APERÇU GÉNÉRAL DE L’ANATOMIE ET DE LA PHYSIOLOGIE DU LARYNX
Les troubles de la voix et de la respiration, isolés ou diversement combinés, résument toute la pathologie
1. Dieulafoy. Élude sur la transfusion du sang. Nouvel appareil transfuseur, Gazette hebdomadaire, 1884, n” 5, p. 37 et 42.
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laryngée : mais comment comprendre l’aphonie et la dvsphonie avec toutes leurs nuances, comment saisir le mécanisme des spasmes de la glotte et la genèse des paralysies des cordes vocales, comment diagnostiquer lealtérations des nerfs récurrent et laryngé externe, si on n’a pas présent à l’esprit le fonctionnement normal de l’appareil laryngé? C’est ce qui m’engage à rappeler en quelques mots les principales notions de la physiologie
du larynx. , , »
Le squelette du larynx est forme par les cartilages cricoïde, thyroïde et aryténoïdes. Le cricoïde a la forme d’un anneau (*pi*6ç) ; beaucoup plus large en arriéré qu’en avant. Le thyroïde a été comparé à un bouclier (Oupâo;) ; il protège les cordes vocales et leur donne insertion à l’angle rentrant de sa face postérieure. Les aryténoïdes, dont la forme rappelle celle d’un entonnoir (àpuraiva), ont un rôle extrêmement important ; ils basculent sur leur base, au niveau de l’articulation cricoaryténoïdienne, et de leurs différents mouvements résultent l’écartement ou le rapprochement des cordes vocales.
Rôle de la glotte. - La glotte est l’espace limite par les cordes vocales (glotte interligamenteuse) et par les cartilages aryténoïdes (glotte intercartilagmeuse). Les cordes vocales inférieures méritent seules le nom de cordes vocales, c’est à leur niveau que le son se produit ; quant aux cordes vocales supérieures, il faut leur enlever la dénomination usurpée de « cordes » et la remplacer par le terme de bandes ventriculaires. Toutes les parties du larynx, ses cartilages et ses articulations, organes passifs, ses muscles et ses nerfs, organes actifs, concourent au même but, c’est-à-dire aux mouvements des cordes vocales et aux diverses altitudes de la glotte. A la g° e sont dévolus deux grands rôles : 1 un qui intéresse la vie de l’individu, c’est le passage de l'air dans les voies respiratoires, et l’autre qui est une attribution de i 1 espece, c’est l’émission du son, depuis le simple cri jusqu aux modulations de la voix humaine. Ainsi, respiration dune
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part, émission du son d’autre part, telles sont les fonctions qui permettent déjà d’envisager toute l’importance et la gravité des maladies du larynx.
Muscles du larynx. — On peut classer les muscles de cet organe en plusieurs groupes. Les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs forment le premier groupe. Ils s’insèrent à la face postérieure du cricoïde et à l’apophyse c::terne et postérieure de l’aryténoïde; leur contraction attire les apophyses vocales en dehors, par un mouvement de bascule et les cordes vocales s’écartent d'autant plus que l’inspiration est plus forte. Les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs sont donc les muscles de la respiration; leur rôle est d 'écarter les cordes vocales pour livrer passage à l’air et maintenir la glotte béante pendant la durée de la respiration. Par leur contraction, ils s’opposent à la tendance naturelle qu’auraient les lèvres de la glotte à s’accoler comme deux soupapes pendant l’aspiration de l’air dans le poumon, ce qui ne manque pas du reste de se produire dès qu’ils sont paralysés.
Le second groupe est formé par les muscles cricoaryténoïdiens latéraux, constricteurs de la glotte interligamenteuse, et par le muscle impair ary-arylénoïdien constricteur de la glotte intercartilagineuse et consécutivement de la glotte interligamenteuse. Ces muscles, en rapvrochmit les cordes vocales, ferment la glotte et la placent dans la situation voulue pour la production de l'effort de la voix.
Dans l’acte de l’elfort la glotte est complètement fermée, tandis que dans la production de la voix les cordes vocales ne viennent pas tout à fait au contact, elles laissent entre elles un espace, de forme et de dimension variables. C’est en rapprochant les cordes vocales, que les muscles constricteurs de la glotte concourent à la production du son, ils en sont les préparateurs; le son ne peut se produire que si les cordes vocales sont suffisamment rapprochées; si elles sont trop écartées, l’air expiré s’échappe en pure perte sans être utilisé pour la production du
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son. Cette expérience est facile à vérifier sur un lar de cadavre convenablement préparé'.
Le troisième groupe comprend les muscles phonateurs par excellence; ce sont les muscles thyro-aryténoïdiens et crico-thyroïdiens. Les thyro-aryténoïdiens sont situés dans l’épaisseur de la corde vocale et dans la paroi externe des ventricules du larynx; ce dernier faisceau est un muscle de timbre, il accommode la paroi ventriculaire; 1 autre est un muscle de diapason, il a une action directe sur la corde vocale dont il fait partie. Reste à savoir cpielle est celte action. Pour quelques auteurs le muscle thyro-aryténoïdien serait le muscle vocal par excellence, d ou la dénomination du musculus vocalis ; ces auteurs font peu de cas de la muqueuse et du tissu élastique qui entrent avec le muscle dans la composition de la corde vocale; pour eux le muscle est la partie essentiellement vibrante de la corde, il est le muscle de l’accommodation de la voix (Mandl); il aurait même des faisceaux qui prendraient attache sur la portion (ibro-élastique de la corde vocale et qui limiteraient ainsi la partie vibrante de cette corde.
Les fonctions du muscle thyro-aryténoïdien ne sont pas ainsi comprises par tous les physiologistes, et voici une autre opinion qui me parait plus conforme à la vérité : D'abord, les différentes parties qui composent la corde vocale ont une importance propre et une certaine indépendance dans la production des sons; la muqueuse recouverte de son épithélium pavimenteux stratifié, la bande élastique qui s’insère à l’angle rentrant du thyroïde et à l’apophyse antéro-interne de l’aryténoïde, le faisceau musculaire du thyro-aryténoïdien, ces trois parties ne sont pas aussi intimement unies qu’on l'avait prétendu; chacune d elles peut vibrer pour son compte, ou elles peuvent toutes vibrer à l'unisson. Quant au muscle de la corde vocale, sa contraction rapproche l’aryténoïde
1. I.em>oyoz. Élu le expérimentale sur la phonation. Paris. Thèse du doctorat, 188G.
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du crieoïde; il n’est donc pas tenseur de la corde vocale, il la raccourcit, il la détend au lieu de la tendre, il est par conséquent l’antagoniste du vrai muscle tenseur, le crico-thyroïdien, il joue par rapport à ce dernier « l'office du ressort à boudin ».
Le muscle crico-thyroïdien est par excellence le muscle tenseur des cordes vocales; c’est le muscle qui permet de donner les notes de la gamme. Il agit, non pas en faisant basculer le thyroïde sur le crieoïde, comme on l’avait supposé, mais en élevant le crieoïde sur le thyroïde préalablement fixé par le muscle thyro-hyoïdien et par les muscles qui immobilisent l'os hyoïde1. Le crieoïde, en s’élevant par sa partie antérieure, s’abaisse par sa partie postérieure, les aryténoïdes préalablement fixés le suivent dans ce mouvement et les cordes vocales sont tendues. L’expérience est facile à vérifier sur le larynx de cadavre convenablement préparé; on peut, en remplaçant la tension du crico-thyroïdien par des poids, faire chanter les cordes vocales et obtenir ainsi plusieurs notes successives
Nerfs. — Les muscles du larynx sont innervés par les nerfs récurrents et laryngés externes. Le nerf récurrent, formé par le spinal et par le pneumogastrique, se rend à tous les muscles du larynx, moins les crico-thyroïdiens; ceux de scs filets issus du pneumogastrique paraissent plus spécialement réservés aux muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, qui sont les dilatateurs de la glotte; ceux des filets qui sont issus du spinal se rendent aux autres groupes musculaires. Quant aux muscles cricothyroïdiens, tenseurs indirects des cordes vocales, ils sont innervés par les nerfs laryngés externes nés du nerf laryngé supérieur émanant lui-même du plexus gangliforine du pneumogastrique. Le larynx reçoit ses nerfs sensitifs du pneumogastrique, par le nerf laryngé supérieur, qui donne une sensibilité exquise à la partie supé-