Cruveilhicr. Anat.polh. gin., t. IV, p
MALADIES DU POUMON
diées dans ces derniers temps1 2; la granulation tuberculeuse, qu’il s’agisse de tuberculose chronique ou de tuberculose aiguë, peut passer à l'état fibreux. La paroi des cavernes peut être également entourée d’une zone fibreuse qui se continue avec des travées de sclérose pulmonaire, et une partie du sommet d’un poumon peut être ainsi transformée en tissu de sclérose.
Bactériologie. — L’étude du bacille de la tuberculose a été faite au chapitre précédent : je n’y reviens donc ici que brièvement. On trouve les bacilles dans toutes les granulations tuberculeuses, « entre les fibrilles de la fibrine coagulée à l’intérieur des alvéoles et dans le tissu conjonctif épaissi des cloisons ; ils sont surtout nombreux dans les points où les cellules deviennent caséeuses, granuleuses, et où il est difficile de distinguer la limite des alvéoles, c’est-à-dire dans les parties centrales des tubercules* ». Les bacilles existent en quantité dans les caillots intravasculaires, dans la paroi transformée du vaisseau, dans le tissu conjonctif périvasculaire.
On trouve également des bacilles à la surface des cavernes pulmonaires, mais là, le bacille de Koch est toujours associé à d’autres microbes. En effet, c’est une véritable flore qui se développe sur les parois des cavernes ; on y trouve des streptocoques, des staphylocoques, des zooglées, des sarcines, le proteus vulgaris, le proteus mirabilis, le bacille du pus vert, etc. Ces nombreux agents pathogènes ont un rôle des plus actifs : ils détruisent les tissus et ils infectent l’économie, certains provoquent la suppuration et la nécrose, d'autres, parleurs produits de sécrétion, par les toxines qu’ils élaborent, provoquent la septicémie, la fièvre hectique, tous enfin hâtent et complètent le travail de destruction commencé par le bacille.
Plèvre. — Les altérations de la plèvre (pleurésie sèche
1. Thaon. lîech. sur l'anal, palh. de la tubercul. Thèse de Paris, 1873, p. 24. Crancher. Tuberc. pulm. (Arcii. de phys., 1878, p. 18).
2. Cornil et Bahès. Les bactéries, p. 719. — Ilérard, Cornil et llanot.
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MALADIES DE [.'APPAREIL RESPIRATOIRE
ou avec épanchement, adhérences, perforation, pneumothorax), occupent une place importante dans l'histoire de la phthisie pulmonaire. La pleurésie est quelquefois enkystée, limitée au sommet du poumon, interlobaire ou diaphragmatique. Souvent la pleurésie est sèche (fausses mpmbranes et adhérences) ; dans quelques cas il y a un épanchement considérable dont la nature est extrêmement variable; le liquide est séreux, séro-fibrineux, hémorrhagique ou purulent. Ces pleurésies seront étudiées cliniquement aux chapitres consacrés à la pleurésie, j’en résume ici l’anatomie pathologique1. Les fausses membranes fibrineuses, plus ou moins adhérentes, qui tapissent les plèvres tuberculeuses, sont composées de lamelles fibrineuses séparées par des amas de cellules rondes. Dans ces couches superficielles il n’y a pas de bacilles. On rencontre des cellules géantes, des masses cellulaires et des bacilles dans les couches plus profondes, et les vaisseaux de la plèvre offrent souvent dans leur paroi un grand nombre de bacilles. Parfois on trouve des bacilles dans les fentes lymphatiques. Les granulations tuberculeuses siègent à la surface du poumon ou dans la plèvre.
La tuberculose des autres organes (adénopathie bronchique, phthisie laryngée, tuberculose des centres nerveux et tuberculose intestinale, stomacale, rénale, etc.) sera étudiée ailleurs. L’adénopathie tuberculeuse de Vaisselle s’observe parfois dans la tuberculose pleuro-pulmonaire2.
Symptômes. — La phthisie pulmonaire est souvent précédée de prodromes à longue portée ( signes présomptifs) : ce sont des laryngites et des bronchites à répétition, c’est une pleurésie qui date parfois de loin, ou qui s’est, reproduite à plusieurs mois ou à plusieurs années de distance, c’est une hémoptysie qui est survenue sans cause appréciable dans le cours d’une santé en apparence