Laënnec, t. Il, p
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
purulente de la grande cavité pleurale. Dans le liquide purulent se trouvent les micro-organismes (pneumocoque, streptocoque, staphylocoque) qui sont l’origine de la pleurésie. Les parois de la poche sont régulières ou avec clapiers, elles sont formées par la plèvre interlobaire vascularisée, épaissie, et parfois fibreuse. Les parties voisines du poumon participent à ce travail d’inflammation chronique, on rencontre parfois quelques dilatations bronchiques, et il n’est pas rare de trouver des granulations tuberculeuses dans les parois du foyer et des lésions tuberculeuses dans le poumon. Si la pleurésie s'est ouverte dans les bronches, on constate la présence d’une fistule. Dans quelques cas, fort rares, surtout quand la pleurésie est mélapneumonique, le liquide peut n’être pas purulent :
Les causes de la pleurésie interlobaire sont multiples. En premier lieu il faut citer la pleurésie mêtapneumonique, pleurésie à pneumocoque1, déjà étudiée à l’article Pleurésie purulente. Celte variété de pleurésie interlobaire est habituellement insidieuse, presque latente; elle survient vers la fin de la pneumonie, ou après guérison de la pneumonie. Quand elle se termine par vomique, ce qui est fréquent, la vomique survient rarement avant le vingtième jour, et rarement plus tard que la sixième semaine. Le pronostic de cette variété de pleurésie interlobaire est assez bénin.
L’étal puerpéral est une des causes de la pleurésie interlobaire; c’est une pleurésie à streptocoque. Elle évolue, elle aussi, d’une façon insidieuse, et elle présente cette particularité que la vomique est, dans ce cas, assez précoce ; elle se fait du quinzième au vingt-cinquième jour. Dans quelques cas la pleurésie interlobaire est associée à la tuberculose. Enfin, certaines pleurésies interlobaires, comme certaines pleurésies purulentes de la grande cavité purulente, sont dues à d'autres agents de la suppuration.