Lermoycz. Loco cilulo
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
rieure de l’organe, et par le nerf laryngé externe, qui donne à la portion sous-glottique une sensibilité plus obtuse.
Respiration, voix, effort. — La respiration s'effectue librement, grâce à la contraction des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, qui dilatent la glotte et la maintiennent béante pendant la respiration. Vue au laryngoscope, la glotte apparaît alors sous la forme d’un triangle dont la base est située en arrière, au niveau des cartilages aryténoïdes.
La production de la voix est beaucoup plus compliquée. L’air contenu dans la poitrine est chassé avec une force plus ou moins grande, réglée par la contraction des muscles expirateurs et variable suivant la conversation ou le chant. Au moment où le son vocal va se produire, il se fait d’abord une accommodation de la glotte, c’est-àdire que les muscles ary-aryténoïdiens et crico-aryténoïdiens latéraux rapprochent les cordes vocales au point voulu pour qu’elles puissent entrer en vibration sous la pression de l’air expiré. A ce moment, la glotte vue au laryngoscope présente l’aspect d'une fente fusiforme qui, dans son plus grand diamètre, peut atteindre deux ou trois millimètres. Alors le muscle tenseur, le crico-thyroïdien, entre en contraction, il règle la hauteur du son et il a pour antagoniste le muscle thyro-aryténoïdien qui ramène incessamment les cordes vocales à leur état moyen.
La hauteur du son est donc produite par la tension des cordes vocales; dans la voix de poitrine toutes les parties constituant la corde vocale entrent en vibration; dans la voix de tête, il est probable que la muqueuse de la corde vocale est la seule partie vibrante. La hauteur du son peut être produite également par la pression de l'air expiré ; ainsi des pressions de plus en plus fortes peuvent élever le son d’une quarte et même d'une quinte, la tension des cordes vocales restant la même. De plus, certains auteurs admettent que la tension des cordes
MALADIES DU LARYNX
vocales peut être compensée dans une certaine mesure par leur rapprochement, c’est-à-dire qu’on obtient presque les mêmes effets avec des cordes vocales peu tendues, mais rapprochées, et avec des cordes vocales plus écartées, mais très tendues. Grâce à ces différentes combinaisons de longueur, de tension, d 'écartement, de pression, le larynx donne les nuances infinies et les modulations de la voix dans les actes du chant, du discours et de la conversation.
La plupart de ces faits, la forme de la glotte, les vibrations des cordes et la limitation de leur vibration, peuvent être vérifiés au laryngoscope. Ainsi, pendant l’émission d’un son aigu, les cordes vocales vibrent surtout à leur partie antérieure, et, à mesure que le son devient plus grave, on voit la glotte prendre la forme ellipsoïde, et les vibrations se produire dans les parties de plus en plus reculées des cordes vocales, jusque dans la glotte inter-aryténoïdienne, qui ne sert donc pas seulement à la respiration, comme on l’avait longtemps supposé, mais qui contribue aussi à la production des sons graves. Ces quelques notions sur la formation de la voix humaine nous permettront de mieux comprendre comment une simple ulcération, la présence d’une fausse membrane, la paralysie d’un muscle, Yankylose d’une articulation, Yœdème des aryténoïdes, retentissent aussitôt par des mécanismes différents sur cet organe si délicat.
Le timbre de la voix varie avec chaque individu, suivant des conditions qui ne sont vraiment bien connues que depuis les recherches de M. Helmholtzjje les rappelle brièvement. Il n’existe pas de son unique dans la nature; chaque son est formé d'une note fondamentale et de notes accessoires qu’on appelle harmoniques, qui sont à la note fondamentale dans des proportions déterminées. Les harmoniques sont toujours plus élevées dans la gamme que le son fondamental; lorsque les harmoniques ne sont pas en proportion régulière par rapport aux noies fondamentales, le son n’est qu’un bruit; quand,
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
au contraire, elles sont en proportion régulière, c’est la note musicale qui est produite. Le timbre de la note dépend donc du mode de groupement des harmoniques et de leur nombre. Or, dans la voix humaine, les notes fondamentales et les harmoniques naissent au niveau des cordes vocales; mais il se produit aussi d'autres harmoniques dans le pharynx, dans le nez et dans la bouche. Voilà pourquoi les lésions buccales, nasales et pharyngées sont susceptibles, aussi bien que les lésions laryngées, de modifier le timbre de la voix, qui devient, suivant le cas, amygdalienne (pharvngophonie)ou nasillarde (rhinophonie).
L'acte de l'effort n’est possible que lorsque la cage thoracique, sur laquelle s’insèrent presque tous les muscles du tronc et une partie des muscles des membres supérieurs, est solidement fixée. Le thorax devient alors le point d’insertion fixe des muscles qui vont être mis en jeu dans l'acte de l’effort. Or cette fixation initiale du thorax s’obtient au moyen d’une forte inspiration, mais à la condition que les lèvres de la glotte, bien fermées, s’opposent à l'issue de cet air préalablement inspiré. Ainsi, dans les paralysies d»s muscles constricteurs de la glotte, l 'effort est impossible.