Netter. Soc. méd. des hfijnlaux, Il janvier ISSU
MALADIES DE LA PLÈVRE
Les symptômes de la pleurésie interlobaire sont très variables; tantôt la douleur, la toux et l’oppression signalent l’invasion de la pleurésie, tantôt les symptômes sont si peu accusés que le début de la maladie passe inaperçu, le malade n’accuse qu'une gène croissante de la respiration, avec ou sans fièvre, et plusieurs semaines se passent ainsi jusqu’au moment où la vomique apparaît. Les signes habituels de la pleurésie, 1» frottement et l’égophonie, font défaut à cause de la situation profonde et enkystée de la pleurésie, le souffle existe quelquefois au niveau de la région où siège l'épanchement, mais le signe vraiment précieux, celui qui permet de soupçonner la pleurésie interlobaire, c’est la situation et la forme cle la matité. Si le liquide interlobaire est en quantité suffisante, il se révèle par une zone de matité qui correspond à la scissure interlobaire, c’est-à-dire en arrière, à la réunion du tiers supérieur et des deux tiers inférieurs de la cavité thoracique, zone de matité qui est limitée au-dessus et au-dessous par des régions sonores.
Après un temps variable, quatre à six semaines chez l’adulte, deux à trois semaines chez l’enfant et chez la femme en état puerpéral (Trousseau)1, la pleurésie interlobaire s'ouvre dans les bronches et la vomique apparaît. Au moment de la vomique, le malade est pris de quintes de toux, et lui, qui ne crachait pas, rend maintenant, en abondance, des crachats muco-purulcnts, fétides, et parfois striés de sang; dans quelques cas il est pris de violents accès de dyspnée, et il rend d’emblée un Ilot de liquide purulent, une vraie vomique. Mais cette vomique, qui ne contient que 100 ou ‘200 grammes de pus, n’est pas comparable aux vomiques qui succèdent parfois à la pleurésie purulente de la grande cavité pleurale, ainsi qu’on le verra plus loin à l’article Vomique.
11 m’est arrivé deux fois de pouvoir prédire la vomique, vingt-quatre et trente-six heures à l’avance, grâce à un