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Lœwenberg. Union médicale, ISSi

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

Souvent le nez est ensellé, le bout est relevé, l’orilice est agrandi.

Le traitement de l'ozène consiste à faire prendre tous les jours une douche nasale au bichlorure de mercure ; il faut commencer par une solution contenant une partie de sublimé pour 1 0 000 parties d’eau, et renforcer peu à peu la solution. Après la douche, on pratique avec soin sur tout l’intérieur des fosses nasales et du pharynx supérieur des insufflations de poudre impalpable d’acide borique (Lœwcnberg). L’usage du galvano-cautère est parfois indiqué. Au cas de syphilis, il faut instituer le traitement mixte : préparations mercurielles et iodure de potassium.

§ 6. ÉPISTAXIS

Description. — L 'épistaxis (de e-iataïsiv, tomber goutte à goutte) est l’hémorrhagie de la muqueuse nasale. Habituellement insignifiante, cette hémorrhagie est constituée par un écoulement de sang rouge, qui se fait goutte à goutte par l’une des narines, rarement par les deux '. Si l’épistaxis est abondante, et surtout si elle se fait pendant que le malade est couché, la tète renversée en arrière, le sang s’écoule par l’orifice postérieur des fosses nasales, et peut passer de là dans le pharynx, dans l’œsophage, dans l’estomac, et être rejeté sous forme d’hémalémèse, on devine déjà la cause d'erreur, si le malade, méconnaissant son épistaxis, se contente de raconter qu’il a vomi du sang; d'où le précepte d'explorer avec soin les fosses nasales dans les cas douteux d hématémèse. J’ai plusieurs fois constaté pareilles erreurs de diagnostic.

Certains'phénomènes congestifs, céphalalgie et bouffées de chaleur, accompagnent parfois les épistaxis dites actives,

1. Galien avait déjA vu que l’dpîstaxis se fait pluspènèralcmenl par la narine droite dans les maladies du foie.

MALADIES DES FOSSES NASALES

celles qui sont le résultat d’un afflux sanguin. La quantité de sang perdu est très 'variable ; mais comme l’hémorrhagie se reproduit facilement, comme il suffit de faire un effort, de se moucher, d’éternuer, pour détacher les caillots obturateurs, il s’ensuit que, chez les sujets prédisposés (hémophilie), la perle de sang peut atteindre de fortes proportions. Aussi, quand l’épistaxis s’est répétée plusieurs fois et en abondance, le malade est pâle, affaibli, sous le coup d’éblouissements, de vertiges et même de syncope, comme c’est l’usage après les grandes pertes de sang.

L’hémorrhagie nasale a une marche des plus irrégulières; elle peut reparaître tous les jours, plusieurs fois dans les vingt-quatre heures, toutes les semaines, à intervalles encore plus éloignés; parfois elle affecte la forme intermittente ou revient à certaines époques de l’année.

Quand on pratique l’examen rhinoscopique, on voit que dans le plus grand nombre de cas, la rupture des petits vaisseaux qui produit l’épistaxis, se fait dans des régions prédestinées, à savoir : la partie antéro-inférieure de la cloison osseuse ; le centre de la cloison cartilagineuse; le cornet inférieur où existe un vrai tissu érectile.

Étiologie. — Les épistaxis sont très communes à l’càge de la puberté, et plus rares dans la vieillesse. L’abondance et la distribution des vaisseaux à la surface de la pituitaire expliquent la fréquence de ces hémorrhagies. On a constaté des dilatations des petits vaisseaux, véritables anévrysmes capillaires. L’épistaxis est active, ou passive. Elle est active, quand elle est le résultat d’un afflux sanguin ; je citerai entre autres exemples les épistaxis que favorise l’hyperlrophic du cœur consécutive à l’insuffisance aortique, les épistaxis supplémentaires des périodes menstruelles et des hémorrhoïdes, celles qui surviennent après la suppression d’une affection cutanée, d’un érysipèle (Sore), celles qui sont le résultat d’insolation, de changements brusques dans la température ou

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dans la pression atmosphérique, celles enfin qui se montrent au début de la fièvre typhoïde et de la rougeole, ou dans le cours du rhumatisme articulaire (Trousseau) et de la phthisie pulmonaire (Lcudet). L’épistaxis passive, ou par stase sanguine, s'observe quand la tension veineuse est accrue (lésions des orifices mitral et tricuspide) ou quand la circulation céphalique de retour est gênée (compression veineuse par tumeurs du cou et du médiastin).

On rapporte aux altérations du sang, altérations pourtant bien diverses (dyscrasies), les épistaxis du diabète, de l’ictère simple et de l’ictère grave, des fièvres éruptives à forme hémorrhagique, de l'intoxication palustre et de la leucocythémie. L’épistaxis qui accompagne l’évolution des néphrites chroniques et qui se montre parfois comme un de leurs premiers symptômes a une origine encore inconnue ; j’en dirai autant du purpura et de l'hémophilie, dont les hémorrhagies paraissent associées à une lésion peu connue des petits vaisseaux '. On a signalé des épistaxis épidémiques qui pourraient bien n’êtrc autre chose qu’une fièvre larvée. Les épistaxis, de cause purement locale , surviennent à la suite d ulcérations de la pituitaire, d’angiome, de polype, de chutes sur la tête, et, dans ce dernier cas, .l'hémorrhagie qui se fait par le nez est quelquefois l'indice d’une fracture de la base du crâne, avec participation de la paroi supérieure des fosses nasales.

Diagnostic. — Pronostic. — L’épistaxis étant reconnue, il faut remonter à la cause qui l'a produite, savoir si elle est liée à un état général ou à un trouble purement local, rechercher si elle est symptomatique d une afiection hépatique, cardiaque ou rénale, si elle est supplémentaire d’une hémorrhagie supprimée, se demander si elle n annonce pas le début d'une fièvre typhoïde et si elle n est pas le premier signal des formes hémorrhagiques terribles

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