‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 2 sur 293 · A. CORYZA AIGU · texte numérisé non relu

A. CORYZA AIGU

Description. — Le coryza aigu s’annonce par une céphalalgie frontale et par une sensation de gène et de chatouillement dans les fosses nasales. Dès le début, les éternuements se répètent avec ténacité et sont rappelés par la moindre impression de froid. La muqueuse nasale, d’abord desséchée, sécrète bientôt un liquide clair et irritant qui détermine l’érythème des parties sur lesquelles il s’écoule.

DIEULAFOÏ, PATHOL. T. I.

HALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

Le nez esl luisant et tuméfié, Vodorat et le goût son! émoussés ou abolis. Le malade, la bouche sans cesse ouverte, respire mal et bruyamment, la succion et la déglutition sont rendues difficiles par l’encombrement du conduit nasal. Ces troubles sont insignifiants chez l'adulte, mais ils deviennent graves chez l'enfant à la mamelle, qui ne peut prendre le sein sans éprouver une suffocation véritable.

L’inflammation se propage en différentes directions : aux sinus frontaux (vives douleurs de tête), aux conjonctives (injection des yeux et larmoiement), à la muqueuse de la trompe d’Eustache (troubles auditifs, bourdonnements).

Aux phénomènes locaux du coryza s'ajoutent souvent une courbature générale et un état fébrile de courte durée. Dès le deuxième ou troisième jour le rhume mûrit ; la sécrétion nasale devient épaisse et verdâtre, des croûtes se forment, le malade est enchifrené, sa voix est nasonnée, quelques vésicules d’herpès se développent souvent autour des narines ou des lèvres, et vers la fin du premier septénaire le coryza est terminé. Quand l'inflammation gagne le larynx et la trachée, ce qui n’est pas rare, elle détermine une laryngite et une trachéite consécutives : on dit vulgairement que le rhume est tombé sur la poitrine.

Étiologie. — Diagnostic. — Les saisons froides cl humides, le premier soleil du printemps, les refroidissements de toute nature et surtout le froid aux pieds, sont les causes ordinaires du coryza. La grippe à son début, la rougeole dès sa période d’invasion, l'absorption des médicaments iodés (iodisme), déterminent un catarrhe nasal qui par sa nature est différent du vrai coryza.

Certains asthmatiques sont pris, brusquement et sous forme d’accès, d'éternuements qui se répètent coup sur coup, avec violence et ténacité. Pendant l’accès d’éternueinents, qui dure de quelques minutes à un quart d’heure, les yeux sont injectés et larmoyants, et le nez

MALADIES DES FOSSES NASALES

coule abondamment; mais après cet accès, qui précède ou qui remplace l’accès d’asthme, tout rentre dans l'ordre. Le vrai coryza diffère autant de cette manifestation de l'asthme qu’il diffère de celte autre maladie nommée fièvre de foin ou rhino-hronchite spasmodique '. Celle dernière affection, que les Anglais ont décrite sous le nom de liay fever, et dans laquelle l’élément catarrhal est doublé d’un élément nerveux, est souvent l’apanage des goutteux, des asthmatiques, et se montre de préférence à la fin du printemps ou au commencement de l'été. Elle affecte deux formes principales qui se succèdent ou se combinent; c’est, d’une part, un catarrhe nasal avec sécrétion abondante, éternuements incoercibles, picotements des yeux, injection des conjonctives, céphalalgie violente et insomnie; c’est, d’autre part, une dyspnée ressemblant à celle de l’asthme et dominant la scène, tandis que le catarrhe nasal est parfois relégué au second plan.

Il faut éviter de confondre le coryza avec les manifestations nasales de la diphthérie, de la blennorrhagie et de la morve. Lorsque la diphlliérie atteint la muqueuse nasale, elle y détermine un suintement abondant et parfois sanguinolent. En examinant avec soin les fosses nasales, on y découvre habituellement la membrane diphthérique, et l’examen bactériologique permet de déceler le bacille de Lœfller.

La morve détermine également un coryza spécifique : la muqueuse nasale est tuméfiée, excoriée, ulcérée; la respiration par le nez est impossible, et des narines s’écoule un liquide sanieux, sanguinolent et fétide. Ce (lux, qui chez les animaux morveux constitue, sous le nom de jelayc, un signe de premier ordre, est beaucoup moins accusé chez l'homme, et sa présence ne suffirait pas à établir le diagnostic, s’il n’était associé à d’autres sym-

1. N. Gueneau de Mussy, Clin, mùdic., t. I, p. îil9. Herbert, Th. de Paris, 1S71

4 MALADIES DE LAl'PAREIL RESPIRATOIRE.

plûmes, tels que les éruptions cutanées et les manifestations articulaires de la morve.

Traitement. — La médication du coryza aigu comporte des moyens aussi nombreux que peu efficaces; les aspirations de vapeurs d’iode et d’ammoniaque, les poudres de camphre et de bismuth, ont été préconisées. Chez les enfants à la mamelle, il faut avoir soin de débarrasser les fosses nasales des sécrétions, qui sont un obstacle aux mouvements de succion et de déglutition.

On obtient quelque soulagement en prisant la poudre suivante :

Salicylate de bismuth 15 grammes.

Camphre pulvérisé 5 —

Chlorhydrate de cocaïne .... 5 centigrammes.

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