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Stokes. Trait, des mal. du cœur. — Graves, t. II, p

3. Peler. Leçons de clin, méd., p. il I et 170, et Traité des mal. du cœur et de t' aorte, 1883, p. 93. — N. Guéneau do Mussy. Leçons de clin, médical*.

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

L’auscultation, pratiquée dès le début de la maladie, fait entendre un bruit de frottement. Ce frottement, souvent systolique, ne tarde pas généralement à devenir systolique et diastolique : c’est un bruit de va-et-vient, un bruit de « frou-frou ». Néanmoins, comme les bruits de frottements ne sont pas absolument synchrones avec les bruits de la systole et de la diastole cardiaques, il est préférable de dire que ces frottements sont, l’un, rnésosystolique et l'autre, méso-diastolique. Le défaut de synchronisme réside dans ce fait, qu’il faut, pour que les deux feuillets du péricarde produisent un frottement, que « le déplacement de la surface du cœur ait atteint un certain degré, que la contraction musculaire soit depuis un instant commencée, et que, par suite du changement de forme et de volume du cœur, les surfaces accolées se soient lâchées pour ainsi dire et aient été entraînées plus ou moins brusquement. » (Potain.)

Le frottement péricardique a des caractères spéciaux; il est plus râpeux que les souffles cardiaques, il ne se propage pas comme eux dans le sens du courant sanguin, il a son maximum d'intensité vers le troisième espace intercostal, là où la face antérieure du cœur est plus directement en rapport avec le thorax, il augmente d’intensité quand on fait incliner le malade en avant ou quand on appuie fortement le stéthoscope, sur la paroi thoracique, enfin il n’est pas absolument isochrone aux Ions normaux du cœur. Dans quelques cas le frottement est intense et généralisé.

11 arrive assez fréquemment que le. frottement systolique commence un peu avant la systole, il est présysloliqiu ; il devient alors la cause d'un triple, bruit nommé bruit de galop (Bouillaud). Ce bruit de galop a un rythme spécial, et ses trois temps se décomposent de la façon suivante : les deux premiers bruits, brefs et précipités, sont formés l’un par le frottement présystolique et l’autre par le ton normal du cœur, avec ou sans frottement, et le troisième bruit correspond au deuxième ton normal du cœur

MALADIES DU PÉRICARDE

ou à ce ton couvert par un bruit de frottement. 11 ne faut pas confondre ce rythme du bruit de galop, formé de deux brèves et d’une longue, avec les bruits dits de caille, de rappel, dont le rythme inverse, signe de rétrécissement mitral, est formé d’une longue et de deux brèves.

Le bruit de frottement, simple ou double, avec ou sans bruit de galop, est donc le signe de la péricardite sèche, mais, lorsque la péricardite est accompagnée d'épanchement, le liquide distend et sépare les feuillets du péricarde, et le frottement disparait en totalité ou en partie. Dans quelques c#s, cependant, ne l’oublions pas, on peut encore percevoir du frottement vers la base du cœur, malgré la présence d’un fort épanchement péricardique. A mesure que l’épanchement se forme, le liquide s’accumule dans les régions déclives du péricarde. Un épanchement peu abondant passe inaperçu, mais les grands épanchements déterminent les signes et les symptômes suivants :

A la vue et au toucher on constate que les ondulations cardiaques et le choc du cœur contre la paroi thoracique s’effacent graduellement. A l’auscultation, les bruits du cœur s’éloignent, deviennent sourds et tendent à disparaître. La voussure de la région précordiale, si caractéristique chez l’enfant atteint d’épanchement péricardique, est moins accusée chez l’adulte, parce que, chez l’adulte, les côtes résistent, elles ne bombent pas, aussi, le péricarde distendu par l’épanchement se loge-t-il aux dépens du diaphragme qu’il abaisse, et aux dépens du médiastin postérieur qu’il refoule.

Le signe le plus précis, le plus certain de l’épanchement péricardique, c’est la matité. Cette matité est plus ou moins étendue suivant la quantité du liquide épanché, sa forme et ses limites fournissent des renseignements précieux. La matité péricardique a la forme d’un triangle, d’un cône, dont le sommet remonte jusqu’à la troisième côte, au point de réflexion du péricarde sur les gros vaisseaux, et dont la base se confond avec le dia-

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

phragme abaissé. Dans les grands épanchements du péricarde, ceux qui atteignent 000 à 800 grammes, la ligne de matité verticale, celle qui s’étend du sommet du cône à sa base, mesure 14 à 18 centimètres, et la ligne de matité horizontale, celle qui avoisine la base du cône, mesure à peu près les mêmes dimensions. C’est donc par la percussion, plus encore que par les autres signes, qu'on peut suivre les progrès journaliers et parfois li és rapides de l’épanchement péricardique.

L’épanchement, quand il acquiert de fortes proportions, ;>00 à 800 grammes, provoque une série de symptômes qui sont plus ou moins accusés; tels sont la dysphagie1, la pâleur et la bouffissure delà face; la dyspnée, parfois terrible, accompagnée de défaillance et d'angoisse; la cyanose et l'œdème des parties périphériques; la petitesse cl l’intermittence du pouls, et le pouls paradoxal. Quelques-uns de ces symptômes, la petitesse et l'irrégularité du pouls, peuvent tenir à la compression des oreillettes, qui résistent moins que les ventricules à l'épanchement1. Le pouls paradoxal, qui consiste en trois ou quatre pulsations, suivies de la suppression du pouls radial pendant une durée analogue, alors qu'il n'existe aucune interruption dans les battements cardiaques, ce pouls paradoxal (la disparition des pulsations coïncidant avec l’expiration) existe dans le cas d’épanchement et dans le cas d'adhérences péricardiques. Quant aux autres symptômes, tels que la dyspnée, l'angoisse, les accès de suffocation, l’asphyxie menaçante, ils peuvent être dus à l’épanchement péricardique avec association d'endocardite, de congestion pulmonaire, et d'épanchement pleurétique qui accompayncnt souvent la péricardite, surtout au cas de rhumatisme aigu (cndo-péricardo-pleurite). Plusieurs de ces symptômes peuvent également tenir à la forme paralytique de la péricardite, provoquée par la

1. Uourceret. Dysphagie dans la péricardite. Thèse de Taris, 1877.

2. H. Frank. Recherches sur la prod. des troubles ci. cul. dans les épaucli. duperie. ( Gas . hebd., 1877.)

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