l’hydrocéphalie; mais je fais allusion à ce coma précoce qui survient parfois brusquement, notamment dans les lésions cérébrales syphilitiques, et qui en est comme une manifestation isolée4, bien faite, quand on n’en est pas prévenu, pour dérouter le diagnostic.
Diagnostic. Pronostic. Traitement. — Après ce qui vient d’être dit sur l’évolution des tumeurs cérébrales et sur la multiplicité des accidents qu’elles produisent, on voit qu’elles sont généralement annoncées par des symptômes précurseurs, tels que vertiges, céphalalgie, vomissements, convulsions épileptiformes, épilepsie partielle, et confirmées par des troubles paralytiques, hémiplégie incomplète, amaurose, paralysie des nerfs crâniens. Mais
1. Bourceret et Cossy. Bull, de la Soc. anat., 9 mai 1873. — Tarnowsky. De l'aphasie syphilil. Paris, 1870.
2. Mercier. Syphilis cérébr. avec accid. comateux. Thèse de Pari*
1875. — Fournier. Syph. cëréb., p. 137.
il est des cas où l’explosion des accidents (aphasie, coma) défie toute espèce de prévision, et le diagnostic présente alors de sérieuses difficultés. Les conditions habituelles du développement des tumeurs ne sont réalisées ni dans l’hémorrhagie ni dans l’embolie cérébrales; elles ont plus de similitude avec les symptômes du ramollissement cérébral par artérite oblitérante et par athérome. Il y a néanmoins cette différence que les symptômes de la période prodromique sont moins fréquents, moins accusés, tandis que les troubles intellectuels sont souvent plus marqués dans le ramollissement athéromateux que dans les tumeurs encéphaliques; de plus, l’athérome cérébral est parfois associé à un athérome généralisé (aorte, artères radiale, fémorale, etc.), ce qui n’est pas sans valeur pour le diagnostic.
Dans tous les cas, on aura soin d’interroger avec soin les antécédents des malades, afin d’être édifié, s’il y a lieu, sur la nature syphilitique de la tumeur.
Le pronostic des tumeurs cérébrales est d’une excessive gravité; la plus redoutable est le cancer, la moins mauvaise est la tumeur syphilitique, parce qu’elle cède assez souvent au traitement approprié, traitement qui doit être énergique, ainsi que nous allons le voir au chapitre suivant. Je n’ai pas à m’occuper ici du traitement chirurgical.