‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 234 sur 293 · Ranvier. HUI. palh., p · texte numérisé non relu

Ranvier. HUI. palh., p

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

s’observe surtout chez les obèses; elle peut exister seule pendant longtemps et ce n'est qu'à la longue que l’entrave apportée à la nutrition du cœur par l’accumulation de graisse à sa surface et entre ses faisceaux musculaires an provoque l’altération1.

Toutefois, certaines causes (l’alcoolisme) peuvent provoquer à la fois la surcharge graisseuse et la dégénérescence graisseuse.

L’aspect macroscopique du cœur frappé de dégénérescence graisseuse est le même que celui du cœur atteint de myocardite parenchymateuse. Le microscope seul permet de constater, contrairement à ce qui existe dans cette dernière maladie, que les noyaux des libres musculaires sont intacts, tandis que l’intérieur de ces fibres est rempli de gouttelettes graisseuses parfois volumineuses, ayant pris la place du sarcolemme. Souvent aussi, on note en même temps un certain degré de dégénérescence granulo-pigmenfairc. Les vaisseaux coronaires, surtout dans les affections chroniques du cœur, sont souvent épaissis, leur lumière est rétrécie, oblitérée même, preuve de l'obstacle permanent apporté à la nutrition du myocarde.

§ 2. SCLÉROSE DU CŒUR

La sclérose du cœur, ou inflammation du tissu conjonctif du myocarde, correspond en partie à l’ancienne myocardite interstitielle de Virchow.

Elle peut être circonscrite ou diffuse : 1” circonscrite, elle naît autour des corps étrangers engagés dans les parois mêmes du cœur, autour des vésicules hydatiques ou des gommes syphilitiques du cœur, auxquelles elle forme alors une véritable coque.

On l'observe encore au voisinage des plaques de péricardite et d’endocardite : dans les cas de péricardite 1. Lcydcn. Arcli. clin, méd., 1882.

MALADIES DU MYOCARDE.

chronique, de symphyse cardiaque, celte sclérose peut gagner en profondeur et donner alors naissance à une myocardite péricardogène (Brouardel, Poulain1 2). La myocardite interstitielle endocardogène est beaucoup plus rare; cependant chez certains enfants on constate des rétrécissements de l’infundibulum, véritables rétrécissements sous-pulmonaires qui reconnaîtraient cette origine .

2° La sclérose diffuse constitue la sclérose du cœur à proprement parler. Elle a été dans ces dernières années l'objet de travaux importants qui ont modifié profondément la conception des maladies du myocarde. Elle débute presque toujours par l’artério-sclérose des artères du cœurs. Elle se développe surtout chez les sujets intoxiqués par l'alcool, le plomb et le tabac, chez les arthritiques, les goutteux, les syphilitiques, les brightiques et les malades atteints de cachexie palustre. On l’observe également chez les vieillards et les sujets surmenés. 11 importe de savoir que dans tous ces cas il existe en même temps des lésions scléreuses plus ou moins prononcées dans la plupart des organes. Les unes et les autres sont sous la dépendance de Yathérome ou de V artériosclérose dont ces malades sont porteurs (Gull etSutton, Debove3, etc.). On peut l’observer également comme lésion secondaire chez les malades atteints d’affections valvulaires.

Le cœur sclérosé est augmenté de volume (myocardite scléreuse, hypertrophique de Rigal4 et Juhel-Rémoy)5 de couleur brunâtre, résistant au doigt; il se coupe difficile-, ment et sur la surface de section, au niveau des points les plus malades, on voit des plaques blanc grisâtre, indice du travail inflammatoire qui se passe à ce niveau. Ces plaques sont plus fréquentes au cœur gauche qu’au

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