B. CORYZA CHRONIQUE
Description. — Associé ou non à l'herpétisme, à 1 arthritisme, au lymphatisme, le coryza chronique succède û des atteintes de coryza aigu, ou bien s’établit chronique d'emblée.
Plusieurs des symptômes du coryza aigu, les éternuements, la céphalalgie frontale et la fièvre font défaut, mais d'autres signes ne manquent pas : le malade est sans cesse enchifrené, il ne peut respirer que la bouche ouverte, la nuitsurtoul ; la respiration estgènée, bruyante, et parfois accompagnée d’une sorte de ronflement: la voix est nasonnée, le goût et l’odorat sont émoussés; l’ouïe est affaiblie, les bourdonnements d oreille sont frequents. Suivant le cas, la sécrétion nasale est abondante ou tarie. Dans la rhinite chronique sèche, qui est plus commune chez les adultes, la sécrétion nasale est pour ainsi dire nulle, et les malades se plaignent d’une sensation de sécheresse fort gênante*. Plus habituellement,
I Uuplay. Pathol, externe, t lit, p. 7‘JO.
MALADIES DES FOSSES NASALES
surtout chez les jeunes sujets, la sécrétion de la pituitaire est abondante (rhinorrhée), fluide ou épaisse, sujette à quelques variations, et la muqueuse nasale est encombrée de croûtes et de mucus desséché. Ce coryza chronique a une marche lente et une durée indéterminée; il est parfois entrecoupé d’exacerbations qui font reparaître tous les symptômes de la forme aiguë; parfois aussi des rémissions plus ou moins longues donnent quelque trêve au malade. Nous verrons plus loin quelle est la fréquence de l’ozène dans le cours du coryza chronique.
A l’examen rhinoscopique la muqueuse parait rouge, hypertrophiée, surtout à la partie antérieure du cornet inférieur (rhinite hypertrophique). Quand le coryza dure depuis très longtemps, la muqueuse s’indure, se sclérose, et les éléments glandulaires tendent à disparaître.
Sous le nom de coryza postérieur, M. Denos a décrit l’inflammation chronique de la cavité pharyngo-nasale ' . Cette variété est principalement liée à l’angine glanduleuse; ses lésions locales ne peuvent être bien observées que par l’éclairage de la cavité (rhinoscopie), et ses principaux symptômes sont le nasillement, le reniflement et le raclement pharyngien.
Chez les enfants lymphatiques on a décrit un coryza chronique darlreux. L’orifice des narines et la cloison sont le siège d’éruptions croûleuses, prurigineuses, ayant tous les caractères de l'eczéma impétigineux. Les croûtes, après leur chute, laissent à nu de légères ulcérations qui se couvrent de croûtes nouvelles; et la durée du mal est indéfinie.
Les altérations du coryza dit scrofuleux sont caractérisées par une hypertrophie de la muqueuse nasale, qui devient végétante et fongueuse, par des ulcérations profondes qui peuvent atteindre les os, par la déformation et l'aplatissement du nez; mais cette description est sujette à révision, car la plupart de ces lésions, qui