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La dégénérescence amyloïde a quelquefois été constatée

MALADIES DES FOSSES NASALES

qu’on observe dans les fièvres éruptives. Le pronostic dépend de la quantité de sang perdue, de l’état des forces du malade et de la cause qui a engendré l’hémorrhagie; chacun de ces facteurs doit être interrogé avec soin. Los épistaxis de la rougeole et de la fièvre typhoïde sont quelquefois de graves complications.

Traitement. — Pour arrêter l’épistaxis, les moyens les plus simples, les compresses d’eau froide sur le nez et le visage, les injections d’eau dans les fosses nasales, le pincement du nez, suffisent quelquefois ; mais dans les cas rebelles il faut recourir au tamponnement, qui exerce une pression directe sur le siège même de l’hémorrhagie.

Pour pratiquer le tamponnement antérieur, on imbibe des tampons d'ouate ou de charpie avec du perchlorurc de fer (une partie) étendue d’eau (trois parties). Au moyen d’une pince on introduit ces tampons aussi loin et aussi haut que possible et on surveille avec soin l'orifice postérieur des fosses nasales pour être bien certain que l’épistaxis ne continue pas à se faire en arrière vers le pharynx. On peut encore pratiquer le tamponnement au moyen d’une vessie de baudruche préparée à cet effet : pour cela, montez et fixez la vessie sur une sonde uréthrale rigide, de petit calibre; introduisez celle vessie vide dans le nez; injectez de l’eau à travers la sonde de façon à distendre la vessie et obturez la sonde : vous obtenez ainsi un petit appareil qu’on maintient facilement en place et qui m’a souvent donné les meilleurs résultats.

Si par le tamponnement antérieur vous n’arrivez pas à arrêter l’épistaxis, recherchez au moyen du spéculum le siège précis de l’hémorrhagie et louchez alors la surface saignante avec le nitrate d’argent ou, ce qui est préférable, avec le galvanocautère porté au rouge sombre. Par ce moyen, M. Luc a pu arrêter, en une séance, une épistaxis abondante et tenace, qui menaçait la vie d’un malade entré dans mon service, à l’hôpital Necker, pour un angiome de la muqueuse nasale.

Le tamponnement postérieur trouve aussi ses indica-

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

tions. Pour oblitérer les fosses nasales par leur origine postérieure, faites usage de la sonde de Belloc ou d'une sonde uréthrale flexible; introduisez la sonde enduite de vaseline dans le méat inférieur; poussez-la horizontalement jusqu’à ce qu’elle émerge derrière le voile du palais, saissisez-la à ce niveau avec une pince, atlirez-la hors de la bouche; puis, au moyen d'un fil solide et assez long, suspendez à cette extrémité de la sonde un tampon d’ouate, enduit de vaseline boriquée, long de trois centimètres environ et moitié moins large; retirez alors la sonde introduite dans le nez; le tampon d’ouate qui suit le mouvement vient s'appliquer à l’orifice postérieur des fosses nasales pendant que l’index introduit dans la bouche lui a facilité le passage au-dessus du voile du palais. Le fil qui a servi à attirer le tampon est maintenu hors de la narine, vous le fixez sur la joue au moyen de collodion ou de diachylon ; il est du reste maintenu par le tamponnement antérieur qu’on associe habituellement au tamponnement postérieur.

Voilà qui est bien, mais le tamponnement ne tarde pas à être gênant et douloureux pour le patient; le nez se tuméfie, la respiration est gênée et il est rare que le malade puisse supporter les tampons au delà de vingt ou trente heures. Pour les retirer vous les imbibez en injectant dans la narine de l'eau tiède; les tampons antérieurs viennent facilement; quant au tampon postérieur, il se détache sous l'infiuence de l’injection et finit par être craché par le malade.

Pendant que vous agissez ainsi localement, donnez des boissons glacées, acides et alcoolisées, pratiquez des injections sous-cutanées d’ergotine, et administrez par grandes cuillerées la potion hémostatique suivante :

Epu-. 120 grammes.

Sirop d'opium 2j

Porchlorure de 1er 2

Eau de Rabel 2

MALADIES DU LARYNX

Quand ces différents moyens n’arrivent pas à arrêter l'hémorrhagie et si la vie du malade est en danger, il faut pratiquer la transfusion du sang, opération qui m’a donné plusieurs fois d’excellents résultats et dont j’ai fait connaître ailleurs la description et les indications'.

Il y a quelques années nous avons pratiqué la transfusion avec mon collègue et ami Berger, à deux malades de la Ferté-sous-Jouare, atteints, l'un d’épistaxis d’origine diabétique, l’autre d’épistaxis associée à l’hémophilie; le premier malade était un adidte, l’autre était un enfant; dans les deux cas, l’hémorrhagie nasale par son abondance, par sa ténacité, était devenue extrêmement grave. Sous l’influence de la transfusion, l’hémorrhagie s’est aussitôt arrêtée.

Les épistaxis périodiques, alors même qu’il ne s’agit pas de lièvre larvée, sont heureusement combattues par le sulfate de quinine. 11 faut enfin se rappeler que certaines épistaxis supplémentaires ou critiques doivent être respectées, surtout chez les personnes âgées, pour qui elles sont un dérivatif salutaire.

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